SÉPULTURES.

Outre les coeurs des princes de la famille royale déposés dans

cette église, et dont le nombre s'élevoit, en 1780, à plus de

quarante, elle contenoit les restes de plusieurs autres

personnages considérables, savoir:

Dans les murailles de la vieille église, les entrailles d'Honorat

de Beauvilliers, comte de Saint-Agnan, mort en 1662.

Dans le cloître, du côté du chapitre:

Les entrailles de Marie de Luxembourg, duchesse de Mercoeur,

morte en 1623.

Le corps de Jeanne de l'Escouet, veuve de Charles de Beurges,

seigneur de Seury, etc., morte en 1631.

Le coeur de Philippine de Beurges, leur fille, morte en 1636.

Le coeur de César du Cambout, marquis de Coislin, etc., tué au

siége d'Aire en 1641.

Le corps de Bénédicte de Gonzague, abbesse d'Avenay, morte en

1637.

Le corps de Constance de Blé d'Uxelles, abbesse de Saint-Menou,

morte en 1648.

Le corps de la princesse Bénédicte, duchesse de Brunswick, mère

de la princesse Amélie Wilhelmine, femme de l'empereur Joseph

Ier, morte en 1730.

Indépendamment de cette faveur particulière accordée au monastère du

Val-de-Grâce, de recevoir en dépôt une partie des restes mortels de la

famille royale, cette maison avoit obtenu de Louis XIV des armes

écartelées de France et d'Autriche, surmontées d'une couronne fermée,

avec permission de les faire sculpter ou peindre tant au dehors qu'au

dedans de ses bâtiments, même de les faire graver pour servir de scel

au monastère et à l'ordre entier. Les lettres-patentes expédiées à ce

sujet sont de 1664. D'autres lettres-patentes de la même année

accordèrent à ces religieuses le droit de franchise en faveur des

artisans, qui occupoient des maisons qu'elles avoient fait construire

sur un emplacement de quatre cent soixante-douze toises, qu'elles

avoient nommé _cour Saint-Benoît_. Ces priviléges étoient les mêmes

que ceux dont jouissoient les gens de métier établis dans le fief de

Saint-Jean-de-Latran, auquel cet établissement étoit contigu.

La reine Anne d'Autriche, toujours occupée du bien-être de ses filles

adoptives[374], avoit déjà augmenté le terrain de leur monastère par

l'acquisition faite, en 1651, aux administrateurs de l'Hôtel-Dieu, de

l'ancien hôpital de _la Santé_; elle fit aussi plusieurs fondations

dans cette maison, et lui procura l'union et la mense de l'abbaye de

Saint-Corneille de Compiègne[375].

[Note 374: Son attachement pour elles étoit si grand,

qu'elle se fit faire, dans la clôture de leur monastère, un

appartement et un oratoire, où elle se retiroit

très-souvent, surtout dans les grandes fêtes de l'année. On

compte que, depuis le commencement de sa régence jusqu'à sa

mort, elle y passa cent quarante-six nuits.]

[Note 375: Cette union fut autorisée et confirmée par le

roi, à la charge de recevoir gratuitement douze demoiselles;

nombre qui fut depuis réduit à six.]

Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 6/8) · 第 92 / 241 题