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5 _décembre._--Dîné chez Mme de Lagrange avec Berryer; le soir,
charades; j'ai trouvé le temps long.
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7 _décembre._--Dîné chez Cerfbeer avec Vieillard, Lefèvre[137] et sa
femme, Marchand[138], Chabrier, etc. Bonne soirée. Beauchesne venu.
Poinsot a été très causeur; on a parlé du beau dans Corneille, etc.
Je suis très agité de ces affreux logements.
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11 _décembre._--Je viens d'examiner des lithographies de
Géricault[139]; je suis frappé de l'absence constante d'unité...
Absence dans la composition en général, absence dans chaque figure,
dans chaque cheval. Jamais ses chevaux ne sont modelés en masse. Chaque
détail s'ajoute aux autres et ne forme qu'un ensemble décousu. C'est le
contraire de ce que je remarque dans mon _Christ au tombeau_ du comte
de Geloës[140], qui est sous mes yeux. Les détails sont, en général,
médiocres, et échappent en quelque sorte à l'examen. En revanche,
l'ensemble inspire une émotion qui m'étonne moi-même. Vous restez
sans pouvoir vous détacher, et pas un détail ne s'élève pour se faire
admirer ou distraire l'attention. C'est la perfection de cet art-là,
dont l'objet est de faire un effet simultané. Si la peinture produisait
ses effets à la manière de la littérature, qui n'est qu'une suite de
tableaux successifs, le détail aurait quelque droit à se produire en
relief.
--Je relis ceci en décembre 1856. Cela me rappelle que Chenavard me
disait, il y a deux ans, à Dieppe, qu'il ne regardait pas Géricault
comme un maître, parce qu'il n'a pas l'_ensemble_; c'est son critérium
à lui pour la qualité de maître. Il la refuse même à Meissonier.
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