Lambert fit connoissance avec la fille de Bel-Air[479] qui avoit la

voix fort belle et qui étoit assez jolie: il se mit à lui montrer, et

en lui montrant, il en devint amoureux, car il est d'assez amoureuse

manière: il s'y engagea si avant qu'il lui promit de l'épouser, et en

parla publiquement; ils furent même accordés, mais il ne concluoit

point. Enfin la mère de la fille, comme voisine de madame d'Aiguillon,

alla se plaindre à elle; madame d'Aiguillon en parle au cardinal, qui

lui dit: «Laissez-moi faire.» Sur l'heure, il envoie chercher

Desmarets, et lui dit de faire un dialogue sur telle chose; le

dialogue fait, il l'envoie à Lambert pour y faire un air, car Lambert

compose bien. On le fait apprendre à Lambert et à sa maîtresse, et

après cela on les fit venir à Ruel, où madame d'Aiguillon se trouva.

Voici le dialogue:

TIRCIS.

Philis, j'arrête enfin mon humeur vagabonde.

PHILIS.

Trop volage Tircis, pourquoi me fuyois-tu?

TIRCIS.

C'étoit pour dire à tout le monde

Que rien n'égale ta vertu.

PHILIS.

Oh! l'excuse légère

D'un esprit trop léger!

TIRCIS.

Pardonne, ma bergère,

Pardonne à ton berger.

TOUS DEUX.

Aimons-nous désormais,

Aimons-nous pour jamais.

[479] A l'Historiette de Bensserade, il est parlé du père de

cette fille.

(T.)

Le cardinal les fit marier; mais il ne leur donna rien: il perdit là

une belle occasion; il n'a jamais rien fait pour eux. Tant pis pour

lui[480].

[480] Cette anecdote peut servir de pendant à la dure _négation_

du cardinal de Richelieu, en réponse au beau sonnet que chacun

sait par cœur, et qui commence par ces vers:

Armand, l'âge affoiblit mes yeux,

Et toute ma chaleur me quitte, etc.

La femme de Lambert étoit assez enjouée. Je ne sais si cela lui déplut

ou s'il crut avoir été attrapé; mais, quoi qu'il en soit, il ne la

traita point bien. Elle s'en plaignit au bonhomme Le Pailleur, leur

voisin, qui lui conseilla d'en parler à son père, à sa mère et à ses

sœurs. «Dieu m'en garde! répondit-elle; ils se moqueroient de moi;

car c'est moi toute seule qui l'ai voulu.» Le Pailleur en parla donc à

Lambert, qui ne lui voulut jamais rien avouer.

Le feu cardinal se divertissoit pourtant de Lambert. Un jour que notre

Orphée s'étoit laissé entraîner dans une de ces caves de vin muscat, à

la Croix du Tiroir[481], il en sortit la tête en compote, et en s'en

retournant, il trouva Le Puis, son beau-père, qui lui dit qu'il le

cherchoit, que le cardinal le demandoit, et qu'il y avoit un carrosse

au logis qui attendoit il y avoit long-temps. Il fallut aller. Par

bonheur pour lui, il y avoit ce jour-là deux comédies chez le

cardinal, l'une françoise, l'autre italienne, durant lesquelles il

dormit fort bien; on soupa: il n'avoit pas besoin de souper; il

employa encore ce temps-là à dormir. Il étoit dix heures quand on le

fit chanter: il n'eut jamais tant de voix.

[481] C'est ce qu'on appelle _la Croix du Trahoir_; cette croix

étoit placée au coin de la rue de l'Arbre-Sec et de la rue

Saint-Honoré. L'orthographe de ce nom, de même que l'étymologie

qui s'y rapporte, ont singulièrement varié. (Voyez les

_Recherches sur Paris_, par Jaillot, t. 1, _quartier du Louvre_,

p. 7.)

Sa femme mourut de chagrin au bout de trois ou quatre ans de mariage:

il en a eu une fille.

Mademoiselle Lambert avoit une petite sœur: c'est Hilaire. De Niert,

qui lui trouva beaucoup de dispositions, se mit à lui montrer, et elle

réussît admirablement. Lambert, voyant cela, voulut avoir sa part de

la gloire. De Niert se retira aussitôt: cela causa quelque petite

froideur entre eux; depuis pourtant cela s'est raccommodé, et de Niert

les va voir fort souvent: il prend grand plaisir à montrer quelque

chose à cette fille. Comme la plupart des gens de musique sont

bizarres, Lambert s'avisa de devenir amoureux de cette fille, parce

que c'était la seule dont il ne le devoit pas être; sa beauté ne lui

servoit point d'excuse, car elle n'est point jolie: il est vrai

qu'elle ne fait pas peur; mais, ma foi, elle n'a rien de beau que la

voix et les dents: c'est une fille fort raisonnable; et quand je

considère les sottes gens avec qui elle a été nourrie, je m'étonne

qu'elle ait l'esprit si bien fait. Cette amour l'a pensé faire

enrager, car il a été un temps qu'il ne lui vouloit rien montrer qu'en

particulier, et quand ils étoient tous deux tout seuls, il se mettoit

à genoux, et lui disoit cent extravagances. Elle aimoit mieux ne rien

apprendre; je dis _ne rien apprendre_, parce que ce n'est pas tout que

d'avoir les airs notés, il faut que ce soit lui qui vous les montre,

ou vous ne leur donnez pas la centième partie de l'agrément qu'il leur

donne. Une fois il en vint jusqu'à faire détendre son lit pour quitter

la maison du père d'Hilaire; après, il le fit retendre. Un jour il

vouloit mettre sa fille en religion: «Vous ferez bien,» lui dit

Hilaire. Aussitôt il ne le voulut plus. Quand il lui parloit de sa

passion, elle lui disoit: «Que voulez-vous, vous êtes fou. Si j'étois

capable de faire quelque sottise, vous m'en devriez empêcher.» Cela le

mit en colère: il s'en va, et ni lui ni son valet ne venoient plus

manger au logis. Cela l'ennuyoit furieusement, et il étoit bien

embarrassé de sa colère; pour se raccrocher, il renvoya son valet

prendre ses repas à l'ordinaire: il y revint lui-même bientôt après,

et il disoit à tout le monde: «Ne croyez pas que j'en sois amoureux.»

Et tout le monde le croyoit un peu plus fort.

Lambert voulut penser à quelque charge de la musique: il se trouva si

gueux qu'il en eut honte; cela lui servit à une chose. M. de

Lisieux-Matignon aimoit fort à les entendre lui et Hilaire. Ils

chantent des dialogues ensemble les plus agréables du monde. Il leur

envoyoit tous les ans un carrosse pour aller le trouver à la campagne,

et ne les renvoyoit point sans quelque présent. Un honnête homme,

nommé M. Marchand, _custodi-nos_[482] du prince Eugène, car il a une

sœur chez madame de Carignan, étoit aussi comme l'intendant de M. de

Lisieux.

[482] Le _custodi-nos_ étoit le titulaire d'un bénéfice; il

prêtoit son nom à celui qui en étoit le véritable usufruitier.

Cet homme s'affectionna à Hilaire; il aimoit aussi Lambert: il demanda

si le père d'Hilaire le vouloit prendre en pension. On lui fait

quitter le cabaret. Marchand est infirme, et passe une bonne partie de

l'année au lit; il a fait du bien à toute la maison, car il fit donner

une pension de mille livres à Lambert sur les bénéfices de M. de

Lisieux. On eut bien de la peine à faire faire à notre homme ce qu'il

falloit pour cela: c'est un petit esprit _de bois blanc_, comme disoit

Le Pailleur. Il donna une prébende de Dreux de douze cents livres de

rente au frère d'Hilaire, qui prit une des filles avec lui, et ils

vivent là tous deux.

Lambert avoit eu une pension de quatre cents écus du temps de M.

d'Émery, à qui il en avoit l'obligation, et tout le monde est ravi de

le faire payer de sa pension; aussi est-il assez reconnoissant.

Marchand payoit gros, et faisoit valoir ce qu'Hilaire avoit pu amasser

des présents qu'on lui faisoit et des ordonnances qu'elle avoit pour

avoir chanté aux ballets du Roi.

Hilaire avoit une sœur qu'elle a encore, qui est jalouse d'elle

horriblement. Cette fille dit tant de sottises de Marchand et d'elle,

que cet homme sortit de la maison. Enfin pourtant on l'y fit revenir,

et Lambert, qui n'est plus amoureux, considérant que sa belle-sœur

lui étoit nécessaire, qu'ils se faisoient valoir l'un l'autre, et

aussi pour se délivrer des impertinences du père, de la mère et de

cette belle-sœur, alla loger avec Hilaire, avec ce M. Marchand,

auprès des Petits-Pères, où Hervault[483] les attira, et leur fait

payer leurs pensions soigneusement, car Hilaire en a une aussi, si je

ne me trompe: ils ont soin du bonhomme, de la bonne femme et de la

sœur même; il est vrai que cette fille travaille. La fille de Lambert

est assez jolie, danse bien, joue bien du clavecin, et Lambert dit

qu'il lui trouve de la voix: elle aime sa tante tendrement, aussi lui

a-t-elle bien de l'obligation[484]. M. de Langres a donné depuis peu

un bénéfice de huit cents livres de rente à Lambert.

[483] Ce nom est douteux.

[484] Lulli épousa la fille de Lambert. (_Parnasse françois_ de

Titon Du Tillet, p. 391 et 401.)

LA GAILLONNET ET SA FILLE.

Une lavandière de Paris avoit une jolie fille qu'elle vendit à un

commandeur de Malte, qui l'entretint quelque temps; après, un nommé

Gaillonnet[485], de l'extraordinaire des guerres, l'entretint et en

eut une fille; et après, afin qu'il lui en coûtât moins, il y associa

aussi un garçon de l'extraordinaire des guerres, appelé Marbault. Tous

deux ensemble ils la marièrent à un nommé Chirat, qui avoit un frère

procureur du roi du Châtelet. C'étoit un coquin que ce Chirat, qui

n'ignoroit pas la vie de la demoiselle; cependant, comme il s'avisa de

faire le fâcheux quelque temps après, sa femme et Gaillonnet le

voulurent empoisonner. Il les accusa d'adultère et d'empoisonnement,

et ils furent pris tous deux. L'affaire s'accommoda pour quinze mille

livres, par l'avis du procureur du roi, et comme il n'y avoit point

d'enfants, on les démaria par impuissance. Voilà Gaillonnet et

Marbault en liberté; ils font une nouvelle société avec leur confrère

Le Page[486], dont nous avons parlé ailleurs. Sa première femme, qui

découvrit l'affaire, l'attendit une fois tout un jour dans une écurie

pour le châtier, comme il alloit voir sa mignonne. Gaillonnet, qui

avoit beaucoup donné à cette femme, et qui voyoit qu'elle avoit tiré

de bonnes nippes de ses associés, pour jouir de ce bien-là, épousa la

demoiselle. On mit sa fille sous le poêle, disant qu'il n'y avoit

point eu de mariage avec Chirat. La fille étoit déjà grandette; on

parle de la marier et de lui donner cinquante mille écus. Fourrilles,

grand maréchal-des-logis, jeune homme à qui son père avoit laissé

assez de dettes, voyant la fille jolie, le père de bon lieu et de quoi

s'acquitter, n'eut point d'égard à tout le reste et l'épouse. Je ne

sais à qui en est la faute; mais au bout de deux jours, les voilà aux

couteaux tirés. Par une bizarrerie admirable, il hait sa femme et

devient amoureux de sa belle-mère; il est vrai que cette femme est

vive et a quelque chose de fort aimable. Un jour le chevalier, son

frère, trouva la mère et la fille et une parente, l'une avec la pelle,

l'autre avec les pincettes, et la troisième avec le balai, en haut,

pour assommer le pauvre Fourrilles. «Comment, ce dit-il, à quoi

songes-tu? Que ne jettes-tu toutes ces p......-là par la fenêtre?»

Voilà encore plus de _grabuge_ que jamais, quoiqu'il n'y eût point de

coups rués. Fourrilles avoit été si sot que d'épouser sans toucher

l'argent[487]; c'étoit là le véritable sujet de tout ce qui

s'ensuivit; car n'aimant point sa femme, et mal satisfait de n'avoir

que du papier, il ne la traitoit nullement bien. Elle se mit à le haïr

encore plus fort; enfin, il les fallut démarier. Voici une nouvelle

bizarrerie. Dès qu'elle ne fut plus sa femme, il en devint amoureux,

et fit, mais en vain, tout ce qu'il put pour coucher encore avec

elle[488]. D'autres ne la trouvèrent pas si cruelle. Le père, voyant

du scandale, la fait mettre dans un couvent; le père consent qu'elle

en sorte quelque temps après, parce que Pâris, qui étoit à M. de

Turenne, parloit de l'épouser; mais il l'entretint seulement. Or,

Fourrilles avoit touché quelque chose de la dot: il demandoit à payer

sûrement; un créancier huguenot fit aller l'affaire à l'édit[489].

[485] Vions, sieur de Gaillonnet. On dit qu'ils sont

gentilshommes.

(T.)

[486] Voyez l'Historiette de Le Page.

[487] Il dit que, pour ne le pas payer d'une partie qu'il devoit

toucher d'eux dans quelque temps, ils prirent prétexte sur ce que

la fille n'avoit pas encore douze ans quand on la maria. (T.)

[488] M. de Cornusson de La Valette avoit épousé une femme qui se

gouverna assez mal; elle n'eut qu'une fille; elle supposa un

fils, puis, par colère, elle le tua. Accusée, elle prouve qu'il

étoit à une meunière: on étouffe l'affaire. Sou mari et elle se

séparent, font rompre le mariage. Il prend une seconde femme.

Etant à Paris, il trouve sa première femme en chambre comme une

gourgandine: il couche avec elle, se renflamme, et la reprenoit

si la deuxième n'eût accouché tout à propos d'un garçon. (T.)

[489] La chambre de l'édit étoit mi-partie de conseillers

catholiques et de juges protestants. Elle avoit été créée par

l'édit de Nantes.

Après Pâris, un gentilhomme de Normandie, mais qui n'étoit pas un fin

Normand, nommé Bressey, fils de madame de Clinchamp[490], l'entretint

et en avoit même eu des enfants. Pour s'exempter de retourner jamais

en religion, elle se met en tête de l'attraper, et lui dit, en

sollicitant son procès, que s'il la traitoit de femme, cela serviroit

à son affaire. Il le fit et dit à tous ses juges que c'étoit sa femme.

Après elle lui dit: «Mais la chose seroit bien plus croyable si nous

faisions un petit contrat de mariage.» Il en fit un tout niaisement,

et même en badinant elle se fit épouser; il est vrai qu'il y avoit

quelques nullités: elle gagne son procès, et sur l'heure[491], avant

que de sortir de l'audience, elle présente requête, exposant que M. de

Bressey, qui l'a toujours traitée de femme, comme tous ces messieurs

en sont témoins, et qui l'avoit épousée après un contrat de mariage

qu'elle produisoit, ne la vouloit pas reconnoître pour telle: il étoit

présent et disoit pour ses raisons qu'il ne l'avoit épousée qu'à la

cavalière, et pour lui faire gagner son procès; il fut ordonné sur

l'heure qu'il iroit en bas[492], si mieux n'aimoit la reconnoître pour

sa femme. Il la reconnut, et, pour plus grande sûreté, elle fit

recélébrer le mariage. Fourrilles dit qu'il est fort des amis de la

dame, et qu'ils s'écrivent assez souvent.

[490] Louise de Montgommery, dame de Clinchamp; elle avoit épousé

Clinchamp en secondes noces. (_Voyez_ l'article Clinchamp, p.

376.)

[491] Vers la fin du Parlement, en 1657. (T.)

[492] _En bas_, dans les prisons de la Conciergerie.

TABLE DES MATIÈRES

CONTENUES DANS LE QUATRIÈME VOLUME.

Pages

La présidente Perrot. 5

Perrot d'Ablancourt. 9

Le baron d'Auteuil. 13

Madame Coulon. 14

La présidente Lescalopier. 17

M. de Bernay. 23

M. de Vassé. 25

Le Saulnier. Le roi d'Éthiopie. 29

M. de Laffemas. 31

Haudessens. 37

Beaulieu-Picart. 39

L'Estoile et Saint-Thomas. 45

L'esprit de Montmartre et Raconis. 49

Madame de Montandre. 52

Madame de Champré et les autres dames de Noyon. 53

D'Amboise, père et fils. 66

L'abbé Du Landaye. 68

Du Burcq. 66

Madame Cornuel. 72

Lettre de madame Cornuel à la comtesse de Maure. 77

Boutard. 80

Madame d'Amet. 83

Costar. 84

Madame de Cavoye. 98

Le cardinal de Retz. 102

La présidente de Pommereuil. 115

Bezons. 116

Salomon-Virelade. 119

Madame de La Grille. 122

Menillet. 123

Ménage. 125

M. de Laval. 152

Esprit. 170

Sarrazin. 173

La marquise de Sy. 178

Souscarrière. 184

La Liquière. 193

M. de Guise, petit-fils du Balafré. 197

Madame Dalot. 207

M. de Roquelaure, Boissac, madame de Lesdiguières. 211

La Tour Roquelaure. 223

Le chevalier de Roquelaure. 226

Belesbat. 230

Madame de Courcelles-Marguenat, et madame de Chauvry. 234

Saint-Germain Beaupré, le feu président Le Bailleul et ses

fils. 240

Madame de Choisy, Champagne le coiffeur. 247

M. et madame de Brégis. 253

Cérisante et Marigny. 259

Madame de Gondran. 270

Sévigny et sa femme. 298

Turcan. 305

Ninon de Lenclos. 310

M. de Villarceaux et madame de Castelnau, avec M. et madame

de Nouveau. 321

Mademoiselle de Sallenauve. 326

Priezac. 334

Le président Amelot. 336

Gomberville. 343

La présidente Aubry, son mari, Orgeval et Senas. 347

Gauffredy. 354

Mademoiselle Garnier, ou madame d'Orgères, depuis dame de

Champlâtreux. 358

Le petit Grammont. 363

Provençaux et provençales. 367

Mademoiselle Diodée. 372

Clinchamp. 376

Madame de La Roche-Guyon. 379

Madame de Castelmoron. 390

Rénevilliers. 395

Madame Roger. 401

Madame de Vervins. 406

Ruqueville. 411

Le Page et ses deux femmes. 414

Le vicomte de Lavedan. 421

De Niert, Lambert et Hilaire. 428

La Gaillonnet et sa fille. 439

FIN DU TOME QUATRIÈME.

Les historiettes de Tallemant des Réaux, tome quatrième Mémoires pour servir à l'histoire du XVIIe siècle · 第 28 / 28 段