[436] Voir pages 329, 344, 352.
Paris, 8 octobre 1830.
... L'observation faite par le duc de Wellington sur l'inconvénient de
la résidence de Charles X au bord de la mer est parfaitement juste: il
est certain que ce sont des allées et venues continuelles qui ne
peuvent être bonnes à rien. Je suis bien aise que le duc soit enfin
arrivé à juger avec plus de justice notre grande et belle révolution,
et la conduite si noble et si loyale de mon bien-aimé frère. Tout va
bien ici et se fortifie, se consolide de jour en jour. Je ne trouve
rien de plus généreux et de plus touchant que la pétition des blessés
pour demander à la Chambre des députés l'abolition de la peine de mort
pour délits politiques: il y a des doutes si cette loi pourra passer
tout de suite; j'espère encore cependant qu'elle sera faite.--M. de
Montesquiou[437] est arrivé hier à quatre heures de Naples et de Rome,
apportant les reconnaissances et les lettres de créances du roi de
Naples au prince de Castelcicala[438] et celle du pape au nonce: je
suis charmée que cette dernière soit arrivée aussi vite; cela aplanira
tout à fait les embarras et les difficultés du clergé; du moins il ne
pourra plus y avoir de prétexte. Nous attendons aussi Athalin d'un
instant à l'autre. Sa dernière lettre était du 18 septembre: il était
enchanté de l'empereur qui a été des plus aimables pour lui[439]...
Les affaires de la Belgique nous ont bien tourmentés, mais,
heureusement, il me parait, d'après ce que l'on dit, que cela se
civilise un peu, et qu'heureusement, et ce que je vous souhaite de
tout mon cœur, la paix générale ne sera pas troublée.
[437] Le comte de Montesquiou avait été chargé de faire
reconnaître le nouveau gouvernement français par les cours de
Naples et de Rome.
[438] Ambassadeur du roi des Deux-Siciles à Paris. Il occupait
cette charge depuis 1814 et avait été précédemment ambassadeur à
Londres et en 1796 président de la junte d'État créée par le
ministre Acton.
[439] Le général baron Athalin, aide de camp du roi, avait été
envoyé en mission auprès de l'empereur de Russie pour lui notifier
l'avènement du roi Louis-Philippe.
Vous vous plaignez qu'on ne vous tient pas assez informé des nouvelles
de Belgique; quoique je ne veuille pas, et que sous aucun rapport, ma
correspondance avec vous puisse être une correspondance politique, je
vous dirai en confiance, par intérêt pour vous, et pour la chose que
nous voulons qui marche bien et faire réussir, qu'on se plaint aussi
ici que vos dépêches ne sont pas assez détaillées, et que vous ne
tenez pas assez au fait des nouvelles. Ceci est de vous à moi, et je
vous demande que cela y reste; je suis sûre que vous rendrez justice à
mon motif.
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