Jean, Pierre et Paul étaient allés aux courses avec leurs parents. Ils
avaient vu courir des chevaux, et cela les avait beaucoup amusés.
Rentrés à la maison, Jean dit à ses frères:
«Si nous faisions courir, nous aussi?
--Mais nous n'avons pas de chevaux, répondit Pierre.
--Qu'est-ce que cela fait? Nous avons chacun une tortue, et des
tortues peuvent tout aussi bien courir que des chevaux; plus
lentement, voilà tout.»
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Chaque enfant alla donc chercher sa tortue. Puis ils choisirent trois
beaux escargots, qui seraient les jockeys.
Jean apporta sa boîte à couleurs, et il peignit à chaque escargot une
casaque différente, une jaune, une rouge, une verte.
Il voulut aussi leur fabriquer des casquettes. Mais les escargots
dirent: «Non, merci,» et rentrèrent leurs cornes.
Les trois enfants préparèrent une piste dans le jardin, avec des
poteaux au bout, et une tribune avec des roses et des oeillets, qui
figuraient les dames élégantes.
Puis ils alignèrent leurs trois tortues montées par les trois
escargots, et Jean donna le signal du départ.
Mais, hélas! aucune des trois tortues ne bougea.
Alors Pierre courut chercher son tambour, et Paul chatouilla la queue
des tortues avec des brindilles.
Les tortues se décidèrent enfin à partir. Mais, au lieu d'aller droit
devant elles, elles allaient à droite ou à gauche, et la tortue de
Paul revint même en arrière.
Alors Jean eut une idée:
«Si nous mettions des salades au lieu de poteaux!»
Et vite, au bout de la piste, les enfants plantèrent trois belles
salades.
Quand les tortues virent cette appétissante verdure, elles se mirent
en marche toutes seules, et celle de Jean avança si rapidement que son
jockey, je veux dire son escargot, roula à terre.
Elle arriva la première au but; et, pour sa récompense, on lui donna à
manger les poteaux, je veux dire les salades, et même les roses et les
oeillets de la tribune, qui figuraient les dames élégantes.
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