Les forces contributives des diverses cultures du département
ont-elles conservé les proportions qu'elles avaient lorsqu'on fit
la répartition de l'impôt?
Pour constater les revenus des terres en 1821, on n'examina pas les
faits relatifs à cette année. Les baux, les actes de vente que l'on
consultait, avaient des dates plus ou moins anciennes, et les prix
moyens dont on faisait l'application résultaient de mercuriales qui
remontaient à quinze années. Ainsi ces divers éléments n'accusaient
pas un état de choses _actuel_, mais la situation du pays pendant
une période dont le point de départ peut être fixé au commencement
du siècle.
C'est donc à cette période que je dois comparer l'époque présente,
et j'ai à rechercher, pendant cette durée d'environ quarante ans,
les phénomènes que la science enseigne à considérer comme les
manifestations les plus certaines du progrès ou de la décadence des
populations.
Le premier qui se présente, c'est le mouvement de la population
elle-même. S'il est vrai, comme tous les publicistes s'accordent à
le reconnaître, que le nombre des hommes croît ou décroît comme
leurs revenus, il suffit d'observer le mouvement de la population
dans les contrées où se cultivent le pin, les céréales et la vigne,
pour connaître ce que chacune d'elles a gagné ou perdu en forces
contributives. Livrons-nous donc à cet examen qui me paraît
présenter un haut degré d'intérêt, même en dehors de la question de
la répartition de l'impôt.