Le roi a reçu votre dépêche numéro 27, mais Sa Majesté ayant en ce
moment un assez fort accès de goutte, diffère de vous répondre jusqu'à
ce qu'elle ait vu lord Castlereagh que nous attendons à tout moment.
Je n'ai pas voulu cependant laisser partir le courrier sans vous
donner des nouvelles du roi. L'attaque de goutte s'annonce d'une
manière très bénigne, et déjà depuis deux jours, Sa Majesté éprouve
quelque soulagement.
D'après ce que vous me mandez de l'état des négociations, il est
évident que vous ne touchez pas, à beaucoup près, au terme de vos
efforts. La ratification du roi de Saxe, malgré la soustraction de
trente mille âmes, ne tardera pas, j'espère, à résoudre cette grande
question. Celle de Naples présente bien d'autres difficultés qui
seraient toutefois encore plus à redouter sans l'inébranlable fermeté
à laquelle vous avez accoutumé le congrès, et sans le concours utile
que vous offrira lord Wellington, très disposé à vous seconder et à
combattre les préventions ou les scrupules de M. le prince de
Metternich. Le roi ne négligera rien pour faire porter en Angleterre,
par lord Castlereagh, les paroles les plus déterminantes sur un
intérêt aussi étroitement lié à celui de toutes les puissances qui ne
cherchent que l'affermissement de la paix. Quant à l'abolition de la
traite, s'il est nécessaire de faire une concession sur ce point,
tâchons au moins d'en trouver le prix par des engagements formels de
la part du cabinet de Saint-James, et assurons-nous qu'il concourra au
rétablissement de Ferdinand IV sur le trône de Naples. C'est à ce but
que doivent tendre désormais toutes les démarches susceptibles de
favoriser les intentions du roi, sur un objet qui devient pour ainsi
dire d'une importance exclusive.
Recevez, prince, l'assurance réitérée de mon sincère attachement et de
ma haute considération.