On ne trouve aucuns monuments qui puissent fournir quelques lumières
sur l'origine de cette église. L'abbé Lebeuf[267] pense qu'il faut en
attribuer la construction au chapitre Saint-Marcel, propriétaire par
succession d'une partie du clos Bruneau, et qui s'étoit acquis par-là
le droit de nomination à cette cure, à laquelle il a effectivement
présenté dès l'an 1200. Cette conjecture semble donc assez
vraisemblable; mais lorsqu'il ajoute que la situation de cette église
près de celle de Sainte-Geneviève pourroit faire penser que Clovis,
qui se croyoit redevable à l'intercession de saint Hilaire de la
victoire qu'il avoit remportée sur Alaric, auroit fait bâtir en cet
endroit un oratoire sous son nom, il ne présente qu'une opinion vague
et qui n'est fondée sur aucune autorité.
[Note 267: T. I, p. 206.]
Le plus ancien titre qui parle de cette église est la bulle d'Adrien
IV, de 1158: elle y est appelée chapelle de Saint-Hilaire-du-Mont,
_capella sancti Hilarii de Monte_. Jaillot pense que les chanoines de
Saint-Marcel et de Sainte-Geneviève, dont les seigneuries étoient
limitrophes, avoient pu faire entre eux divers échanges, et que
c'étoit peut-être à ce titre que les premiers possédoient une partie
du clos Bruneau; que la chapelle de Saint-Hilaire aura servi aux
vassaux de Saint-Marcel, trop éloignés de cette basilique; enfin que
la population de ce territoire s'étant successivement accrue, cette
chapelle, de même que celle de Saint-Hippolyte, aura été érigée en
paroisse. Elle fut rebâtie en 1300, reconstruite et augmentée vers
1470, réparée de nouveau et décorée au commencement du siècle dernier
par les soins et les libéralités de M. Jollain, l'un des curés de
cette paroisse.