Tel est le titre de cette communauté, et non celui des _Cent Filles_,
que plusieurs nomenclateurs lui ont donné. L'abbé Lebeuf dit «qu'elle
fut fondée vers 1710, pour de pauvres orphelines de la campagne.»[341]
Piganiol recule cette date jusqu'à 1735. Jaillot prétend que cet
établissement est antérieur de plusieurs années à la première de ces
deux dates, et qu'il prit naissance vers 1700, par le soin de quelques
personnes pieuses qui le commencèrent dans le cul-de-sac des Vignes,
sous la protection de l'archevêque et des officiers municipaux. La
maison qu'occupoient ces orphelines avoit été prise à loyer; elles en
firent l'acquisition en 1711, ainsi que d'une autre maison voisine, et
y firent construire des classes, un réfectoire et une chapelle.
L'acquisition fut amortie, et l'établissement confirmé par
lettres-patentes en 1717. Plusieurs personnes charitables y fondèrent
des places qui restèrent à la nomination de leurs familles[342].
[Note 341: T. II, p. 418.]
[Note 342: Entre autres, M. Cabou, conseiller au grand
conseil, et mademoiselle Ferret.]
Outre les filles que la charité y plaçoit, on en recevoit d'autres avec
de bonnes recommandations, moyennant une pension modique. Il suffisoit,
pour être admise dans cette maison, qu'une fille fût orpheline de père
ou de mère, de la ville ou de la campagne: elle pouvoit y entrer dès
l'âge de sept ans, et y demeurer jusqu'à vingt. Dans le commencement de
l'établissement, la direction et l'administration en avoient été
confiées à des filles pieuses, qui formoient entre elles une société
purement séculière; mais en 1754 on leur substitua des filles de la
communauté de Saint-Thomas-de-Villeneuve[343].
[Note 343: Cette maison est occupée maintenant par une
communauté de dames de Charité.]
_Communauté de Saint-Siméon-Salus._
Dans le même cul-de-sac, et presque vis-à-vis la maison des
Orphelines, étoit une pension pour les femmes ou filles tombées en
démence, à laquelle on avoit donné le titre de communauté de
_Saint-Siméon-Salus_. On y avoit ménagé une petite chapelle sous
l'invocation de ce saint, qui cacha, par un excès d'humilité, de
grandes vertus sous les apparences de la folie et de l'extravagance.
Elle fut construite en 1696. Les malades qu'on y renfermoit étoient
traités avec un soin extrême, et tous les moyens possibles étoient
employés pour procurer leur guérison.