Le Drame

Le séjour à Tombouctou d’un homme tel que Laing n’a pas dû être

infructueux, et ce sera toujours, pour la science, une perte irréparable

que la disparition du journal et des notes de l’illustre voyageur.

Pendant le mois que dura son séjour, nous savons qu’il leva le plan de

la ville et qu’il étudia les manuscrits qu’y possèdent les lettrés. Sans

aucun doute il connut le fameux Tarikh es Soudan que Barth a eu la

gloire de révéler à l’Europe savante, et les nouveaux manuscrits qui

viennent d’être découverts. Laing étudia aussi la question, alors si

mystérieuse, du cours du Niger, et acquit la certitude qu’aucune

communication n’existait entre le grand fleuve de l’ouest africain et le

Nil. Il avait imaginé que la Volta pouvait être le cours inférieur du

Niger, erreur sans doute, mais qui provenait d’une conception exacte de

l’orientation réelle des deux branches du fleuve.

Les explorateurs d’aujourd’hui, qui font le voyage de Tombouctou sur un

confortable vapeur, et pour qui la route du port de Kabara à la grande

ville est une agréable chevauchée de quatre milles à travers les

mimosas, ne doivent pas oublier que Laing, pour aller voir le fleuve,

dut mystérieusement sortir de la ville en pleine nuit[8], risquant à

chaque pas de croiser une bande de Touareg qui sans doute ne l’auraient

pas épargné.

[Illustration : PLANCHE VIII

Le major A. Gordon Laing (Tombouctou 1826) · 第 13 / 46 题