Voilà tout ce que je savais de cette histoire, et j'ai, à cause de
cela, fort hésité à la raconter. J'ajouterai, cependant, quelques mots
que le hasard m'a fait entendre dans une des maisons où j'avais
autrefois rencontré Clotilde, Tony Vatinel et Robert Dimeux.
A la fin de l'hiver qui suivit la mort d'Arthur de Sommery, dans un
salon où on avait donné une matinée musicale, on remarquait beaucoup
madame Clotilde de Sommery, que l'on n'avait pas vue dans le monde de
l'année. Elle était encore en deuil. «Comme le noir va bien aux
blondes! disait un homme.--En effet, répondait un autre, les femmes
blondes ne sauraient trop perdre leurs maris.» Robert Dimeux, que l'on
n'avait pas vu depuis longtemps, et que l'on trouvait triste et
amaigri, s'approcha de madame de Sommery et lui dit: «Madame, le noir
vous va à ravir; tout le monde en fait la remarque. Vous devriez ne
porter que successivement le deuil des deux hommes que vous avez tués.»