La fondation de cette chapelle suivit de très-près la canonisation du
personnage auquel elle étoit consacrée: car l'acte par lequel il est
mis au rang des saints est de l'année 1347; et l'on voit que dès
1348[245] quelques particuliers de la province de Tours et du duché de
Bretagne, désirant former entre eux une confrérie en son honneur,
obtinrent de Foulques de Chanac, évêque de Paris, la permission de
faire bâtir une chapelle ou une église collégiale sous son nom.
D'autres titres nous apprennent que cette confrérie avoit un cimetière
près de son église, lequel fut béni, en 1357, par l'évêque de
Tréguier. Comme saint Yves, indépendamment du cours complet d'études
qu'il avoit fait dans l'Université de Paris, s'étoit rendu très-habile
dans l'étude du droit civil qu'il étoit allé étudier à Orléans, son
église ou chapelle fut acquise, on ignore à quelle époque, par une
confrérie composée d'avocats et de procureurs, qui l'a conservée
jusque dans les derniers temps. Ils choisissoient l'un d'entre eux
tous les deux ans pour en inspecter les desservants. Il y avoit aussi
deux gouverneurs honoraires, dont l'un étoit ecclésiastique et
inamovible; l'autre, laïc, lequel changeoit tous les trois ans.
[Note 245: Du Breul, p. 586.]
Il y avoit dans cette église plusieurs chapellenies à la présentation
des confrères, mais toutes d'un très-modique revenu. Les chanoines de
Saint-Benoît étoient les curés primitifs de Saint-Yves[246].
[Note 246: Cette chapelle a été entièrement démolie.]