Laing, très fatigué par le climat, dut bientôt rentrer en Angleterre, où
le grade de major vint le récompenser de ses intéressants travaux.
A peine rétabli, Laing ne songe qu’à repartir. Il s’est rendu compte de
la difficulté qu’il y a pour un voyageur à pénétrer en Afrique en
partant de la côte de Guinée, et il songe à prendre en quelque sorte le
Soudan à revers. C’est par le Sahara qu’il veut passer, et c’est
Tombouctou, la mystérieuse cité qu’aucun Européen n’a pu visiter encore,
qu’il s’assigne comme objectif.
Par la manière judicieuse dont il expose ses projets, par la chaleur
communicative avec laquelle il montre l’intérêt des découvertes qu’il ne
peut manquer de faire, il convainc Lord Bathurst et obtient, grâce à
lui, l’autorisation de partir.
Le 25 mai 1825, il débarque à Tripoli. Son but est d’aller de cette
ville à Tombouctou et, de là, de descendre le Niger jusqu’à son
embouchure. En même temps qu’il veut faire de l’exploration, Laing
désire connaître un des principaux centres de la traite des noirs afin
d’étudier sur place les mesures à prendre pour combattre le fléau qui
ravage l’Afrique.
C’est à Tripoli que se noua et que se termina la courte et tragique
idylle de la vie du malheureux officier. Quelques semaines avant son
départ, Laing épousait la fille du consul britannique de Tripoli, Miss
Emma Warrington. Les deux jeunes gens éprouvaient l’un pour l’autre la
passion la plus vive. C’est en pleine lune de miel qu’ils se séparèrent
pour ne plus se revoir.