Un honnête homme qui a commis une offense, ne refuse jamais de la
réparer lorsque des témoins honorables, après discussion sérieuse, lui
conseillent une réparation compatible avec son honneur.
S'il la refuse obstinément en moment opportun, c'est-à-dire au moment
de la discussion de l'affaire, n'est-il pas inconséquent de le voir
changer d'avis sur le terrain, si l'on veut tenir compte des
réflexions présentées au sujet du précédent article? Il est donc
évident que ses témoins qui lui ont en vain conseillé de s'excuser en
temps utile, sont en droit, tout en le laissant libre, de dénier toute
responsabilité pour une détermination qui lui appartient entièrement.
Mais il y a plus. Dans certains cas, les excuses peuvent être
refusées par l'offensé, lequel, supposant que l'agresseur ne l'a
entraîné sur le terrain que pour mettre son courage à l'épreuve et
obtenir ainsi un arrangement plus favorable, répond par l'organe de
ses témoins qu'il est trop tard, et que l'on n'accepte pas
d'arrangement sur le terrain.
Il en est tout autrement dans une affaire entre un homme ignorant des
armes et du duel, et un adversaire d'une adresse éprouvée dans
d'autres rencontres, ce dernier étant l'agresseur.
Désireux d'éviter une rencontre aussi inégale, les témoins, arrivés
sur le terrain, font un suprême effort pour obtenir de l'agresseur une
réparation convenable qu'il a refusée jusqu'alors.
Dans cette circonstance toute spéciale, si ce dernier se rend à leurs
instances, non seulement son honneur ne peut souffrir aucune atteinte,
mais sa conscience d'accord avec l'opinion des gens sensés, lui dira:
_Il n'est jamais trop tard de bien faire!_