Alexander Gordon Laing

Le futur héros de Tombouctou est né à Edimbourg, le 27 décembre 1794.

Par sa mère, il appartenait à la vieille famille écossaise des Gordon,

et il était le neveu de celui qui devait être plus tard l’illustre

général Gordon, des Gordon Highlanders. Son père dirigeait un pensionnat

et souhaitait de voir son fils lui succéder un jour. Mais le jeune Laing

avait au plus haut point l’esprit aventureux et entreprenant des jeunes

gens de sa génération, et, à 17 ans, il partait pour La Barbade où son

oncle était alors en garnison. Peu de temps après, il put obtenir une

commission d’enseigne dans le York Light Infantry.

Capitaine après Waterloo, Laing partit, en 1820, pour Sierra-Leone, où

le gouverneur Sir Charles Mac Carthy le prit comme aide de camp. Ce fut

sous la direction de ce chef éminent que Laing apprit à connaître les

indigènes et qu’il se mit à les aimer. C’était l’époque où l’Angleterre,

à la suite des admirables campagnes de Wilberforce, se mettait

résolument à la tête du mouvement anti-esclavagiste. Le gouverneur Mac

Carthy, passionné pour cette noble cause, s’efforçait d’intervenir

auprès des chefs indigènes, pour les persuader de chercher uniquement

leurs ressources dans l’agriculture et le commerce, et de cesser toutes

relations avec les négriers. Laing fut, en 1822, chargé par le

gouverneur d’aller exposer cette politique aux chefs de l’intérieur. Il

devait en même temps s’efforcer de résoudre le problème géographique

alors si mystérieux des sources du Niger.

Pendant une année entière, Laing visita le Timmani, le Kouranko et le

Soulimané, et, malgré les épreuves que le dur climat de ce pays réserve

aux voyageurs, malgré la fièvre qui le terrassa pendant de longues

journées, malgré l’hostilité de certains chefs cupides et de mauvaise

foi, le jeune capitaine réussit brillamment dans ses négociations. En

même temps, il recueillait une riche moisson de renseignements

géographiques qui lui permirent de donner une des premières bonnes

cartes de la région de la Rokelle. Le livre dans lequel Laing a raconté

son voyage est écrit d’une plume alerte et la lecture en est encore

aujourd’hui très attrayante. Elle montre sous un jour des plus

sympathiques la physionomie du jeune officier, plein d’une conviction

chaleureuse pour la cause antiesclavagiste ; au milieu des dangers et

des fatigues de son dur voyage, il ne perd pas un seul jour sa belle

vaillance, sa patience inlassable et son intelligente énergie.

La guerre des Achantis interrompit malheureusement Laing en pleine

besogne. Le gouverneur lui enjoignit de rallier d’urgence son régiment.

Sir Mac Carthy lui-même partit pour la Gold Coast d’où il ne devait pas

revenir.

[Illustration : PLANCHE III

Le major A. Gordon Laing (Tombouctou 1826) · 第 5 / 46 题