P. 148, l. 31: Roem.--_Mss. A 1 à 7_: Rouen. Fº 139.--_Mss. A 20 à 22_:

Rouan. Fº 202.

P. 148, l. 32: Vrenon.--_Mss. A 1 à 6, 8 à 22_: Vernon. Fº 139.--_Mss.

A 7, 23 à 33_: Gysors. Fº 133, _en marge_. Vernon _a été effacé dans le

texte du ms. A 7_.

P. 149, l. 2: Vrenuel.--_Mss. A 1 à 6, 8 à 14, 18 à 22_: Viennel. Fº

139.--_Mss. A 15 à 17_: Vernonnel. Fº 140 vº.--_Mss. A 7, 23 à 33_:

Vernon. Fº 133.

P. 149, l. 4: Mantes.--_Les mss. A 20 à 22 ajoutent_: à chevas. Fº 202.

P. 149, l. 5 et 6: Roleboise.--_Mss. A 11 à 14_: Roloboise. Fº

133 vº.--_Mss. A 20 à 22_: Roseboise. Fº 202.--_Mss. A 23 à 29_:

Roulleboise. Fº 159.

P. 149, l. 10: estaches.--_Mss. A 11 à 14, 18, 19, 30 à 33_: ataches.

Fº 133 vº.--_Mss. A 20 à 22_: estançons. Fº 202.

P. 149, l. 15: Boulongne.--_Mss. A 7, 20 à 33_: petite Bouloigne. Fº

133.

§ =264=. P. 150, l. 17: Ensi que.--_Ms. d’Amiens_: Ensi que li roys

englès chevauchoit et qu’il aloit, son host traynant, messires

Ghodeffroix de Harcourt, ses marescaux, qui chevauchoit d’un costet

et faisoit l’avangarde à tout cinq cens hommez d’armes et douze cens

archiers, encontra grant fuisson de bourgois d’Amiens à cheval et à

piet et en grant arroy et riche, qui s’en alloient au mandement dou

roy Phelippe, vers Paris. Si les courut sus messires Godeffroys et

se routte, et les assailli vighereusement; et chil se deffendirent

ossi assés vassaument, car il estoient grant fuison et de bonne gent

et friche et bien armet. Là eut grosse bataille et dure et qui dura

longement, et mainte belle rescousse, car chacuns se prendoit priès de

bien faire le besoingne. Finablement, li bourgois d’Amiens furent là

desconfit, tout mort et tout pris; peu en escappa. Et perdirent tuit

leur charoy, leur arroy et leurs pourveanches qui estoient grandez et

grossez; et en y eut bien mors sus le place douze cens. Et retourna

li dis messires Godeffroys deviers le roy englès sur le soir, et li

recorda sen aventure: dont li roys fu moult liés, quant il vit que

li besoingne estoit pour lui. Si cevauça li roys avant et entra ens

ou Biauvesis, ardant et essillant le plat pays, ensi comme il avoit

fait en Normendie. Et chevaucha tant en telle manière que il s’en

vint logier en une moult belle et riche abbeie que on claimme Saint

Missiien et siet assés priès de Biauvais. Si y jut là li roys une nuit.

L’endemain, si tost qu’il s’en fu partis, il ne s’en dounna de garde,

si vit le feu dedens et toutte ardoir, dont il fu moult courouchiés,

car il l’avoit asseuret et coummandet à ses marescaux que on n’y fesist

nul mal; et ceux qui le feu y boutèrent, il lez fist pendre, affin que

li aultre gardaissent une autre foix mieux son commandement. Fº 91.

--_Ms. de Rome_: Or cevauchièrent les Englois et entrèrent ou pais de

Vexsin. Et ardirent chil de l’avant garde les fourbours de Pontoise et

de Biaumont sus Oise et Cormelles en Vexsin et Sas en Vexsin et tout le

pais sans nul deport, et prissent le cemin de Ghissors et de Gournai.

Et ardirent les Englois Gamaces et tous les fourbours de Ghisors et

de Gournai et tout le pais de Vexsin, et entrèrent en Biauvoisin. Et

trouvèrent chil de l’avant garde les bourgois d’Amiens assés priès

de Saint Just en Biauvesins, que li rois de France avoit mandés, et

aloient passer Oize la rivière au pont à Crai. Il furent courut sus de

ceuls de la bataille des marescaus et se deffendirent, car il estoient

bien quatre mille. Et les conduisoient li viscontes de Qesnes, li sires

de Biausaut, li sires de Sautcourt et mesires Pières de Mellincourt,

et furent en bon couvenant et se conbatirent assés vaillanment; mais

finablement, il furent desconfi, et en i ot biaucop de mors et de pris.

Li demorans tournèrent en fuites, et se boutèrent en la Herielle et ens

ès villes voisines fremées de là priès. Li quatre chevalier demorèrent

prisonnier, et plus de deus cens autres honmes, qui tout paiièrent

depuis raençon. Ce soir retournèrent chil de l’avant garde deviers le

roi d’Engleterre, là où il estoit logiés. A l’endemain, toute li hoos

passa assés priés de Biauvais, et furent li fourbours ars, et une moult

rice abbeie, qui est asisse assés priès de Biauvais, que on nonme Saint

Lusiien. Fº 115.

P. 150, l. 21 et 22: douze cens.--_Mss. A 23 à 29_: quatorze cens. Fº

160.--_Mss. A 30 à 33_: treize cens. Fº 184 vº.

P. 150, l. 25: viers Paris.--_Ms. B 6_: et estoient bien trois mille.

Fº 308.

P. 151, l. 11: douze cens.--_Ms B 6_: quinze cens. Fº 308.

P. 151, l. 20: Saint Lusiien.--_Mss. A 1 à 33_: Saint Messien. Fº 140.

P. 151, l. 27: Car li rois.--_Ms. B 6_: car à la prière des moines et

qui avoient fait present de bons vins, il leur avoit acordé, et fist

pendre vingt de ceulx qui le feu y avoient bouté. Et donna encores

as moines vingt des plus riches prisonniers qu’il euist de la cité

de Bieauvais en restituant leur damaige: de quoy ces vingt paièrent

l’un pour l’autre chacun vingt escus à ceulx de Saint Mesien pour la

refescion de leur abbeie; et ne les vot onques le roy quitter de leur

foy aultrement jusques à tant qu’il eurent paiet. Fº 309.

§ =265=. P. 152, l. 3: Apriès chou.--_Ms. d’Amiens_: Quant li roys se

fu partis de Saint Messiien, il s’en passa oultre par dallés le chité

de Biauvais et n’y vot point arester pour assaillir, ne à assegier,

car il ne volloit mies travillier ses gens, ni perdre sen artillerie,

et s’en vint logier ce jour en une ville que on claimme Milli en

Biauvesis. Li doy marescal de son ost passèrent si priès des fourbours

de Biauvais qu’il ne se peurent tenir que il n’alaissent assaillir

et escarmuchier à chiaux des barrièrez, et partirent leurs gens en

trois bataillez et assaillirent à trois portez. Et y eut mout grant

assault, mès peu y gaegnièrent, car à la dite chité ne peurent il riens

fourfaire; mais il ardirent tous les fourbours de Biauvais jusques as

portez, et deux bonnes abbeies qui seoient hors des murs de le cité,

et à leur departement, pluisseurs villages entours le chité. Et se

deseverèrent li doy marescal li ungs de l’autre. Si en allèrent li ungs

chà, li autres là, ardant, robant et essillant le pays de tous costéz;

et allèrent tant en telle mannierre qu’il vinrent au soir logier à

Milli dallés le roy leur seigneur.

L’endemain, li roys se parti de Milli et s’en alla parmy le pays,

gastant et essillant à son pooir, et vint logier à une bonne grosse

ville que on claimme Grantviller. L’endemain, il s’en parti et passa

par devant Argies; et ne trouvèrent nullui qui gardast le castiel. Si

l’ardirent et tout le pays d’environ jusquez à le ville de Pois, là

où il trouvèrent bonne ville et deux castiaux, mès nuls des seigneurs

n’y estoit, ne nullez gardez n’y avoit, fors deux belles damoiselles,

filles au seigneur de Pois, qui tantost ewissent estet viollées, se

n’ewissent esté doy chevalier d’Engleterre qui les deffendirent et les

menèrent au roy pour ellez garder: che furent messires Jehans Camdos

et li sires de Basset. Liquelx roys, pour honneur et gentillèche, leur

fist grant feste et les envoya conduire à sauveté là où ellez veurent

aller. Et se loga li roys le nuit en le ditte ville et ou plus bel

castel de Pois, et toutte son ost ens ès vilettes d’entour. Celle nuit

parlementèrent les bonnez gens de Pois as marescaux de l’ost que li

ville deut y estre rachatée parmy une somme de florins à paiier au

matin. Quant ce vint au matin, li roys se desloga et se mist au chemin

à tout son host, excepté aucuns qui demorèrent pour recepvoir le racat.

Quant chil de le ville furent assamblet et il virent que li hos

s’estoit partis et que cil qui demouret estoient, n’estoient que ung

petit de gens, il n’eurent talent de paiier, ainschois les coururent

seure pour ocire. Chil Englès se missent à deffensce et envoiièrent

apriès l’ost querre secours. Li messages s’en alla quanqu’il pot,

criant: «Trahi! trahi!» Quant chil de l’ost l’entendirent, il

retournèrent qui mieux mieux, tant qu’il vinrent à Pois, et tuèrent

chiaux qu’il trouvèrent, qui lasqueté et fraude leur avoient fait; et

ardirent le ville et le castiel si netement qu’il n’y demora maison.

Puis s’en alla li hos, et ne cessa si vint à Airainnes. Là endroit fist

criier li roys sur le hart que nulx ne fourfesist à le ville, car il y

volloit reposer ung jour ou deux. Che fist il pour tant qu’il volloit

querre avis par quel pas il polroit le rivierre de Somme passer plus

aise. Fº 91.

--_Ms. de Rome_: Et s’en vinrent logier ce jour à Grantvillers, et

passèrent la rivière de Tierain, et puis vinrent à Dargies, ardant et

essillant tout le pais. Si ne trouvèrent chil de l’avant garde nului

qui deffendissent ne gardaissent le chastiel de Dargies. Si le prissent

à petit de fait et le desemparèrent, et le ardirent ce que ardoir en

porent; et puis passèrent oultre, ardant et exillant le pais à tous

lés. Et vinrent ensi jusques à Pois, là où il trouvèrent bonne ville et

deus chastiaus, mais nuls des signeurs n’i estoient, ne nulles gardes

n’i avoit, fors deus belles jones damoiselles, filles au signeur de

Pois, Jehane et Marie, qui tantos euissent esté violées, se ne fuissent

doi gentil cevalier d’Engleterre, asquels la congnisance vint de la

prise, mesire Jehan Candos et mesire Renault de Basset, qui tantos

les delivrèrent, pour la cause de gentilèce, des mains d’archiers qui

les avoient, et les amenèrent au roi: liquels rois en ot pité, et lor

demanda où elles vodroient estre, et elles respondirent: «A Corbie.»

Là les fist li rois mener et conduire sans peril. Et se loga li rois

celle nuit en la ditte ville de Pois et toutes ses gens, là ou environ,

au mieuls qu’il peurent. Et orent celle nuit parlement li honme de

Pois et ceuls des deus chastiaus, à mesire Godefroi de Harcourt et au

conte de Warvich qui gouvrenoient l’avantgarde, pour euls sauver de non

estre ars à l’endemain, car il doubtoient ce grandement au deslogement

dou roi. Et se porta trettiés que, parmi une sonme de florins que il

paieroient à l’endemain et trop bon marchiet, il seroient respité.

A l’endemain, li rois et toute li hoos se deslogièrent et se missent

au cemin; et demorèrent derrière auquns hommes d’armes et archiers,

pour recevoir cel argent. Mais qant li hoos fu eslongie environ une

lieue, ces honmes de Pois ne vorent point paier, ne nulle paction

tenir; mais coururent sus ceuls qui demoret estoient, et en ocirent et

mehagnièrent auquns. Les nouvelles vinrent à ceuls de l’arieregarde,

qui cevauçoient tout derrière, conment li bonhonme de Pois estoient

faussaire. On le segnefia au roi, pour sçavoir quel cose il en voloit

faire. Li rois fist arester toute l’oost et là logier pour ce jour,

et envoia ses marescaux de rechief à Pois. Qant les Englois furent

retourné jusques à là, il trouvèrent ces bonhonmes qui estoient

rebelles, qui tantos furent en voies, qant il veirent ces Englois

venus; mais il en i ot des atrapés biaucop, qui furent mors et

mehagniet. Et fu la ville de Pois toute arse, et li doi chastiel ars

et abatu; et puis retournèrent li marescal, là où li rois d’Engleterre

estoit logiés.

Qant ce vint à l’endemain, li rois et toute li hoos se deslogièrent et

cevauchièrent viers Arainnes, ardant et essillant le pais à destre et à

senestre. Et vinrent à Arainnes environ tierce, et là s’arestèrent, car

il ne savoient là, ne où, ne qant, il passeroient la rivière de Sonme.

Fº 115.

P. 152, l. 26: Grantviller.--_Mss. A 1 à 6, 11 à 29_: Grantvillier. Fº

140.

P. 152, l. 28: Argies.--_Mss. A 1 à 6, 11 à 14, 18, 19_: Orgies. Fº

140.--_Le ms. B 6 ajoute_: qui estoit au conte de Blois. Fº 309.

P. 153, l. 19: se rançonnèrent.--_Ms. B 6_: à paier douse cens florins

dedens trois jours. Fº 310.

§ =266=. P. 154, l. 21: Or voel je.--_Ms. d’Amiens_: Or voeil retourner

au roy Phelippe de France, qui estoit à Saint Denis ou là environ, et

tousjours li venoient et croissoient gens de tous costéz, et tant en

avoit que sans nombre. Si estoit li dis roys partis de Saint Denis o

grant baronnie en instance de che que de trouver le roi englès et de

combattre à lui, car de ce avoit il grant desir, pour contrevengier

l’arssin de son royaumme et le destruction que li Englès y avoient

fait. Et chevauça tant li roys de France par ses journées qu’il vint

à Coppegni le Quisiet, à troix lieuwes priès d’Amiens, et là s’aresta

pour atendre ses gens qui venoient de touttez pars, et pour aprendre le

couvenant des Englès.

Or dirons dou roy Edouwart qui estoit à Arainnes arestéz, si comme

vous avés oy, et avoit mout bien entendu que li roys de Franche le

sieuwoit o tout son effort; et si ne savoit encorrez là où il poroit

passer le rivierre de Somme, qui est grande, large et parfonde; et

si estoient tout li pont deffait ou si bien gardet de bonnes gens

d’armes que le rivierre ne porroit passer. Si appella li roys ses deux

marescaux, le comte de Warvich et monseigneur Godeffroit de Halcourt,

et leur dist que il presissent mille hommez d’armes et deux mille

archiers tous bien montés, et s’en alaissent tastant et regardant

seloncq le rivière de Somme, se il poroient trouver passaige là où

il poroit passer et toutte sen host. Si se partirent li doy marescal

dessus noummet, bien acompaigniet de gens d’armes et d’archiers, et

passèrent parmy Loingpret et vinrent au Pont à Remy, et le trouvèrent

bien garny de grant fuisson de chevaliers et d’escuiers et des gens dou

pays, qui là estoient assamblet pour le pont et le passaige deffendre

et garder. Si vinrent là li Englès, et se missent à piet et en bon

couvenant pour lez Franchois assaillir. Et y eut très grant assault

et très fort, et qui dura dou matin jusques à primme, mès li pons

et la deffensce estoient si bien batillie et deffendue, que oncques

li Englès n’i peurent riens concquerre; ainschois s’en partirent et

chevauchièrent d’autre part. Et vinrent à une grosse ville que on

claimme Fontainne sur Somme; si l’ardirent toutte et robèrent, car

elle n’estoit point fremmée. Et puis vinrent à une autre ville que

on claimme Loncq en Pontieu sur Somme; si ne peurent gaegnier le

pont, car il estoit bien garnis et fu bien deffendus. Apriès, il s’en

chevauchièrent deviers une autre grosse ville que on claimme Loncqpret

sur Somme. Et y a bonnes chanonneries et riche ville et moult de biaux

hostelx, qui tout furent ars et robés, et n’y demoura maison en estant;

mès li pons estoit deffais, et ne peurent veoir mannierre ne tour

coumment il fuist refèz. Si chevaucièrent encorres deviers Pikegny,

et trouvèrent le ville et le castiel et le pont bien garny, par quoy

jammais ne l’ewissent gaegniet ne pris. Enssi avoit li roy Phelippes

fait pourveir les destroix et les passaiges sus le rivierre de Somme,

affin que li roys englès ne son host ne pewissent passer, car il les

volloit combattre à se vollenté ou afammer par delà le Somme. Fº 91 vº.

--_Ms. de Rome_: Bien lor avoit dit messires Godefrois de Harcourt que

desous Abbeville devoit avoir un passage, mais que on seuist ou peuist

prendre la mer à point. On li demanda quels li pasages estoit, et se

point il l’avoit passet. Il respondi: «Onques ne le passai. Je ne le

sçai fors par oïr dire. Et toutes fois, entre Amiens et Abbeville, il

i a pluisseurs passages sus la rivière de Sonme. On deveroit envoiier

taster se li pont sont deffait ou bien gardé.»

Li rois i envoia; et en furent esleu et ordonné pour aler, li contes

de Warvich et messires Godefrois de Harcourt, à tout mille honmes

d’armes et deus mille archiers, tous bien montés. Si se departirent de

Arraines et cevauchièrent parmi Lonchpret, et vinrent au Pont à Remi,

et le trouvèrent bien garni et pourveu de grant fuisson de chevaliers

et d’esquiers et des honmes dou pais qui là estoient assamblé. Et en

estoient chapitainne li sires de Doumarc, li sires de Havesqerqe,

li sires de Brimeu, li sires de Boubert et li sires de Saintpi, et

avoient mallement fortefiiet le pont, et euls aussi. Qant les Englois

veirent ce, il passèrent oultre et vinrent à Fontainnes sus Somme, une

grose ville, et l’ardirent toute, car elle n’estoit point fremée. Et

puis vinrent à Lonch en Pontieu, et trouvèrent le pont bien garni et

pourveu de gens d’armes et d’archiers; et estoit cose imposible de euls

conquerre et là passer. Fₒₛ 115 vº et 116.

P. 154, l. 23: de tous lés.--_Ms. B 6_: tant de l’Empire que des

parties de Franche; et sy atendoit le conte de Savoie et mesire Lois de

Savoie son frère qui estoit priès et mandés à mille lanches. Fº 311.

P. 155, l. 3: Copegni l’Esquissiet.--_Mss. A 1 à 6_: Compegny

l’Esquissié. Fº 241.--_Mss. A 15 à 17_: Copigny l’Esquiessié. Fº

142.--_Mss. A 20 à 22_: Copegni l’Escuissé. Fº 204.--_Mss. A 23 à

29_: Coppigny l’Esquisié. Fº 161.--_Mss. A 7 à 14, 18, 19, 30 à 33_:

Coppegni l’Esquissié. Fº 134 vº.--_Ms. B 6_: Coppegny. Fº 311.

P. 155, l. 23: Pont _à_ Remi.--_Ms. A 7_: Pont Atemi. Fº 135.--_Mss. A

30 à 33_: Pont Athemy. Fº 186 vº.

P. 156, l. 3: sus Somme.--_Ms. A 7_: sus Sainne. Fº 135.

P. 156, l. 5: Lonch.--_Mss. A 20 à 22_: Loing. Fº 204 vº.--_Mss. A. 30

à 33_: Long. Fº 186 vº.

§ =267=. P. 156, l. 16: Quant li doi.--_Ms. d’Amiens_: Quant li

marescal d’Engleterre eurent enssi un jour enthier tastet et

chevauchiet et costiiet le rivierre de Somme, et il virent que de nul

léz il ne trouveroient point de passage, si retournèrent arrière à

Arainnes deviers le roy leur seigneur, et li recordèrent leur cevaucie

et tout ce que trouvet avoient.

Che meysme soir, vint li roys de Franche jesir à Amiens à plus de cent

mil hommes, et estoit tous li pays d’environ tous couviers de gens

d’armes.

Quant li roys englès eut entendu ses deux marescaux, si n’en fu mies

plus liés et coummencha moult à muser; et coummanda que, l’endemain au

matin, il fuissent tout appareilliet, car il se volloit deslogier de

là. Si se passèrent le nuit enssi, et l’endemain bien matin, li roys

englès oy messe; puis sonnèrent les trompettes, et montèrent tout à

cheval. Et chevaucha li roys parmy le Vismeu, à tout son host, droit

par deviers Oizemont et le bonne ville de Abbeville en Pontieu, et si

coureur devant, et de tous costés ardans et essillans le pays, si comme

il avoit coummenchiet.

Che meysme jour coummanda li roys de Franche à monseigneur Godemar

dou Fay, que il partesist d’Ammiens et presist grant fuisson de gens

d’armes, et s’en allast à le Blancque Take desoubz Abbeville et gardast

là le passaige contre lez Englès, par quoi il ne pewissent passer.

Adonc se departi messires Ghodemar dou Fay et prist bien deux mil

hommez d’armes et cinq mil de piet parmy les Geneuois, et s’en vint là

où il estoit ordounnés et establis pour aller. Fº 92.

--_Ms. de Rome_: Qant il (les Anglais) veirent que tout li pasage

estoient si bien pourveu et deffendu, il retournèrent viers le roi et

toute l’oost, qui les atendoient à Arrainnes, et li recordèrent ce que

il avoient trouvé.

Bien avoient entendu li roy d’Engleterre et ses consauls, que li rois

Phelippes, à toute sa poissance, le poursievoit moult fort et estoit

jà venus à Amiens, et que sur ce il euissent avis et consel. Si fu li

dis rois d’Engleterre consilliés de departir d’Arraines et de aprocier

Abbeville et le pasage de la Blance Taqe, où il esperoient à passer,

car trop mieuls lor valoit que il atendesissent apriès le passage, que

li passages atendesist apriès euls. Si se departirent au matin de la

ville d’Arraines et chevauchièrent viers Abeville, ardans et essillans

le pais. Et coururent chil de l’avantgarde jusques à Aumale, et fu

la ville arse; et puis s’en retournèrent viers Oizemont, où li rois

d’Engleterre et les Englois, pour ce jour, avoient pris lor logeis.

Et trouvèrent sus lor cemin une grose ville non fremée qui s’apelle

Sénartpont et se gouverne toute de la draperie: si fu de l’avant garde

toute courue et arse; et puis passèrent oultre et vinrent à Oizemont.

Là trouvèrent il le roi et toute l’oost; si se logièrent pour ce jour.

Fº 116.

P. 156, l. 27 et 28: à muser et à merancolier.--_Mss. A 1 à 6, 8 à 14,

18, 19_: à avisier et soy merencolier. Fº 141 vº.

P. 158, l. 1: le Blanke Take.--_Mss. A 1 à 6, 8 à 14, 18 à 22_: Blanche

Tache. Fº 141 vº.--_Mss. A 7, 15 à 17, 23 à 33_: la Blanche Take _ou_

Tacque _ou_ Taque. Fº 135 vº.--_Ms. B 6_: entre Saint Vallery et le

Crotoy desoubz Abeville. Fº 313.

P. 158, l. 15: combatans à tournikiaus.--_Mss. A 1 à 6, 8 à 10_:

tourniquiens, turniquiens. Fº 142.--_Mss. A 15 à 17, 20 à 22_:

Tournoisiens, Tournisiens. Fº 142 vº.

§ =268=. P. 158, l. 16: Apriès ceste ordonance.--_Ms. d’Amiens_:

Encorrez coummanda li roys de Franche que tout seigneur et aultre

fuissent prest, car il volloit chevaucier deviers Arainnes, là où on

disoit que li roys englès estoit. Et se parti d’Ammiens et passa le

Somme parmy les pons, et chevaucha vers Arainnes et y vint à heure

de nonne. Et li rois englès s’en estoit partis au matin; et encorres

trouvèrent li dit Franchois assés des pourveanches as Englès. Si se

loga li roys de Franche à Arainnes à l’heure qu’il y vint et le soir

ossi, et l’endemain tout le jour, pour attendre ses gens et son grant

host qui le sieuwoient.

Li roys englès, qui chevauchoit parmy le Vismeu, ardant et essillant

le pays, fist tant que il parvint à Maroel. Et ardirent ses gens le

ville, et assaillirent le castiel, et le concquissent d’assault et le

abatirent et rompirent, et ossi une abbeie qu’il trouvèrent bien garnie

en le ville de Maroel. Et puis chevaucièrent devers Oisemont, ardant et

essillant le pays, tant que les flameskes en volloient en Abbeville.

Tant allèrent li Englès en celle mannierre qu’il aprochièrent le ville

de Oisemont, là où tout le pays de Vismeu estoit assambléz. Quant

ces gens, qui estoient en Oisemont, virent aprochier cez Englès, il

se traissent hors as camps, et se quidièrent bien deffendre encontre

yaux; si les coururent seure asprement et vistement. Et avoient pour

cappittainne un bon chevalier banereth, le seigneur de Bouberk, hardi

homme durement. Là y eut grant hustin et dur. Et eurent li Englès une

mout fort rencontre, et en y eult pluisseurs navrés et blechiés. Et

trop bien s’i portèrent li Franchois; mais finablement il furent si

dur combatut, et tant y sourvint de nouvelle gent sus yaux, que il

perdirent le place, et les couvint partir et rentrer en le ville à

grant meschief. Et y fu li sires de Bouberk très bons chevaliers, bien

assallans et bien deffendans, et fu pris et prisonniers à monseigneur

Jehan Camdos. Et ossi y furent pris li sirez de Brimeu, li sirez de

Sains, li sirez de Louville, li sirez de Saint Pi et pluisseur autre

chevalier et escuier. Et entra li roys en le ville de Oizimont et se

loga ou grant hospital, et touttes ses gens en le ville ou environ,

sus une petite rivierre. Et che meysme jour que li ville de Oisimont

fu prise, courut messires Ghodeffroy de Harcourt, à tout une cantitet

de gens d’armes et d’archiers, jusques à Saint Wallery. Et là eut une

grant escarmuche et grant hustin, car li ville et li castiel estoient

bien pourveus de bonnes gens d’armez, dont li comtez de Saint Pol

et messires Jehans de Lini estoient chief. Et n’i peurent li Englès

[riens] concquerre; si retournèrent arrierre deviers le roy englès, et

le trouvèrent à Oizimont. Liquelx roys estoit moult penssieux coumment

il poroit passer le rivierre de Somme, car bien savoit que li roys de

Franche le sieuwoit à tout très grant effort. Si en fist li roys englès

parler à aucuns chevaliers franchois qu’il tenoit pour prisonniers.

Et leur faisoit proumettre grant courtoisie, mès que il li volsissent

enssignier un passaige pour passer le Somme, liquelx devoit y estre ens

ou pays entre Vismeu et Pontieu; mais li chevalier, pour leur honneur,

s’escusoient et disoient que nul n’en y savoient.

Quant li roys englès, qui estoit logiés ou grant hospital de Oizimont,

vit che qu’il ne porroit atraire aucuns chevaliers franchois dou pays

de Pontieu et d’ailleurs qu’il tenoit pour prisonniers, affin que il

li vosissent ensseignier passage pour passer et toutte sen host le

rivierre de Somme, et tout s’escuzoient pour leur honneur, si eut

li roys englès autre advis et conseil, que il fist venir devant lui

gens de menre estat et de le droite nation dou pays de Vismeu, que il

tenoit pour prisonniers, si leur dist enssi: «Se il a chi homme nul

qui me voeil enssegnier le passage, pour passer le rivierre de Somme,

et toutte mon host, je le quitteray de se prison et avecq lui cinq ou

six de ses compaignons pour l’amour de lui, et li donray cent noblez

d’Engleterre.»

Chroniques de J. Froissart, tome 03/13 · 第 39 / 45 段