LE COMTE MOLÉ AU PRINCE DE TALLEYRAND[433].

[433] Voir page 342.

Paris, 4 octobre 1830.

Prince,

Vous me demandez des nouvelles par le télégraphe et moi je vous

demande ce qui se passe à Londres. Votre lettre du 1er octobre que je

reçois à l'instant me le laisse complètement ignorer. Le roi me charge

de vous dire qu'il a appris hier dans son cercle que l'Angleterre

avait fait une réponse négative à la demande de secours du roi des

Pays-Bas.

Après vos deux conférences avec le duc de Wellington et lord Aberdeen,

vous auriez droit de vous plaindre si le gouvernement anglais vous en

avait fait un mystère, et cependant, le roi ne peut croire qu'il vous

ait communiqué sa réponse puisque vous ne nous en avez rien dit.

Je ne sais pas davantage s'il vous a laissé ignorer ses dispositions à

l'égard du Portugal mais lord Stuart m'a fait, il y a trois jours, sur

ce sujet une communication importante dont je serais étonné que vous

n'ayez rien su à Londres.

Vous sentirez certainement, mon prince, la nécessité où je suis de

vous demander une tout autre nature de correspondance. La vôtre

jusqu'ici me tient dans une ignorance des dispositions du cabinet de

Londres et de vos communications avec lui qui deviendrait nuisible aux

affaires et aux intérêts dont vous et moi, nous sommes chargés.

Agréez les nouvelles assurances de ma haute considération et de mon

attachement.

Mémoires du prince de Talleyrand, Volume 3 · 第 110 / 145 题