La conquête de Tombouctou

Le 17 juillet 1825, le major Laing quitte Tripoli. Il emmène avec lui un

matelot anglais, Harry, un serviteur arabe, Hamed et un boy noir nommé

Jack, ancien esclave qu’il a affranchi et qui le sert avec un touchant

dévouement. La caravane est admirablement organisée. De nombreux

chameaux emportent les provisions, les armes, les munitions et les

instruments. Aucun détail n’a été négligé. Laing, en véritable Africain,

sait quelle importance a l’examen des détails les plus minutieux.

Toute la colonie européenne de Tripoli est venue souhaiter bonne chance

au hardi voyageur. C’est l’heure tragique des adieux. Laing, plein

d’espoir, escompte que son absence ne sera que de quatre ou cinq mois et

parle d’être de retour pour Christmas. Et, sous les yeux de Warrington

et de sa fille, le convoi s’enfonce et disparaît sur la route de Beni-

Ouled.

Celui qui est chargé de conduire la caravane est un personnage assez

mystérieux qui disparaîtra au cours du drame après avoir joué un rôle

étrange. Il dit s’appeler Sheikh Babani. Le consul Warrington l’a

souvent vu à Tripoli, et le dépeint comme « un des hommes les plus

agréables qu’il ait jamais rencontrés, ayant un caractère égal et des

manières prévenantes »[1]. Babani s’est donné comme un gros traitant

faisant le commerce des caravanes. Il dit avoir habité Tombouctou

pendant 22 ans et y avoir encore sa femme et ses enfants. Il s’est

engagé à conduire le major jusqu’au Niger et prétend que le voyage se

fera en deux mois et demi. A Ghadamès, Laing s’apercevra avec étonnement

que cet homme, qui prétend, à Tripoli, n’être qu’un traitant, est

ailleurs un très important personnage. On lui rend à Ghadamès les plus

grands honneurs. Babani y commande en maître.

[Illustration : PLANCHE IV

Le major A. Gordon Laing (Tombouctou 1826) · 第 8 / 46 题