P. 45, l. 8: Taride.--_Mss. A 1 à 6_: Lestarde. Fº 111 vº.--_Mss. A 11

à 14, 18, 19_: Tarde. Fº 106 vº.

P. 45, l. 9: Chastielbon.--_Mss. A 1 à 7, 11 à 14, 18 à 33_:

Chastillon. Fº 111 vº.

P. 45, l. 10: Lescun.--_Mss. A 1 à 33_: Lescut. Fº 111 vº.--_Les mss. A

15 à 17 ajoutent_: le seigneur de Tannay Boutonne. Fº 113.

P. 45, l. 16 et 17: Garone.--_Mss. A 1 à 6_: Gironde. Fº 111 vº.

§ =207=. P. 45, l. 26: Quant li contes.--_Ms. d’Amiens_: Et quant

li comtes Derbi eut sejourné en le cité de Bourdiaux environ sept

jours, il s’en parti et entendi que li comtez de Laille se tenoit

en Bregerach; si fist tuit son charoy et son host arouter et traire

de celle part. Et vinrent celle première nuit gesir à ung castiel

qui se tenoit pour yaux, que on claimme Monkuk, à une lieuwe de

Bregerach; et s’y tinrent che soir tuit aise, car il avoient bien de

quoy. L’endemain bien matin, allèrent leur foureur sus le castelerie

de Bregerach, et trouvèrent assés à fourer et revinrent à leur host

qui encorres se tenoit à Monkuk, car li seigneur y volloient disner

pour savoir coumment il se maintenroient, et y disnèrent assés matin.

Endementroes que on seoit à table, messires Gautiers de Mauni regarda

deviers le comte Derbi et dist: «Monseigneur, se nous estions bien

appert et droite gens d’armes, nous buverions à ce soupper des vins de

ces seigneurs de Franche qui se tiennent en garnison en Bregerach.» Et

quant li comtez Derbi eut oy enssi parler le dit monseigneur Gautier,

il leva le chief et respondi: «Jà pour moy ne demoura que nous n’en

buvions.» Li compaignon qui oïrent le comte ensi parler, missent leurs

testez ensamble et dissent lis uns as autrez: «Allons nous armer, nous

chevaucherons tantost deviers Bregerach.»

Il n’y eut plus dit ne plus fait: tout furent armet, et li chevaux

enssiellet en bien briefve espasse. Et quant li comtes Derbi les vit

de celle vollenté, si en fu tous joyans et dist: «Or chevauchons, ou

nom de Dieu et de saint Jorge, deviers Bregerach.» Dont s’aroutèrent

touttez mannières de gens, et chevauchièrent, bannierres desploiiées,

deviers le cité, en le plus grant calleur dou jour, et fissent tant que

il vinrent devant les bailles des faubours qui n’estoient mies legier

à prendre, car une partie de la rivierre de Geronde les environne. Et

si y avoit d’autre part bonnes gens d’armes, qui estoient bien tailliéz

dou garder et dou deffendre. Fº 81.

--_Ms. de Rome_: Quant li contes Derbi ot sejourné en la chité de

Bourdiaus environ quinze jours, il li prist volenté de cevauchier.

Si le fist segnefiier par ses hiraus à tout honme, et que casquns

fust prês: il le furent et se departirent un jour de Bourdiaus en

grant arroi, et fist marescal de son hoost mesire Gautier de Mauni.

Et prissent le cemin de Bregerach, et n’i a que quatre lieues de

Bourdiaus, et vinrent à un chastiel seans à une lieue priès, lequel

on nonme Montquq. Et se tenoit pour euls et en estoit chapitainne et

gardiiens, uns chevaliers de Gascongne qui se nonmoit mesires Rainmons

de Copane, qui rechut les Englois liement et lor amenistra tout ce

que il lor besongnoit. Si se reposèrent là les Englois une nuit. Et à

lendemain li contes Derbi envoia courir par mesire Gautier de Mauni et

mesire Franqe de Halle, à tout deus cens lances et trois cens archiers,

devant Bregerach et lever la proie. Et reboutèrent toutes gens dedens;

ne nuls de ceuls qui dedens estoient, ne s’osèrent bougier ne issir,

pour resqourre la proie. Qant mesires Gautiers de Mauni et li Englois

orent fait lor emprise, il retournèrent à Montquq, et se traissent

les chapitainnes deviers le conte Derbi. Là dist mesires Gautiers de

Mauni une chevalereuse parole: «Se nous estions bien preu, et se nous

faisions nostre devoir, ensi que gens d’armes doient faire, qant il

sont venu en un pais pour guerriier, nous souperions encore à nuit en

Bregerach dou vin de ces François.» Li contes Derbi rechut ceste parole

en grant joie et dist: «En moi ne demorra pas que nous n’en faisoions,

Gautier, Gautier, nostre acquit.» Adonc fist li contes sonner les

tronpettes et aparillier tout honme, armer et monter à cheval. Et

issirent de Montquq gens d’armes et archiers, et ceminèrent viers

Bregerach, et tantos i furent. Si s’arestèrent devant la ville, qui est

forte assés et doit estre par raison, car la rivière de la Dourdonne,

qui vient là d’amont de Roergue, de Qersi et des frontières d’Agen et

de Limosin, rentre là en la Geronde. Fº 96 vº.

P. 46, l. 4: ordonna ses besongnes.--_Ms. B 6_: Et y vint le sire de

Monferant, le sire de Chaumont, messire Alixsandre son frère, le sire

de Courton, le sire de Chastre, le sire de Condon... Quant il furent

tous assamblet et qu’il se trouva le dit conte Derby acompaigniés de

douze cens hommes d’armes, quatre mille archiés et trois mille brigans

à lanches et à pavais, sy se party de Bourdieaulx. Fº 243.

P. 46, l. 7: trois liewes.--_Mss. A 20 à 22_: quatre lieues. Fº 164 vº.

P. 46, l. 9: Montkuk.--_Mss. A 8, 15 à 17, 20 à 22_: Moncuq, Moncucq.

Fº 102.--_Mss. A 11 à 14_: Monbruq. Fº 106 vº.--_Ms. A 24_: Monkoulier.

P. 46, l. 9: à une petite liewe.--_Mss. A 23 à 29_: à huit petites

lieues. Fº 130.

§ =208=. P. 47, l. 7: Ces gens d’armes.--_Ms. d’Amiens_: Si tost

que li Englès furent venus devant Bregerach, il coummenchièrent à

assaillir, et li archier à traire si espessement et si ouniement que

nulx ne s’osoit amoustrer pour deffendre, et gens d’armes apriès yaux à

aprochier. Là eut grant assaut et merveilleusement fort, car li Englès,

qui estoient fresch et nouvellement venus ou pays, se prendoient priès

de bien faire le besoingne, affin que il en ewissent le grace de leur

cappittainne. D’autre part, li Gascon franchois qui là estoient,

se deffendirent vassaumment et bien. Et dura chilz assaux, toudis

lanchant, traiant et assailant, jusquez à basses vesprez. Finablement

il fu si continués et si bien poursuivis des Englès, que par force

il gaegnièrent ces faubours où toutte ceste bonne gent d’armes se

tenoient, et les couvint de force retraire et rentrer ou corps de le

ville. Et sachiés que ou rentrer il y eut une moult villainne et dure

escarmuche, et moult de gentilz hommes en grant peril. Et par especial

il y fu mors ungs grans barons de Gascoingne et de Pieregort, que on

appelloit monseigneur Huge de Mirepois, et ne peut oncquez venir à

ranchon, car messires Gautiers de Mauni l’avoit ainssi ordonné: le

cause pourquoy, je le vous recorderai quant nous venrons au conquèz de

le Riolle.

Au rentrer dedens le ville de Bregerach, eult mout grant encauch et

moult dur, et pluisseurs hommes mors et blechiés. Touttesfois, quant

il furent ensi que tout retret et li gentil homme remis en le ville,

il cloirent leur portez et refremèrent les baillez. Et li Englèz se

tinrent ens ès faubours, qui bien se saisirent de ce qu’il trouvèrent,

et passèrent celle nuit en grant reviel. Fº 81.

--_Ms. de Rome_: Li gentilhonme, qui pour lors estoient en Bregerach,

orent consel de widier lor ville et de euls rengier et ordonner devant

les barrières et escarmuchier et asaiier la poissance des Englois. Et

avoient fait carpenter une bastide où il pooient bien cinq cens honmes,

et jà i estoient il entré pour deffendre le cemin, et quidoient faire

mervelles. Mais sitos que les Englois furent venus, chil de Bregerach

ne tinrent nuls conrois; car les Englois vinrent, lances abaisies, et

conmencièrent à asallir ces François et ces Bidaus qui là estoient, et

archier à traire d’autre part. Tantos la bastide fu delivrée, et maint

honme mort et blechiet et reversé par terre. Fº 96 vº.

P. 48, l. 12: Lille.--_Mss. A 7, 18, 19, 23 à 33_: Laille. Fº

107.--_Mss. A 20 à 22_: Laigle. Fº 165 vº.

P. 48, l. 13: contes.--_Mss. A 1 à 6, 8, 15 à 19_: viconte. Fº 112.

P. 48, l. 23: Taride.--_Mss. A 1 à 6, 20 à 22_: Tarde. Fº 112.--_Mss. A

15 à 17_: de la Taride. Fº 114.--_Mss. A 11 à 14_: de la Barde. Fº 107.

P. 48, l. 27: Richars.--_Mss. A 20 à 22_: Guichart. Fº 165 vº.

P. 49, l. 5: Boskentin.--_Mss. A 1 à 6_: Bosquetin. Fº 112.

P. 49, l. 5: Chastielneuf.--_Mss. A 1 à 6_: Neufchastel. Fº 112.

P. 49, l. 6: Chastielbon.--_Mss. A 1 à 7, 11 à 14, 18 à 33_:

Chastillon. Fº 112.

P. 49, l. 6: Lescun.--_Mss. A 1 à 6, 18, 19_: Lescoit. Fº 112.

P. 49, l. 8: restel.--_Mss. A 1 à 7, 18, 19, 30 à 33_: rastel,

rastiel. Fº 112.--_Mss. A 8 à 17, 23 à 29_: ratel. Fº 103.--_Mss. A 20

à 22_: grosse trappe. Fº 165 vº.

§ =209=. P. 49, l. 20: Quant ce vint.--_Ms. d’Amiens_: Quant che vint à

l’endemain, il s’armèrent et ordonnèrent pour assaillir Bregerach, et y

eut ce jour dur assault et bien continuet. Et remplirent li Englès au

plus foible léz une partie des fossés, tant que il pooient aller jusc’à

murz et piqueter as murs et oster les pierrez, et les laissièrent en

cel estat pour le soir, et l’endemain y devoient revenir. Fº 81.

§ =210=. P. 50, l. 14: Droit à heure.--_Ms. d’Amiens_: Quant li

bourgois de Bregerach se virent en che parti, leurs fourbours pris et

leur ville en grant peril, si s’asamblèrent tout enssamble. Et s’en

vinrent deviers le comte de Laille, et li dissent que il ne veoient

mies que de forche il se pewissent longement tenir as Englès, et que

il avoient pourpos et intention que d’iaux rendre, saulve leurs corps,

leurs biens et leurs femmez et leurs enfans. Et quant li comtez lez oy,

si ne les respondi mies si très tost, ainchois traist d’une part lez

gentilz hommez et demanda quel cose en estoit bon affaire.

Là eut pluisseurs parollez retournées et devisées, car li aucun

volloient, volsissent li bourgois ou non, tenir le ville jusquez au

pardairain. Et disoient que il estoient fort assés pour le tenir et

deffendre contre tous venans; et li autre, qui resongnoient le peril,

disoient que non. Finablement, tout consideret et peset, le bien contre

le mal, li chevalier eurent avis que il se partiroient et lairoient

chiaux de Bregerach convenir dou sourplus, car il se doubtoient que

il n’y euist trayson. Si fissent ensseller leurs cevaux et cargier

et tourser tout leur harnois, et se partirent environ mienuit et

cheminèrent tant que il vinrent l’endemain assés matin à le forte

ville de le Riole: on leur ouvri les portes, et entrèrent ens, et se

logièrent et hebregièrent parmy le ville, et li comtez ou castiel,

qui ne se veut mies tenir atant, mès assambla tous les barons et

chevaliers, et regarda et fist regarder et dire à çascun son milleur

avis et consseil de ceste chevauchie. Là fu dit, regardé et ordonné

pour le milleur que chacuns presist une quantité de gens d’armes,

chil qui comte et baron estoient, et s’espardesissent par les fors et

gueriaissent des garnisons, et que par ensi il greveroient plus les

Englès et deffenderoient mieux leur pays que de tenir lez camps, ou cas

que il ne sont mies fort pour combattre les Englès. Fº 81.

P. 50, l. 16 à 18: Et en estoient... de Kenfort.--_Mss. A 1 à 22_: Et

en estoit capitaine le conte de Kenfort. Fº 113.--_Mss. A 23 à 33_: Et

en estoit capitaine le conte de Stanfort. Fº 131.

P. 50, l. 20: avancier.--_Ms. A 8_: aventurer. Fº 103.

P. 50, l. 22: roulleis.--_Mss. A 11 à 14_: rueillis. Fº 107 vº.--_Mss.

A 18, 19_: rouillis. Fº 114.--_Mss. A 23 à 29_: rouliz. Fº 131.

§ =211=. P. 52, l. 3: Quant ce vint.--_Ms. d’Amiens_: Quant ce vint au

matin, li comtez Derbi et li seigneur d’Engleterre fissent un grant

apareil que pour assaillir le ville de Bregerach. Mès li bourgois, qui

ne veurent mies atendre l’aventure, coummenchièrent à tretier un accord

au dit comte. Et se porta tretiéz que la ville fu rendue, sauve leurs

corps et leurs biens, et se devoient en avant tenir pour bon Englès, et

par enssi les portes furent ouvertez. Et entra li dis comtez dedens et

toutte se routte, et s’i reposèrent par troix jours; au quatrime, il

s’en partirent. Fº 81 vº.

--_Ms. de Rome_: Li gentilhomme se retraissent deviers les barrières,

qui estoient toutes ouvertes, pour euls requellier, mais au rentrer

dedens, li mesciés i fu trop grans pour les rentrans; car les Englois

qui s’avanchièrent, s’esforchièrent tellement que il conquissent les

bailles et la porte dou pont, et montèrent sus avoecques euls et

passèrent tout oultre. Et là sus le pont de Bregerach furent pris

li viscontes de Qarmaing et mesires Rainmons, son oncle, et plus de

treise chevaliers; et li autre qui sauver se porent, widièrent hors

par une porte qui lor fu ouverte; si prissent les camps et le cemin

de la Riole. Et pluisseurs honmes et fenmes de Bregerach entroient en

batiaus et en nacelles sus la Dourdonne et sauvoient lors vies. Ensi

fu Bregerach prise, et i conquissent les Englois grant butin, car pour

ces jours elle estoit moult riche. Et là au souper ramentut li contes

Derbi à mesire Gautier de Mauni les paroles, les quelles il avoit dit à

Montquq, que, se il estoient bien vaillant, il aueroient à lor souper

dou vin des François. Voirement en orent il, dont il se tinrent tout

aise. Fº 97.

P. 52, l. 14: Kenfort.--_Mss. A 1 à 6, 11 à 14, 23 à 33_: Stanfort. Fº

113 vº.

P. 52, l. 31: sains.--_Mss. A 1 à 6, 11 à 14, 18 à 33_: cloches. Fº 113

vº.

§ =212=. P. 53, l. 13: Celle propre.--_Ms. d’Amiens_: Là fu ordonnet

li comtez de Laille à demourer en le Riolle à une quantité de gens

d’armes, li comtez de Commingnes de raller en son pays et de pourveir

sez fors et de faire frontière as Englès, et messire Bertrans des Prés

de aler ou castiel de Pellagrue; li comtes de Pieregorch de raler

en Pieregorch et de garder le frontière; li senescaux de Toulouse

d’aller à Montalben; li viscomtez de Quarmaing de aller à Auberoce;

messires Phelippes de Dion, à Montagrée; li vighiers de Thoulouse, au

castel de Langho; li sirez de Montbrandon, au castel de Maudurant;

messires Henris de Clichon, à Lamougis; monseigneur Gerars des Prés, à

Laliene; monseigneur Henry, visconte de Beskentin, à aller à Sebilach;

monsigneur Robert de Malemore, au castiel de Biaumont; monsigneur Jehan

de le Porte, à le tour dou Lach; monseigneur Renaut de Dion, ou castiel

de Prudaire; monseigneur Carlez de Poitierz, à Penne en Aginois; et

ensi de fortrèce en fortrèce envoie il lez gentilz hommes, et lez

fait bien pourveyr et avitaillier et rafreschir de touttes coses. Or

revenrons au comte Derbi, qui se tenoit devant Bregerach. Fº 81 vº.

P. 53, l. 13: Celle propre nuitie et le journée.--_Mss. A 1 à 33_:

Celle propre journée. Fº 113 vº.

P. 53, l. 20 à 24: si en seroient... à Montalben.--_Mss. A 1 à 33_: si

en seroient chiefs et meneurs le seneschal de Thoulouse à Montalben...

_Ms. A 7_. Fº 108.

P. 53, l. 24: Montalben.--_Ms. A 8_: Montabban. Fº 104.--_Mss. A 18,

19_: Montalban. Fº 115.--_Mss. A 20 à 22_: Montauban. Fº 167 vº.

P. 53, l. 27: Ernaus.--_Mss. A 15 à 17, 20 à 22_: Arnould. Fº 167

vº.--_Mss. A 23 à 29_: Ernaulton. Fº 132.

P. 53, l. 27: Lamongis.--_Mss. A 7, 8, 18, 19, 23 à 29_: la Montgis, la

Mongis. Fº 108 vº.

P. 53, l. 28: Malemort.--_Mss. A 1 à 7, 11 à 17, 20 à 22_: Malemore. Fº

113 vº.--_Mss. A 23 à 29_: Malmore. Fº 132.--_Ms. A 8_: Maleuvre. Fº

104.--_Mss. A 18, 19_: Malemère. Fº 115.

P. 54, l. 1: Pennes en Aginois.--_Mss. A 1 à 6_: Ponnot et Aginois. Fº

113 vº.--_Ms. A 7_: à Pennes et à Guiois. Fº 108 vº.--_Mss. A 11 à 14_:

Ponnoit en Aginois. Fº 108 vº.--_Mss. A 18, 19_: à Pennes et à Guions.

Fº 115.--_Mss. A 30 à 33_: à Pennes et à Ginoiz. Fº 169.

§ =213=. P. 54, l. 9: Quant li contes.--_Ms. d’Amiens_: Quant li

comtez Derbi eut pris le feaulté des bourgois et des bonnes gens, il

leur laissa une bonne cappittainne monseigneur Jehan de la Souche. Et

demanda consseil au partir li comtez Derbi quel chemin il tenroient,

ou le chemin thoulousain, sievant le rivière de Geronde, ou le chemin

de Pieregorch, de Laille et de le Gascoingne. Lors fu il ordonné pour

le mieux que il tenroient le chemin darrain nommet, et que, quant il

aroient fait ce voiaige, il revenroient l’autre chemin seloncq le

rivierre. Si se aroutèrent à aller deviers Langho, un castiel assés

fort, de qui li vighiers de Toulouse, une mout apperte armure de fer,

estoit cappittainne. Quant li Englès furent venut devant Lango, il

l’assaillirent fortement; et dura li assaux assés longement, car chil

de dedens se tinrent et deffendirent ce qu’il peurent. Finablement il

fu par force pris, et li castellains si navrés au prendre, que dedens

trois jours après il morut; et furent li plus des saudoiiers de le

ville tous ocis, pour ce que il s’estoient mis à deffence. Et quant li

comtez Derbi eut pris le castiel, il le donna à ung sien escuier que on

appelloit Ainmon Lion. Chilz y demora à tout vingt archiers, et li os

alla avant, et s’en vinrent deviers le Lach. Fº 81 vº.

--_Ms. de Rome_: Qant li contes Derbi ot pris la sasine et posession

de Bregerach et l’onmage et feauté des honmes de la ville, et il i ot

renouvellé officiiers et mis capitainne de par le roi d’Engleterre,

car il avoit poissance et conmission de ce faire, il se departi de là

en grant arroi et bonne ordenance. Tous li pais conmença à trambler

pour la venue de gerre, ne de trop lonch temps point n’en avoient eu.

Si en estoient les villes et les chastiaus plus legier à conquerir.

Qant il furent issi de Bregerach, il vinrent devant un chastiel et une

ville que on apelle Lango. La bataille des marescaus qui faisoient

l’avantgarde, laquelle mesires Gautiers de Mauni et mesires Franqe de

Halle gouvrenoient, cevauchièrent tout devant et s’arestèrent là, et

se missent en ordenance pour asallir. Qant chil de Langho veirent que

il aueroient l’asaut, si se doubtèrent de tout perdre, et se rendirent

salve le lor et lors vies. Ensi fu Langho englesce, et s’i rafresqirent

li contes Derbi et ses gens, et puis cevauchièrent oultre. Et ensi que

il cevauçoient et venoient devant une ville que on appelle le Lac, il

encontrèrent les honmes de la ditte ville qui se venoient rendre; si

furent recheu. Fº 96 vº.

P. 54, l. 13: Li seneschaus.--_Mss. A 8, 9, 15 à 17_: Le mareschal. Fº

104.

P. 54, l. 16 et 17: Perigueux.--_Mss. A 1 à 6, 8, 9, 11 à 22, 30 à

33_: Pierregort, Pierregorth. Fº 114.--_Mss. A 7, 23 à 29_: Piereguis,

Pierreguis. Fº 108 vº.

P. 54, l. 18: la Souce.--_Mss. A 1 à 6_: la Santé. Fº 114.--_Mss. A 15

à 19, 23 à 29_: la Soute. Fº 115 vº.

P. 54, l. 20: Lango.--_Mss. A 15 à 17_: Langon. Fº 115 vº.

P. 55, l. 4: velourdes.--_Mss. A 1 à 6, 18, 19, 23 à 29_: belourdes. Fº

114.

P. 55, l. 14: Si y establi.--_Ms. B 6_: Et le donna le dit conte Derby

à ung escuier d’Engleterre qui s’apelloit Jehan Malevrier. Fº 246.

P. 55, l. 18: le Lach.--_Mss. A 1 à 7, 11 à 14, 18 à 29_: le Lac. Fº

114.--_Mss. A 8, 15 à 17_: Lach. Fº 104 vº.

§ =214=. P. 55, l. 19: Quant cil de le ville.--_Ms. d’Amiens_: Quant

cil dou Lach virent lez Englès devant leur ville, il furent si effraet

que briefment il dissent à leur cappittainne que il ne se volloient

point tenir contre les Englès, car il estoient mains fort que cil de

Langho, et que, pour tous perilz eschieuwer, il se renderoient. A

ces parollez ne se veut mies acorder le cappitainne dou Lach, mès se

parti et laissa lez hommes de le ville couvenir, et s’en revint à le

Riolle deviers le comte de Laille, à qui il recorda ces nouvellez.

Et li comtes Derbi et toutte sen host s’en vinrent devant le castiel

dou Lach, mès cil de le ville s’en vinrent au devant de lui et se

rendirent, et li jurèrent et proummissent que, de ce jour en avant,

il seroient bon Englès. Li comtes en prist le feaulté et leur ordonna

une bonne cappittainne, monseigneur Robert de Multonne, et puis

passa oultre et s’en vint à Maudurant, et le gaegnièrent d’assault,

et en apriès le castiel de Lamougis; et prisent le chevalier qui

dedens estoit, et l’envoiièrent comme prisonnier à Bourdiaux. Puis

chevauchièrent devierz Pinaq et le concquissent ossi, et en apriès le

ville et le castiel de le Liève, et y reposèrent trois jours; et s’i

rafrescirent et s’i renouvellèrent de pourveances. Au quatrimme jour,

il s’en partirent, et puis vinrent à Forsach et le gaegnièrent assés

legierement, et en apriès le tour de Prudaire, et ocirent environ

trente Gascons qui le gardoient. Et puis cevaucièrent avant deviers

une bonne ville et grosse, que on claimme Biaumont en Laillois, qui

se tenoit au comte de Laille; et furent trois jours par devant, et y

fissent pluisseurs assaux, car elle estoit bien pourvue de bonnes gens

d’armes et de artillerie. Finablement elle fu si bien assaillie et

si fort continuée en assallant, que chil de dedens doubtèrent à tout

perdre. Si se rendirent, sauve leurs corps et leurs biens; et s’en

pooient li saudoiier aller quel part il volloient. Si se partirent

parmy leur traitiet, et s’en revinrent en le Riolle deviers le comte de

Laille, qui moult fu courouchiéz quant il seult que li Englèz avoient

concquis le bonne ville de Biaumont, mès amender ne le peult, tant que

à celle foix.

Quant li comtes Derbi eut pris la ville de Biaumont en Laillois et

fait jurer les hommez de le ville que de ce jour en avant il seroient

bon Englès, il y estaubli un chevalier de par lui pour yaux garder et

tenir en plus grant sceurté: che fu monseigneur Ainmon dou Fort. Puis

passèrent oultre et vinrent à Montagrée et le prissent d’assault; si

robèrent et pillièrent le ville toute, et missent à destruction et

tout le pays d’environ, et puis s’en vinrent devant Laille, la mestre

ville dou dessus dit comte. Là y avoit deus chevaliers en garnison

de par le dit comte, monseigneur Phelipe [et monseigneur Renaut] de

Dion, et estoient cousin germain, liquel chevalier s’aquitèrent trop

bien de deffendre et garder le ville et le tinrent sept jours, de quoy

tous les jours il avoient assault jusquez aux vespres. Et se volloient

chil de la ditte [ville] rendre trop plus tost que il ne fissent, se

ce n’ewissent esté li chevalier. Finablement messires Phelippes et

messires Renaus de Dion virent que li Englès estoient là aresté et

que nullement ne s’en partiroient, si l’aroient concquize; et, se ne

le pooient en fin tenir, et se par force il estoient pris, li ville

seroit arse et robée: si valloit trop mieux que elle fust sauvée que

destruite, et en le main dez Englèz ung tamps, que arse ne perdue. Si

tretiièrent bellement et sagement au comte Derbi que il li renderoient

le ville, sauve leur corps et leurs biens, et s’en partiroient li doy

chevalier et leur mesnies, et s’en yroient quel part que il voroient.

Li comtez, qui desiroit toudis à chevauchier avant et à concquerre

villez et castiaux, s’i acorda parmy tant que cil de la ville de Laille

devoient, de ce jour en avant, estre bon Englès et loyal. Et pour

plus grant sceurté, il en baillièrent six bourgois de leur ville en

crant et en hostages, qui furent envoiiés à Bourdiaux; et li chevalier

dessus nommet se partirent et s’en vinrent deviers le Riolle. Et li

comtez Derbi entra en Laille comme sire, et tout li Englèz ossi. Et s’i

reposèrent et rafrescirent par six jours. Fₒₛ 81 vº et 82.

--_Ms. de Rome_: Et puis vinrent les Englois devant le chastiel de

Maudurant, et fu pris d’asaut et tous desemparés; et le laissièrent

derrière en cel estat, et puis vinrent devant Lamontgis. Il se

rendirent et ne se vodrent point faire asallir. Et puis chevaucièrent

oultre et vinrent devant une petite ville fremée de palis qui se

nonmoit la Lienne. Il le conquissent et i trouvèrent grant fuison de

vins, car elle sciet en biaus vignobles; si en orent à lor volenté.

Et puis passèrent oultre et vinrent à Fronsac et le gaegnièrent, et

puis la tour de Prudaire et le conquissent aussi. Et puis s’en vinrent

devant une bonne ville que on apelle Biaumont en Laillois, et se tenoit

dou conte de Laille, un moult vaillant honme. Et avoit chils contes

esté mestres dou douch Jehan de Normendie, et l’avoit instruit et

doctriné en sa jonèce. Pour ces jours, li contes de Laille n’estoit

pas là, mais dedens Auberoce avoecques auquns barons et chevaliers

de Gascongne et dou pais, et laissoient lés Englois couvenir, car il

tenoient les camps.

Chroniques de J. Froissart, tome 03/13 · 第 27 / 45 段