L'empereur de Chine avait dans son jardin un rossignol qui s'appelait
Bulbul et qui était son ami.
Bulbul venait manger dans sa main, et, la nuit, quand l'empereur ne
pouvait pas dormir, Bulbul chantait si bien, que l'empereur oubliait
tous les soucis de son métier.
Mais un jour son ministre lui dit:
«Je connais un rossignol qui chante aussi le jour et qui a un bien
beau plumage.»
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Et il apporta à l'empereur un oiseau peint de brillantes couleurs et
que l'on remontait avec une clef pour le faire chanter.
Et l'empereur trouva le nouveau rossignol si joli, et il écoutait si
souvent sa chanson, qu'il oublia son Bulbul. Et Bulbul serait mort de
faim si la petite fille de la cuisinière ne l'avait adopté.
Mais, à force de remonter le rossignol mécanique, la clef cassa, et
l'oiseau cessa de chanter.
Personne ne put le raccommoder, et l'empereur devint si triste, qu'il
tomba gravement malade.
Mais, une nuit qu'il était près de mourir, il entendit soudain à côté
de son lit une voix si mélodieuse, qu'il se sentit revenir à la vie.
C'était Bulbul qui chantait. Et Bulbul chanta jusqu'à ce que
l'empereur fût complètement guéri.
«Oh! Bulbul, dit l'empereur, ton plumage est moins joli, et tu ne
chantes pas tout le temps comme l'autre; mais tu es un ami, et tu
viens quand on a besoin de toi.»
Et l'empereur reconnaissant commanda pour Bulbul une cage d'or et une
petite couronne de diamants.
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