TOMBEAUX ET SÉPULTURES.

Dans cette église avoient été inhumés:

À l'entrée du choeur, Anne-Marie Martinozzi, princesse de Conti,

morte en 1672[524].

[Note 524: Le mausolée élevé à cette princesse offroit une

figure de demi-bosse en marbre blanc, accompagnée des

attributs qui caractérisent la Foi, l'Espérance et la

Charité. Ce monument, exécuté par _Girardon_, a été détruit

pendant la révolution.]

Louis-Armand de Bourbon, prince de Conti, son fils aîné, mort en

1685.

François-Louis de Bourbon, prince de Conti, son second fils, mort

en 1709[525].

[Note 525: Le tombeau de ce prince étoit surmonté d'un grand

bas-relief représentant une _Minerve_ appuyée d'une main sur

un lion, et de l'autre soutenant son portrait en médaillon.

Ce monument, dont la composition est inconvenante, et

l'exécution de la dernière médiocrité, est déposé aux

Petits-Augustins.]

Dans la nef, auprès de l'oeuvre, Jean-Baptiste Ravot d'Ombreval,

conseiller du roi, etc., mort en 1699.

Gilbert Mauguin, président en la cour des monnoies, mort en 1674.

Dans la chapelle de MM. de Thou, Christophe de Thou, premier

président du parlement, mort en 1582[526].

[Note 526: Le buste de ce magistrat est placé aux

Petits-Augustins, dans un renfoncement circulaire qui se

trouve au milieu d'une espèce de décoration faite avec les

débris de la chapelle que sa famille possédoit à

Saint-André-des-Arcs. La tête est traitée avec beaucoup de

chaleur et de vérité. C'est un morceau de sculpture

très-recommandable. Les génies et les vertus qui

l'accompagnoient ont été détruits ainsi que les armoiries.]

Jacques-Auguste de Thou, président à mortier au parlement de

Paris, historien célèbre, mort en 1617[527].

[Note 527: Au bas de la décoration dont nous venons de

parler, et sur une tombe ornée d'un bas-relief en bronze,

est la statue du président. Il est représenté à genoux

devant un prie-dieu, revêtu d'un grand manteau fourré

d'hermine. Le bas-relief présente plusieurs figures

allégoriques, entre lesquelles on distingue la Justice et la

muse de l'histoire transmettant le nom de Jacques-Auguste de

Thou à la postérité. Toute cette sculpture, exécutée par

_François Anguier_, est d'un bon faire, et peut être comptée

parmi les meilleurs ouvrages de cet artiste[527-A].]

[Note 527-A: Sous le bas-relief étoient placées deux

cariatides d'un très-beau travail, et exécutées par le même

sculpteur. On les voyoit également au Musée des

Petits-Augustins, mais attachées au tombeau du commandeur de

Souvré. Il ne se peut rien imaginer de plus absurde et de

plus inconvenant que cette idée de composer des monuments

avec les débris d'autres monuments, et c'est cependant le

spectacle choquant qui se présentait aux yeux à chaque pas

que l'on faisoit dans ce Musée, dont l'arrangement

présentoit tous les caractères de l'ignorance, de la

prétention et du mauvais goût.]

Marie de Barbançon Cani, sa première femme, morte en 1601.

Gasparde de La Châtre, sa seconde femme, morte en 1627[528].

[Note 528: Les statues de ces deux dames, exécutées, la

première par _Barthélemi Prieur_, la seconde par _Anguier_,

sont placées sur deux piédestaux en avant du monument de

leur époux. Ces sculptures sont également dignes d'éloges,

tant pour la pose que pour l'exécution.]

Dans la chapelle Saint-Antoine, Pierre Séguier, président au

parlement de Paris, mort en 1580.

Pierre Séguier, son petit-fils, maître des requêtes, mort en

1638[529].

[Note 529: Son buste est aussi conservé aux

Petits-Augustins; c'est de la sculpture la plus médiocre. On

voit dans le même Musée des débris de la chapelle de cette

famille, parmi lesquels on remarque deux anges en albâtre,

exécutés avec beaucoup de sentiment, et dont le faire

annonce l'école de Jean Goujon.]

Dans d'autres parties de la nef et des chapelles avoient été

inhumés plusieurs autres personnages distingués, tels que:

André Duchesne, célèbre par ses recherches sur l'histoire de

France, mort en 1640.

Pierre d'Hozier, savant généalogiste, mort en 1660.

Robert Nanteuil, très-habile graveur, mort en 1678.

Le Nain de Tillemont, l'un des plus savants ecclésiastiques de

son temps, mort en 1637.

Louis Cousin, président en la cour des monnoies, et de l'Académie

françoise, mort en 1707.

Antoine Houdard de La Mothe, de l'Académie françoise, mort en

1731.

Claude Léger, curé de cette paroisse, personnage recommandable

par sa charité et par ses vertus[530].

[Note 530: La reconnoissance de ses paroissiens avoit élevé

à ce pasteur respectable un monument qui a été détruit

pendant les jours révolutionnaires. Il y étoit représenté

revêtu d'une aube et d'une étole, et descendant avec calme

au tombeau, appuyé sur la Religion. La Charité éplorée étoit

assise au bas du sarcophage. Derrière la grotte qui

renfermoit sa tombe, un groupe de fidèles sembloit pleurer

une mort si regrettable; le tout étoit surmonté d'une

pyramide, symbole de l'immortalité. Ce mausolée avoit été

exécuté en stuc par M. _Delaître_.]

Joli de Fleuri, procureur-général du parlement.

L'abbé Le Batteux, littérateur distingué, mort en 1780[531].

[Note 531: Son monument se compose d'un bas-relief en marbre

blanc, où l'on voit une femme éplorée, à genoux et

s'appuyant sur une urne cinéraire. Un médaillon suspendu à

une pyramide qui s'élève au-dessus de cette composition

offre le portrait du défunt, avec cette simple inscription:

_Amicus amico._ Le tout exécuté par un sculpteur nommé

_Broche_. (Déposé aux Petits-Augustins.)]

Dans le cimetière:

Charles du Moulin, savant jurisconsulte, mort en 1566.

Henri d'Aguesseau, père du chancelier, mort en 1716.

Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 6/8) · 第 132 / 241 题