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Londres, 2 octobre 1830.
Mademoiselle m'a ordonné de lui écrire, j'obéis.
Ma traversée a été mauvaise, mais deux heures après, je n'y pensais
plus.
Londres, au premier aspect, m'a paru beaucoup plus beau que je ne
l'avais laissé; il y a des quartiers absolument neufs. Mademoiselle ne
le reconnaîtrait pas. La population en est fort augmentée; il y a
aujourd'hui quinze cent mille âmes, si l'on peut désigner par âmes les
égoïstes qui l'habitent. J'y ai trouvé à mon grand étonnement le 24
septembre un assez beau soleil; les ministres en avaient profité pour
aller à la campagne; je voudrais bien que les nôtres et surtout le roi
pussent quelquefois en faire autant.
Charles X doit quitter le bord de la mer: il accepte la superbe maison
de lord Arundel, qui est à cinquante milles environ dans les terres:
le gouvernement anglais lui avait fait insinuer qu'en résidant si près
de la mer, il donnerait prétexte à beaucoup d'intrigants de s'établir,
par des passages souvent répétés, comme chargés de commissions qu'ils
n'auraient jamais reçues. C'est du duc de Wellington que je tiens ce
petit détail. Le gouvernement anglais est sur cette question très
loyal.
Charles X a écrit à Vienne pour demander à résider dans les États
héréditaires; on ne connaît pas encore la réponse qui lui a été faite.
Je crois aujourd'hui le duc très convaincu que le mouvement français
de la fin de juillet n'a été conduit par personne, que l'indignation a
été le lien général, qu'il n'y a pas eu une seule intrigue; que M. le
duc d'Orléans a été forcé d'accepter la lieutenance générale du
royaume, et plus tard la couronne; qu'en l'acceptant, il a rempli un
devoir, et qu'en remplissant ce devoir il a rendu un service essentiel
à toute l'Europe.
Le roi a ici beaucoup d'admirateurs et beaucoup de personnes qui
l'aiment; son éloge est dans toutes les bouches...
Le vœu de tous nos partisans à têtes politiques est que le ministère
reste et que la Chambre ne soit pas dissoute. Ce que je dis là, je
l'ai recueilli chez nos amis les plus chauds...
... On ne me tient pas assez informé des nouvelles de Belgique. Ce que
j'apprends à cet égard me vient toujours par le cabinet anglais.
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