HÔTELS.

_Hôtel de Bourgogne_ (rue des Sept-Voies).

Cet hôtel, dont la plus grande partie servit à former le collége de

Reims, appartenoit, dans le treizième siècle, aux ducs de Bourgogne.

Il fut uni à la couronne, ainsi que leur duché, sous le règne du roi

Jean; mais ce prince jugea à propos de se réserver l'hôtel, lors de

l'investiture qu'il donna à son fils Philippe-le-Hardi des domaines et

de la souveraineté de ce duché. Charles V son frère lui rendit cette

habitation en 1364. On trouve que dix ans auparavant elle étoit

occupée par les religieuses de Poissi, que la guerre avoit obligées de

venir chercher un asile à Paris. En 1402, Philippe donna cet hôtel à

son troisième fils Philippe, comte de Nevers et de Rhétel, qui le

vendit aux écoliers de Reims en 1412.

_Hôtel d'Albret_ (même rue).

Cet hôtel, dont une très-petite portion fit le collége de la Merci,

appartenoit anciennement aux comtes de Blois. Il subsiste encore à

côté du collége de la Merci une partie de cette maison, laquelle a

retenu le nom de _cour d'Albret_.

_Petit-Bourbon_ (rue du Faubourg-Saint-Jacques).

Nous avons dit à l'article du Val-de-Grâce qu'on en transféra les

religieuses dans une maison appelée le _Petit-Bourbon_. Elle se

nommoit auparavant le fief ou le séjour de Valois, nom qu'elle devoit

à Charles de Valois, fils de Philippe-le-Hardi, auquel elle

appartenoit au commencement du quatorzième siècle. Depuis elle passa

dans la maison de Bourbon; et au seizième siècle elle faisoit partie

des propriétés du connétable de Bourbon, sur lequel elle fut

confisquée, avec tous ses autres biens. Louise de Savoie, ayant obtenu

la permission d'aliéner ces biens jusqu'à la concurrence de 12,000

livres de rente, donna, en 1528, le séjour de Bourbon à Jean

Chapelain, son médecin. Ses descendants le vendirent aux religieuses

du Val-de-Grâce.

_Autres hôtels._

Dans ce même quartier étoient situés les hôtels suivants, qui tous ont

été détruits, et sur lesquels nous n'avons pu nous procurer aucun

détail.

Hôtel des évêques de Nevers, rue des Amandiers.

------ des abbés de Pontigni, rue des Anglois.

------ de Jean Gannai, chancelier de France,

rue de l'Arbalète.

------ des abbés de Saint-Benoît-sur-Loire,

rue de la Grande et de la Petite-Bretonnerie.

------ de Vezelai, du Mont }

Saint-Michel[439], }

}

------ des évêques d'Auxerre, }

de Coutances, } rue des Cholets.

du Mans, de }

Senlis, de Langres, }

de Châlons[440]. }

------ des abbés de Saint-Jean-des-Vignes,

rue Saint-Jacques, près la chapelle

Saint-Yves.

------ des évêques de Nevers en 1380, rue

Judas.

------ de Marli-le-Châtel, rue des Sept-Voies.

[Note 439: Ces deux hôtels sont compris aujourd'hui dans le

collége de Montaigu.]

[Note 440: Le collége de Sainte-Barbe a été bâti sur

l'emplacement de cet hôtel.]

Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 6/8) · 第 114 / 241 题