Le projet Digital Library Technology (DLT) soutient le développement de

nouvelles technologies permettant de faciliter l'accès public aux informations

de la NASA (National Aeronautics and Space Administration) par les réseaux

informatiques, particulièrement les technologies développant outils,

applications, matériel informatique et logiciels permettant de répondre à

l'évolution des besoins des usagers et à l'augmentation énorme des demandes

d'accès.

Le Stanford Digital Libraries Project fait partie de la Digital Library

Initiative, lancée en 1994 pour quatre ans et soutenue par la NSF (National

Science Foundation), la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency) et la

NASA (National Aeronautics and Space Administration).

Le serveur Library 2000 présente l'histoire du projet du MIT Laboratory for

Computer Science (MIT: Massachussets Institute of Technology) entre octobre 1995

et octobre 1997. L'objectif de Library 2000, projet de recherche sur les

systèmes informatiques, était d'étudier le stockage en ligne à grande échelle en

utilisant comme exemple la future bibliothèque électronique. Il s'agissait d'un

projet pragmatique, qui a permis de développer un prototype utilisant la

technologie et les configurations de systèmes économiquement viables en l'an

2000.

Financé par la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency), D-Lib Magazine

est un magazine de recherche sur les cyberbibliothèques, qui comprend

l'actualité mensuelle, des commentaires, des discussions et des ressources pour

la recherche.

Organisme international indépendant à destination des bibliothécaires du monde

entier, l'International Federation of Library Associations and Institutions

(IFLA) consacre une passionnante section aux collections et services

électroniques.

8. LES CATALOGUES EN LIGNE

[Dans ce chapitre:]

[8.1. Catalogues de bibliothèques francophones / 8.2. Catalogues de

bibliothèques non francophones / 8.3. Catalogues collectifs mondiaux / 8.4.

L'avenir des catalogues en ligne]

Pourquoi un chapitre entier sur les catalogues? Parce que, dans le domaine de

l'imprimé, le catalogue correspond au cerveau chez l'être humain. Il permet de

répertorier et présenter les documents de manière systématique. Que l'on soit

professionnel du livre, étudiant, chercheur ou cybernaute voulant se documenter

sur un sujet donné, l'utilisation du catalogue est une étape indispensable pour

trouver les documents souhaités.

Par le passé, on a pu reprocher aux catalogues d'être austères, peu conviviaux,

et surtout de donner les références du document mais en aucun cas l'accès à son

contenu. Depuis qu'ils sont disponibles sur Internet, les catalogues sont moins

austères et plus conviviaux. Et surtout - rêve de tous qui commence à devenir

réalité - ils vont progressivement permettre l'accès aux documents eux-mêmes.

Ceci est déjà vrai dans certains cas, comme par exemple 2.500 oeuvres de

l'Universal Library accessibles par le biais de l'Experimental Search System

(ESS) de la Library of Congress.

Le souci de mettre en place des catalogues collectifs ne date pas d'hier.

Pendant des décennies, les bibliothécaires et documentalistes ont catalogué le

même ouvrage au même moment dans leur propre bibliothèque, d'abord dans des

registres reliés, ensuite dans des catalogues sur fiches. Quand ils en avaient

les moyens, leur catalogue était imprimé pour être diffusé à l'échelon régional,

national ou international. L'ère des catalogues sur fiches fut longue et elle

n'a pas encore disparu. Les salles entières de catalogues sur fiches rangés dans

de multiples tiroirs en bois - la salle des catalogues de la Bibliothèque

publique et universitaire de Genève par exemple - ont fait et font toujours

l'admiration de tous. Par contre l'informatique a rapidement rendu obsolètes les

machines qui dupliquaient les fiches cartonnées ou encore les sociétés

prestataires de services vendant des fiches cartonnées à partir d'une liste de

ISBN (international standard book number).

Depuis bientôt vingt ans, suite à l'informatisation progressive de tous les

services, de nombreuses tentatives plus ou moins réussies ont permis aux

bibliothécaires d'unir leurs forces au lieu d'effectuer le même travail en de

multiples exemplaires.

En France par exemple, le Catalogage national centralisé (CANAC) a été suivi de

Libra, un logiciel en temps réel proposé par la Direction du livre et de la

lecture, qui a lui-même été suivi par le Catalogue collectif national des

publications en série (CCN-PS), un réseau coopératif de catalogage sur SIBIL

(Système intégré pour les bibliothèques universitaires de Lausanne) et par le

Pancatalogue, dérivé du OCLC Online Union Catalog, explique Thierry Samain dans

L'accès aux catalogues des bibliothèques par Internet.

Nombreuses sont aussi les bibliothèques qui ont utilisé le catalogue sur CD-ROM

de la Bibliothèque nationale de France pour "récupérer" les notices de la BnF et

les intégrer à leur propre catalogue. Avec Internet, on aborde enfin une

nouvelle étape qui, si elle n'est pas sans difficultés, résoud le problème

majeur de la communication au plus grand nombre.

Dans ce chapitre, on présentera d'abord quelques catalogues et répertoires de

catalogues francophones. On présentera ensuite les catalogues de très grandes

bibliothèques comme ceux de la Library of Congress ou de la British Library,

ainsi que deux catalogues collectifs mondiaux qui constituent des "réservoirs"

de notices pour les professionnels du livre. On abordera enfin l'avenir des

catalogues sur Internet, un futur qui semble assez prometteur puisqu'il rendra

plus accessible et donc plus familier un univers jusque là réputé pour son

aridité.

8.1. Catalogues de bibliothèques francophones

Le site web de la Bibliothèque nationale de France ne propose pas encore ses

catalogues Bn-Opale (livres et périodiques) et Bn-Opaline (collections

spécialisées) en libre accès sur le Web. Ces catalogues sont disponibles

moyennant un abonnement à Telnet, un système permettant d'utiliser son

micro-ordinateur comme un simple terminal afin de pouvoir consulter le catalogue

à distance de la même manière que si on se trouvait sur place.

On peut par contre consulter directement sur le Web le Catalogue des imprimés en

libre accès, qui donne le signalement de 430.000 documents de référence imprimés

et audio-visuels accessibles au public dans les nouveaux locaux de Tolbiac,

inaugurés en 1996.

Bn-Opale contient plus de deux millions de références correspondant aux

collections suivantes: les livres entrés par dépôt légal, achat, don ou échange

depuis 1970, les périodiques entrés par dépôt légal, abonnement, don ou échange

depuis 1960, les ouvrages anonymes des 16e-18e siècles (catalogue en cours de

constitution), les microformes de sauvegarde commercialisées par le Service de

la reproduction, et les documents informatiques depuis 1994. Bn-Opale inclut

aussi le catalogue partagé avec des bibliothèques universitaires ou

spécialisées, le catalogue partagé du dépôt légal en relation avec les

bibliothèques régionales habilitées au dépôt légal pour l'édition régionale, la

production de la Bibliographie nationale française (livres, publications

officielles et publications en série, soit au total 48.000 références par an).

Bn-Opale n'inclut pas les notices d'ouvrages antérieurs à 1970 et de périodiques

antérieurs à 1960. Celles-ci ne sont pour le moment disponibles que sur le

CD-ROM du Catalogue général des Imprimés de la Bibliothèque nationale de France.

La base Bn-Opaline comprend des documents spécialisés (cartes, plans, estampes,

etc.) entrés par dépôt légal, achat, don et échange, des microformes établies

par le Centre de Sablé et des documents entrés dans les bibliothèques

partenaires de la Bibliothèque nationale de France. La répartition des notices

bibliographiques est la suivante: 82.377 cartes et plans depuis 1987, 54.928

estampes et photographies depuis 1988, 281.068 documents audiovisuels depuis

1989, 35.076 partitions musicales depuis 1991, 4.944 monnaies et médailles

depuis 1994, et 1.655 documents concernant les arts du spectacle depuis 1995.

Depuis plusieurs années, un certain nombre de catalogues de bibliothèques

publiques sont disponibles sur le Minitel, ce qui permet leur consultation dans

nombre de foyers et de lieux publics. La consultation est possible soit

directement sur un Minitel, soit sur un micro-ordinateur utilisé en émulation

Minitel. Les notices ne peuvent cependant pas être affichées de manière

détaillée, et le mode "feuilletage" ne peut pas être utilisé sur un grand nombre

d'écrans successifs, ce qui explique l'attrait que représente le transfert

progressif de ces catalogues sur Internet où ces fonctions sont possibles.

Comme les bases Bn-Opale et Bn-Opaline de la Bibliothèque nationale de France,

un grand nombre de catalogues - y compris ceux des bibliothèques universitaires

- sont maintenant disponibles par le biais de Telnet. Un code d'accès et un mot

de passe permettent de se connecter à l'OPAC (online public access catalogue) de

la bibliothèque. Telnet, malgré les services considérables qu'il a rendu et

qu'il rend encore, présente des inconvénients du fait du fonctionnement

différent de chaque OPAC, des configurations différentes de claviers, etc. La

formule de l'accès libre sur le Web adoptée par la British Library ou la Library

of Congress par exemple est évidemment beaucoup plus pratique.

Un autre système est l'accès des catalogues par WAIS (wide area information

server). Ce système est utilisé pour les bibliothèques de laboratoires et

d'unités de recherche dans le domaine scientifique et technique. Ses principaux

avantages sont "un accès réparti à différents catalogues, un mode

d'interrogation simple, un coût nul, le logiciel étant facilement disponible

dans le domaine public, une technique ne nécessitant pas de gros

investissements", explique Thierry Samain dans L'accès aux catalogues des

bibliothèques par Internet.

Du fait de l'essor d'Internet, un nombre croissant de bibliothèques est en train

d'établir un accès direct et gratuit à leur catalogue à partir de leur site web,

moyennant une interface spécifique. L'accès direct par le Web offre de nombreux

avantages, à commencer par celui de l'utilisation de la souris. L'usager a le

choix entre au moins deux types de recherche, simple et avancée, et il peut

sélectionner plusieurs critères complémentaires tels que le nombre

d'enregistrements souhaités ou bien le mode de classement. Il peut dérouler

plusieurs pages de notices abrégées ou complètes. Les notices sélectionnées

peuvent être copiées, imprimées, sauvegardées ou bien envoyées par messagerie

électronique. Des liens hypertextes permettent de passer facilement d'une

recherche à une autre. On peut également intégrer au catalogue des images,

extraits sonores ou bandes vidéo.

La meilleure formule serait l'utilisation à grande échelle de la norme Z39.50,

norme nationale américaine utilisée par exemple pour la consultation du

catalogue de la Library of Congress. La norme Z39.50 définit un protocole pour

la recherche documentaire d'un ordinateur à un autre. L'utilisateur d'un système

peut ainsi rechercher des informations chez les utilisateurs d'autres systèmes

utilisant la même norme, sans devoir connaître la syntaxe de recherche utilisée

par ces systèmes. L'Union européenne a entrepris des recherches pour favoriser

l'utilisation de cette norme en Europe.

Parallèlement à ces améliorations techniques, on voit se développer des

catalogues collectifs visant à faire connaître les ressources disponibles à

l'échelon régional, national et international.

Situé sur le site de la Bibliothèque nationale de France, le Catalogue collectif

de France (CCFR) permet de "trouver des informations détaillées sur les

bibliothèques françaises, leurs collections et leurs fonds (anciens, locaux ou

spécifiques), connaître précisément les services qu'elles rendent et interroger

leur catalogue en ligne". A compter du premier trimestre 1999, il permettra

aussi de "localiser des ouvrages (documents imprimés, audio, vidéo, multimédia)

dans les principales bibliothèques et demander le prêt ou la reproduction des

documents" qui seront remis à l'usager dans la bibliothèque de son choix.

Plusieurs réseaux régionaux ont également vu le jour. Voici trois exemples.

Né en 1988, le réseau BRISE (Bibliothèques en réseau informatisé de

Saint-Etienne) dispose d'un catalogue collectif pour les bibliothèques

municipales et celles des établissements d'enseignement supérieur.

Le Pôle européen universitaire et scientifique de Grenoble a mis en place REDOC

(Réseau documentaire du site de Grenoble), disponible sur le Web avec des liens

hypertextes entre le serveur commun et les services répartis, le but étant de

donner accès aux catalogues et aux collections électroniques des bibliothèques

et centres de documentation de l'agglomération grenobloise.

D'autres réseaux se sont développés avec consultation des catalogues et autres

services, par exemple le Réseau des bibliothèques des universités de Toulouse,

le Réseau IRIS pour la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur ou encore RéVOdoc, le

réseau documentaire du Val-d'Oise.

Plusieurs répertoires ont été créés pour accéder aux sites et aux catalogues des

bibliothèques françaises et francophones. Proposé par l'Ecole nationale

supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques (ENSSIB) et

réalisé par Thierry Samain, le répertoire des catalogues de bibliothèques

francophones est classé en plusieurs rubriques: bibliothèques générales, arts,

droit et économie, lettres et sciences humaines, médecine, sciences de

l'information et bibliothèques, sciences et techniques. Plusieurs autres

répertoires de catalogues sont recensés dans Sitebib, qui est le résultat de la

coopération entre sites web en bibliothéconomie et sciences de l'information.

8.2. Catalogues de bibliothèques non francophones

Deux catalogues, celui de la British Library et celui de la Library of Congress,

constituent d'excellents outils bibliographiques pour les cybernautes du monde

entier.

En mai 1997, la British Library a lancé OPAC 97, un catalogue en ligne

permettant l'accès libre et gratuit aux catalogues de ses principales

collections à Londres et à Boston Spa. Rassemblées depuis 250 ans, ces

collections représentent 150 millions de documents appartenant à toutes les

civilisations, dans toutes les langues et dans tous les domaines.

Les catalogues présents dans OPAC 97 concernent notamment les livres et

périodiques du Royaume-Uni et de l'étranger, la collection des humanités et des

sciences sociales depuis 1975, notamment un fonds oriental, un fonds hispanique

et une des plus grandes collections européennes sur l'Europe de l'Est et la

Russie, la collection des sciences et technologies et du monde des affaires

depuis 1975, la collection de musique depuis 1980, la collection de périodiques

britanniques et étrangers depuis 1700 (500.000 titres) et la collection de

compte-rendus de conférences depuis 1800 (la plus grande collection mondiale).

A l'heure actuelle, ces différentes collections ont chacune leur propre

catalogue, correspondant souvent à un domaine spécifique. Le Corporate

Bibliographic Programme (CBP) étudie la création d'une seule base de données, à

la fois pour un meilleur développement des collections et pour une meilleure

utilisation du catalogue par les usagers. Le même programme étudie aussi le

remplacement des systèmes informatiques actuels - qui ont maintenant vingt ans -

par un système plus performant à la fois pour les besoins de la bibliothèque et

pour la coopération avec ses nombreux partenaires.

Le catalogue de la Library of Congress est le plus grand catalogue en ligne du

monde, et sa consultation est gratuite, avec menus de consultation en anglais et

en espagnol. On y trouve les références de documents dans de très nombreuses

langues, y compris en français.

La recherche s'effectue au moyen de la norme Z39.50 et suivant quatre procédés:

recherche par mots, recherche par liste, recherche par commandes par le biais de

Telnet pour la connexion à LOCIS (Library of Congress Information System), et

recherche par l'Experimental Search System (ESS).

La recherche par mots peut s'effectuer à deux niveaux: recherche simple et

recherche avancée.

La recherche simple est effectuée par titre (tout ou partie du titre, du

sous-titre ou de la mention de responsabilité) ou par auteur personnel (un seul

auteur). Elle permet l'accès aux principaux catalogues de la Library of

Congress: le catalogue des livres, les catalogues des documents informatiques

(notices bibliographiques des logiciels et documents en langage informatique),

les catalogues des documents en cours de traitement, les catalogues JACKPHY

(notices bibliographiques des publications en caractères autres que les

caractères romains: japonais, arabe, chinois, coréen, persan, hébreu et

yiddish), le catalogue des manuscrits, le catalogue des cartes, le catalogue de

la musique, le catalogue des périodiques et le catalogue des documents visuels,

soit environ 6,3 millions de notices.

La recherche avancée permet la combinaison de critères multiples à l'aide

d'opérateurs boléens (and, or, and not, correspondant aux opérateurs boléens

français: et, ou, sauf).

Le moyen le plus rapide de trouver un document est l'utilisation du LCCN

(Library of Congress control number), de l'ISBN (international standard book

number) ou de l'ISSN (international standard serial number). Si on ne dispose

pas d'un de ces nombres, on peut combiner les éléments suivants: titre, auteur

personnel, auteur collectif, collection, sujet ou note, en utilisant un mot, une

liste de mots ou une expression. Un mot est défini comme un groupe de caractères

sans espace. Une liste de mots est définie comme deux ou plusieurs mots séparés

par un espace, sans exigence concernant l'ordre des mots. Une expression est

définie comme un ou plusieurs groupes de caractères séparés par des espaces et

dans lesquels l'ordre des mots doit être respecté.

La recherche avancée donne accès au catalogue des autorités pour les noms et les

sujets (environ 4 millions de notices en 1997), le National Union Catalog

(publications cataloguées par d'autres bibliothèques et non encore intégrées aux

collections de la Library of Congress) et le catalogue PreMARC (notices

cataloguées antérieurement aux dates officielles auxquelles les différents

catalogues ont débuté).

La recherche par liste permet une première sélection au moyen d'un index

alphabétique des termes utilisés dans les catalogues de la Library of Congress:

livres, périodiques (magazines, journaux et autres publications paraissant de

manière régulière et continue), documents cartographiques (cartes, atlas, etc.)

et microformes. Les renvois utilisés dans la recherche par sujet sont également

indiqués dans l'index alphabétique. On peut effectuer la recherche par sujet,

auteur (personnel ou collectif), nom de conférence, titre, nom de périodique,

classification de la Library of Congress (qui correspond à une partie de la

cote) ou numéro de la classification décimale de Dewey. On peut également

rechercher le "numéro d'identité" exact du document, par exemple l'ISBN

(international standard book number), l'ISSN (international standard serial

number) ou le LCCN (Library of Congress control number).

La Library of Congress a également lancé l'Experimental Search System (ESS), qui

est un système permettant de consulter tout un ensemble de catalogues grâce une

seule interface composée de plusieurs pages de recherche (simple, avancée, par

nombre ou par liste) et plusieurs pages de résultats (avec une liste de notices

abrégées ou bien des notices complètes), en liaison avec des fichiers d'aide en

ligne. Son but est de favoriser une recherche plus intuitive que celle du

traditionnel OPAC (online public access catalogue), grâce à la synergie entre le

lien de l'hypertexte et l'engin de recherche spécifique InQuery créé par la

société Sovereign Hill Software.

La consultation de l'OPAC par le biais du traditionnel catalogue en ligne est

cependant encore indispensable puisque plusieurs catalogues de livres et la

plupart des catalogues de "non-livres" (microformes, articles, manuscrits, etc.)

ne sont pas encore présents dans l'ESS. Le menu de recherche avancée précise les

bases de données et les collections disponibles par rubrique, et la quantité de

documents pour chaque rubrique.

Le 20 décembre 1998, l'ESS comprend les notices de 9,5 millions de livres,

incluant les notices JACKPHY (notices en japonais, arabe, chinois, coréen,

persan, hébreu et yiddish), 825.664 périodiques, 278.771 documents visuels tels

que films, films fixes ou vidéos, 68.135 images et photos, 209.142

enregistrements sonores et partitions musicales, 171.756 cartes, 10.698

manuscrits et 6.318 logiciels. Les notices de 140.000 photos et manuscrits de la

National Digital Library Program's American Memory sont reliées à plus de 70.000

photos et images numériques disponibles en ligne. Grâce à l'indexation des

oeuvres sélectionnées et classées par l'Universal Library de l'Université

Carnegie Mellon (Pittsburgh, Pennsylvanie, USA), l'ESS procure aussi les liens

au texte intégral de 2.500 oeuvres en ligne disponibles sur différents sites.

L'intérêt d'un tel catalogue est expliqué sur le site web: c'est sa capacité à

montrer les relations existant entre les termes en texte libre, le vocabulaire

contrôlé (par exemple les principaux sujets de la Library of Congress) et les

schémas de classification. Comme, de plus en plus, les textes de documents

gouvernementaux ou du domaine public seront disponibles en ligne, ils seront

reliés aux notices bibliographiques afin d'être accessibles par un seul point

d'entrée. Cette nouvelle infrastructure préfigure une bibliothèque électronique

nationale. Comme on l'a vu plus haut, l'ESS ne remplace pas les catalogues

traditionnels, mais le fait qu'il permette l'accès immédiat aux textes et

documents numériques permettra d'encourager la migration des catalogues

traditionnels dans cette direction.

L'ESS préfigure ce que sera le catalogue à l'avenir: non plus seulement un

ensemble de notices qui sont le prélude à un parcours du combattant pour trouver

les documents, le plus souvent par prêt interbibliothèques, mais un ensemble de

notices qui permettront l'accès immédiat au texte intégral du document.

Gérées par des sociétés privées, les bases commerciales telles que Dialog,

LEXIS-NEXIS ou UnCover préfigurent aussi ce que sera la recherche numérique de

demain, en attendant que les organismes publics prennent le relais. Depuis

plusieurs années, ces bases associent catalogues et documents en ligne (ou

envoyés par télécopieur dans le cas de UnCover). Leur seul défaut, et de taille,

est que leurs coûts sont vite prohibitifs pour un particulier (et ce malgré un

compteur permettant de consulter en continu la somme facturée afin d'éviter les

mauvaises surprises!).

Gérée par Knight-Ridder Information, la Dialog Corporation comprend un certain

nombre de bases documentaires dont la plus connue, Dialog, regroupe 450 bases de

données sur le monde des affaires, l'industrie, l'actualité, les droits et

brevets, la chimie, l'environnement, les sciences et techniques et les outils de

référence. Une recherche par mots-clés permet d'opérer une sélection dans les

dizaines de milliers de documents disponibles. Le serveur donne ensuite une

liste bibliographique de tous les documents correspondant à la recherche lancée.

Les avantages de cette recherche automatisée sont énormes si on pense aux

centaines de tables des matières ou d'index qu'il faudrait parcourir pour

arriver au même résultat. A partir de cette bibliographie, on peut ensuite

sélectionner quelques documents et demander leur envoi par voie informatique. Là

aussi, le service est très coûteux. C'est la raison pour laquelle les services

documentaires contrôlent de près les requêtes de leurs usagers sur Dialog.

De l'imprimé à Internet · 第 11 / 20 段