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19 _février._--Berryer m'écrit ce soir pour me demander si j'ai un
moyen de trouver une place pour jeudi prochain, jour de son élection.
Je lui réponds:
«Mon cher cousin, je m'empresse de vous dire que je n'espère qu'en vous
pour trouver place à une séance aussi intéressante pour moi. Je n'ai
quasiment bue des ennemis dans le palais Mazarin. Ils me veulent à la
porte de toutes les façons; recevez-moi au moins pour ce jour, qui
m'est cher à plus d'un titre. Votre mille fois affectionné et dévoué.»
En réponse à cette lettre, Berryer n'a pu m'envoyer qu'un billet dans
les amphithéâtres haut perchés de l'Institut. En arrivant à midi et
demi par la neige et le froid, j'ai trouvé que la queue remplissait
jusqu'à la porte de la rue, c'est-à-dire tous les escaliers et passages
qui conduisent audit amphithéâtre, lequel était plein, de sorte que ces
bonnes gens, parmi lesquelles il y en avait qui prétendaient que ce
côté était excellent, attendaient, ou l'évanouissement de quelque dame,
ou je ne sais quel prodige pour se glisser dans l'intérieur; et ils
étaient là deux cents!
Je boude un peu Berryer. En pareille situation, j'aurais voulu placer
mon cousin. Tous ses amis de Frohsdorf et autres étaient, j'en suis
sûr, bien installés, et avaient apporté leurs grandes oreilles pour
l'écouter... Je me trompe: ils étaient là pour dire qu'ils y avaient
été.
[13] _Eugène de Forget._
[14] _Alphonse Cerfbeer_ (1797-1859), auteur dramatique.
[15] Le _comte de Pontécoulant_ (1794-1882), officier et littérateur.
Il se battit sous les ordres de Napoléon pendant les Cent-jours et fut
blessé en 1830 dans la campagne de Belgique à la tête d'un corps de
volontaires parisiens qu'il avait organisé. De retour en France, M. de
Pontécoulant s'est occupé de littérature et surtout de musique.
[16] _Delangle_ était alors premier président de la cour de Paris.
[17] _Halévy_ avait été nommé secrétaire perpétuel de l'Académie des
beaux-arts le 29 juillet 1854.
[18] C'est la fameuse toile des _Deux Foscari_, que les admirateurs
du maître ont pu voir pour la dernière fois à l'exposition de ses
œuvres au palais des Beaux-Arts en 1885, car elle ne figurait pas à
l'Exposition universelle de 1889. Elle appartient actuellement au duc
d'Aumale et constitue l'un des plus précieux joyaux de sa galerie.
(Voir _Catalogue Robaut_, nos 1272 et 1273.)
[19] Voir _Catalogue Robaut_, n° 1278.
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