SCULPTURES.

Entre deux croisées de la même salle, le buste de M. Le Noir.

_École des Savoyards_ (rue Saint-Étienne-des-Grès).

Cette école de charité, établie en 1732, étoit due au zèle et à la

charité de M. l'abbé de Pontbriand. S'étant avisé un jour d'interroger

sur la religion un Savoyard déjà avancé en âge, qui venoit de lui

rendre quelque service, il le trouva d'une ignorance si profonde des

vérités les plus importantes, qu'il résolut aussitôt de travailler à

l'instruction de ces pauvres gens. Plusieurs personnes charitables

auxquelles il communiqua son projet l'approuvèrent, et voulurent y

prendre part. Ils se partagèrent aussitôt les divers faubourgs où

étoient établies les chambrées des Savoyards[438], leur annoncèrent

les bonnes dispositions où l'on étoit pour eux, et trouvèrent dans ces

malheureux tant de docilité et de reconnoissance, que l'on put

commencer aussitôt les catéchismes que l'on vouloit instituer. Les

premiers se firent à Saint-Benoît; et bientôt, vu le grand éloignement

des différents quartiers où les Savoyards étoient logés, on en établit

de nouveaux dans plusieurs paroisses de Paris; à Saint-Merri, pour les

Savoyards du Marais; au séminaire des Missions-Étrangères, pour ceux

du faubourg Saint-Germain; à Saint-Sauveur, pour le faubourg

Saint-Laurent, la place des Victoires et la porte Saint-Martin.

[Note 438: Ils habitoient les faubourgs. Ceux de l'évêché de

Genève, qui étoient les plus nombreux, logeoient dans le

faubourg Saint-Marceau; ceux de Saint-Jean-de-Maurienne,

dans le faubourg Saint-Laurent; ceux de l'archevêché de

Moutier en Tarentaise, dans le Marais, etc. Ils étoient

distribués par chambrées, dont chacune, composée de huit à

dix Savoyards, étoit conduite par un chef, qui remplissoit

auprès de ces enfants les fonctions d'économe et de tuteur.

Chacun d'eux avoit sa place marquée dans Paris, où il se

rendoit de grand matin; et le soir en rentrant, ce qui avoit

été gagné dans la journée étoit mis dans une boîte commune

nommée _tirelire_, que l'on n'ouvroit que lorsque la somme

étoit assez considérable pour être employée utilement aux

besoins de la petite société. Cette police des Savoyards

s'est maintenue pendant la révolution, et subsiste encore

aujourd'hui.]

À ces leçons, les charitables instituteurs voulurent bien ajouter des

prix pour entretenir l'émulation. La première distribution s'en fit

rue Saint-Étienne-des-Grès, dans la chapelle de l'ancien collége de

Lisieux. La charité des gens de bien qui habitoient ces divers

quartiers fournissoit abondamment à ces dépenses. Bientôt on jugea

qu'il étoit possible d'étendre les bienfaits de cette institution sur

les pauvres enfants des diverses provinces du royaume; on y reçut des

Auvergnats, des Limousins, des Normands, des Gascons, etc., etc., ce

qui rendit les catéchismes plus nombreux, et donna lieu d'établir une

nouvelle école dans la paroisse de la Magdeleine au faubourg

Saint-Honoré.

Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 6/8) · 第 113 / 241 题