VI

Si bien qu’aujourd’hui, en relisant les premières pages de ces

_Confessions_, je vois le plan de Dieu à mon égard se dessiner comme un

fil d’or à travers toutes les régions montueuses parmi lesquelles j’ai

eu à marcher, depuis les aimables prairies de la maison paternelle et de

l’école, et les hauteurs abruptes et accidentées du travail paroissial,

jusqu’à ce plateau fortifié d’où, pour la première fois, le monde m’est

apparu tel qu’il est réellement, et non pas tel que j’avais pensé qu’il

était. Je comprends maintenant qu’il y existe une cohésion entière dans

tout ce que Dieu a fait; qu’il n’y a pas une seule aspiration du fond

des ténèbres qui ne trouve son chemin jusqu’à Lui; pas un système de

pensée qui ne reflète au moins un rayon de Sa gloire éternelle; pas une

âme qui n’ait sa place dans l’économie totale de Son œuvre. D’un côté,

il y a soif, et désir, et inquiétude; de l’autre, satisfaction et paix.

Mais il n’y a pas un instinct qui n’ait son objet, pas une mare qui ne

reflète le soleil; pas un lieu désolé sur la terre qui n’ait le ciel

au-dessus de soi. Et, à travers ce désert plein de ruines, Sa bonté

infinie m’a conduit jusqu’à l’endroit où Jérusalem est descendue d’en

haut; elle m’a élevé, de ces sentiers tournants qui ne mènent nulle

part, jusque sur la large route qui mène droit à Lui.

C’est sur cette route que je dois marcher maintenant, et le jour est

prochain où mes pas s’arrêteront. Mais il n’y a rien à craindre pour

ceux qui s’avancent sur cette route-là; plus de montagnes à gravir, ni

de torrents à traverser. Dieu a rendu toutes choses aisées pour ceux

qu’il a admis à passer sous la Porte du Ciel qu’il a bâtie sur la terre;

le fleuve même de la mort n’est pour eux qu’un cours d’eau sans dangers,

semé de ponts et garni de parapets de chaque côté; et l’ombre de la mort

n’est que comme un demi-jour, pour ceux qui la contemplent dans la

lumière de l’Agneau.

«Voici la tente de Dieu avec les hommes; et il va demeurer avec eux, et

il essuiera toutes les larmes de leurs yeux, et la mort cessera

d’être... La cité n’a pas besoin de soleil ni de lune, car la gloire de

Dieu l’a illuminée, et c’est l’Agneau qui est la lampe qui l’éclaire.»

Les confessions d'un converti · 第 58 / 60 题