24 janvier 1848.

Je ne puis t'écrire que peu de mots, car je me trouve atteint de la

même maladie que j'ai eue à Mugron, et qui, entre autres

désagréments, a celui de priver de toutes forces. Il m'est

impossible de penser, encore plus d'écrire.

Mon ami, je voudrais bien te parler de notre agitation, mais je ne

le puis pas. Je ne suis pas du tout content de notre journal, il est

faible et pâle comme tout ce qui émane d'une association. Je vais

demander le pouvoir absolu, mais hélas! avec le pouvoir on ne me

donnera pas la santé.

Je ne reçois pas le _Mémorial_ (bordelais), et par conséquent je

n'ai pas vu ton article _Anglophobie_; je le regrette. J'y aurais

peut-être puisé quelques idées, ou nous l'aurions reproduit.

Œuvres Complètes de Frédéric Bastiat, tome 1 mises en ordre, revues et annotées d'après les manuscrits de l'auteur · 第 41 / 148 题