A ce moment entra M. de Sommery; il avait congédié les personnes
amenées par l'abbé. Madame de Sommery fut atterrée et ne trouva plus
de voix pour achever le mot commencé; seulement, elle joignit les mains
et tomba à genoux devant son mari. Le colonel se sentit ému, et
s'irrita de son émotion. «Monsieur Vorlèze, s'écria-t-il, voulez-vous
donc mettre le trouble et la désunion dans ma maison? Les prêtres
n'ont-ils donc de respect pour rien? et ne se mêlent-ils à nos
infortunes les plus cruelles que pour nous dominer?» L'abbé voulut
recommencer un discours. «Monsieur Vorlèze, dit M. de Sommery en
l'interrompant, vous me permettrez de ne pas faire aujourd'hui de
controverse avec vous, n'est-ce pas? et vous comprenez que nous avons
besoin de silence et de solitude.»
L'abbé se retira.
M. de Sommery ne voulut pas rester avec sa femme, et alla s'enfermer
dans sa chambre, où il resta dans une grande agitation, se promenant à
grands pas en long et en large, s'asseyant, se relevant et recommençant
à marcher. Il sortit de sa chambre vers dix heures du soir, et
descendit en bas. Il trouva les gens qui veillaient le corps; ils
avaient mis près de lui de l'eau bénite et une branche de buis. Il
fronça le sourcil, il ouvrit la bouche et ne parla pas, puis remonta.
En passant devant la chambre de sa femme, il l'entendit qui pleurait,
et retourna dans sa chambre, où il resta une demi-heure dans la même
agitation; après quoi, il sortit tout à coup et alla chez l'abbé
Vorlèze.