En voyant un _Empereur à cheval_, de lui, _pataugeant dans un marais_,
d'un fini malheureux, en comparaison du sublime _Menuet_, et autres
ouvrages de son premier temps, qui est incomparablement le plus beau,
je note qu'un talent n'est jamais stationnaire. S'il se transforme
forcément, il n'arrive guère que la naïveté persiste. Racine en est un
exemple.
Ce même jour, je mets à côté des plus beaux croquis de Raphaël ce même
_Menuet._ Il ne perd rien. Cela me rappelle la pensée de Montesquieu:
«Deux beautés médiocres se défont; deux grandes beautés se font valoir
et brillent à l'envi l'une de l'autre.» (Vérifier ces termes.)
[547] Voir t. II, p. 125.
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4 _avril._--J'ai été voir le vieux Forster[548] en sortant de
Saint-Philippe à trois heures. Le pauvre homme a le bras cassé et mille
accidents qui ont compliqué son accident. Il me dit qu'il s'est retiré
de bonne heure de la lice, et il blâme les artistes qui s'exposent trop
longtemps à la critique.
Il a raison, si véritablement la décadence est un effet constant de
l'âge avancé. Il avait, du reste, une raison excellente de s'abstenir
de bonne heure du travail de sa profession, qu'il m'a dit tout
simplement lui avoir été antipathique toute sa vie, et qu'il n'avait
embrassée que sur la volonté expresse de ses parents auxquels il ne se
sentit pas le courage de résister.
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