animées ou des bibliothèques sonores, ou bien qu'elles associent les trois
supports, les cyberbibliothèques créées par les bibliothèques et médiathèques
pour faire connaître leurs collections se développent très rapidement. Elles
permettront à un large public d'avoir accès à des documents jusque-là
pratiquement impossibles à consulter parce qu'appartenant à des fonds anciens,
des fonds locaux et régionaux, ou des fonds spécialisés. Ces fonds étaient
souvent très difficilement accessibles pour des raisons diverses: souci de
conservation des documents rares et fragiles, heures d'ouverture réduites,
nombreux formulaires à remplir, délais de communication, pénurie de personnel,
qui étaient autant de barrières à franchir et qui demandaient souvent au
chercheur une patience à toute épreuve et une détermination hors du commun pour
arriver jusqu'au document.
Grâce à la cyberbibliothèque, la bibliothèque peut enfin rendre comptatibles
deux objectifs qui jusque là ne l'étaient guère, à savoir la conservation des
documents et la communication de ceux-ci. D'une part le document ne quitte son
rayonnage qu'une seule fois pour être scanné, d'autre part le grand public y a
enfin accès. A long terme, une fois numérisés, tous ces fonds qui dorment sur
les rayonnages pourront être utilisés sans le parcours du combattant qu'on vient
d'évoquer. Assis sur sa chaise ou dans son fauteuil, le lecteur pourra avoir
accès à des oeuvres en cliquant de l'une à l'autre, au gré de son humeur, de ses
centres d'intérêt ou d'une curiosité passagère, de façon encore plus pratique
qu'en se promenant dans les rayonnages, et surtout de façon beaucoup plus
exhaustive puisque, dans les bibliothèques, une bonne partie des collections se
trouve rangée dans des magasins et n'est donc pas en libre accès pour le lecteur
qui "chine". Si le lecteur veut ensuite consulter le document lui-même - dans
certains cas, la consultation à l'écran ne peut remplacer le "contact" direct
avec l'oeuvre - il pourra ensuite se lancer dans les différentes étapes de la
consultation "traditionnelle", mais ceci en connaissance de cause, après que le
"feuilletage" à l'écran lui ait permis de sélectionner les documents en question
afin de ne demander que ceux qui l'intéressent vraiment.
Le terme cyberspace (de l'anglais cyberspace) doit sa paternité à l'auteur de
science-fiction William Gibson qui le décrit dans son roman Neuromancien paru en
1984:
"Cyberespace: une hallucination consensuelle expérimentée quotidiennement par
des milliards d'opérateurs réguliers, dans chaque nation, par des enfants à qui
on enseigne des concepts mathématiques... Une représentation graphique des
données extraites des banques de tous les ordinateurs dans le système humain.
Complexité incroyable. Des lignes de lumière qui vont dans le non-espace de
l'esprit, des agglomérats et des constellations de données. Et qui fuient, comme
les lumières de la ville."
Nombreux sont les bibliothécaires qui rêvent de pouvoir offrir à leurs lecteurs
de véritables cyberespaces dans lesquels ils puissent travailler. Reste à savoir
si on leur en donnera les moyens. "Les bibliothèques françaises développent une
connexion à l'Internet ouverte au public, mais elles sont malheureusement encore
peu nombreuses, moins d'une dizaine en avril 1997", écrivait Florent Latrive
dans le quotidien Libération du 25 avril 1997.
La Bibliothèque publique d'information (BPI), la Médiathèque
d'Issy-les-Moulineaux ou la Bibliothèque municipale de Lyon, par exemple,
mettent Internet à la disposition de leur public.
Situés dans le département du Lot-et-Garonne (sud-ouest de la France), les
quatre villages d'Armillac, Labretonie, Laperche et Saint-Barthélémy comptent
950 habitants. Leur site, le site d'ARPALS (Amicale du regroupement pédagogique
Armillac Labretonie Saint-Barthélémy), a pour sous-titre: "Internet et
Multimédia aux champs ou comment amener la culture en milieu rural". Il a été
créé par une association de parents d'élèves d'un Regroupement pédagogique
intercommunal (RPI), et ce "regroupement pédagogique permet à des villages de
mettre 'leur école en commun' pour éviter des fermetures de classes dans le
monde rural."
L'association a mis sur pied tout un ensemble d'activités pour conserver les
habitants actuels et en attirer d'autres: d'une part des animations telles que
repas, kermesse ou bal masqué, qui sont annoncées sur le site web, d'autre part
une bibliothèque intercommunale de 1.300 livres en partenariat avec la
Bibliothèque départementale de prêt (BDP) de Villeneuve-sur-Lot. Le site
présente une sélection de livres avec un résumé pour chacun d'eux.
L'association a également mis en place une multimédiathèque ouverte 22 heures
par semaine pour un public allant de 3 à 76 ans. Quatre ordinateurs (ordinateurs
multimédias Scenic Multimédium de chez Siemens Nixdorf, complétés de deux
imprimantes couleurs Hewlett Packard et d'un scanner à plat Hewlett Packard)
permettent la consultation de CD-ROM, le libre accès à Internet et l'utilisation
de logiciels bureautiques tels que Works, Dbase for Windows, Corel Draw,
Publisher, PhotoPaint, etc.
Dans son courrier électronique du 8 juin 1998, Jean-Baptiste Rey, webmestre du
site, précisait: "Notre site Internet a été lancé en 1996. Son but est de faire
connaître l'existence de la médiathèque intercommunale de St-Barthélémy et ce
que nous y faisons. C'est un moyen pour nous de démontrer l'utilité et l'intérêt
de ce type de structures et la simplicité de l'usage des nouvelles technologies
dans le cadre d'une bibliothèque." Le but du site est d'aider la bibliothèque à
intégrer Internet dans son fonctionnement et dans les services qu'elle offre à
son public. Son but est "également de pallier à la faiblesse de notre fonds
documentaire. Internet et le multimédia nous permettent d'offrir beaucoup plus
de ressources et d'informations à nos usagers".
Mais, jusqu'à une époque récente, à l'exception de quelques initiatives le plus
souvent dues à des bibliothécaires passionnés qui se battent pour franchir
toutes sortes de barrières, y compris psychologiques et budgétaires, les espaces
Internet dans les bibliothèques semblaient malheureusement se développer moins
vite que les cybercafés, Internet dans les établissements d'enseignement,
Internet à La Poste et Internet chez France Télécom. La situation devrait
maintenant évoluer assez rapidement puisque, en avril 1998, le ministère de la
Culture a annoncé un budget de 10 millions de FF pour la création d'"espaces
culture multimédia".
Dans son courrier électronique du 8 juin 1998, Christiane Jadelot, ingénieur
d'études à l'INaLF-Nancy (INaLF: Institut national de la langue française),
expliquait:
"Je pense qu'il faut équiper de plus en plus les laboratoires avec du matériel
de pointe, qui permette d'utiliser tous ces médias. Nous avons des projets en
direction des lycées et des chercheurs. Le ministère de l'Education nationale a
promis de câbler tous les établissements, c'est plus qu'une nécessité nationale.
J'ai vu à la télévision une petite école dans un village faisant l'expérience de
l'Internet. Les élèves correspondaient avec des écoles de tous les pays, ceci ne
peut être qu'une expérience enrichissante, bien sûr sous le contrôle des adultes
formés pour cela. Voilà ma petite expérience. Je me suis équipée maintenant à
domicile dans un but plus ludique, en espérant convaincre ma fille d'utiliser au
mieux tous ces outils!"
Voici les projets français lancés en 1998.
En janvier 1998, lors d'une cérémonie d'inauguration dans le bureau de poste
d'Autrans (Isère), La Poste a lancé le projet Cyberposte dans la région du
Vercors. Cette inauguration a marqué le premier pas dans la réalisation du
projet national des 1.000 bureaux Internet d'ici la fin 1998. Dans tous les
bureaux de poste de la région, Internet est désormais à la disposition du public
au moyen d'une carte à puce (90 FF pour trois heures de connexion) et d'une
adresse électronique pour tous. Le but du projet est de familiariser le public
avec les nouvelles technologies et, à long terme, de lui permettre d'effectuer
des téléprocédures.
En février 1998, France Télécom annonçait à son tour un plan national
d'ouverture d'espaces multimédias ouverts à tous, avec priorité pour les
étudiants et les enseignants. En partenariat avec les collectivités locales, une
centaine d'espaces multimédias sont prévus pour les trois ans qui viennent, et
vingt d'entre eux devaient être opérationnels à la fin 1998.
Le 14 avril 1998, le gouvernement lançait trois appels à projets multimédias à
l'intention des bibliothèques, des PME (petites et moyennes entreprises) et du
secteur éducatif, qui représentent 22 millions de FF destinés à soutenir les
initiatives sélectionnées, et qui sont répartis ainsi: 5 millions pour les PME,
5 millions pour les bibliothèques et 12 millions pour les écoles. Mis en place
par le ministère de la Culture et de la Communication et le ministère de
l'Environnement et de l'Aménagement du territoire, ce programme est destiné à
faciliter l'acquisition de matériel multimédia par les bibliothèques des petites
communes, les établissements scolaires et les PME des régions rurales et des
zones en reconversion industrielle. L'objectif est un souci d'équité
territoriale pour faire face à l'inégalité géographique existante alors
qu'Internet devrait au contraire permettre à tous d'accéder aux mêmes services
quel que soit le lieu géographique.
A cette occasion, Catherine Trautman, ministre de la Culture, annonçait que,
"après le monde universitaire, le monde des entreprises, c'est le monde de la
culture qui s'empare de l'Internet", et que 1998 serait donc "l'année de
lancement de l'Internet culturel". Elle précisait aussi que "cette politique ne
vise pas seulement à améliorer notre position dans la compétition économique,
mais aussi, fondamentalement, à garantir une nouvelle liberté d'expression et de
communication pour nos concitoyens". 5 millions de FF ont été débloqués pour
inciter les bibliothèques de villes de moins de 5000 habitants à s'équiper de
connexions Internet, et les villes intéressées devaient déposer leurs dossiers
avant le 30 juin. D'ici la fin de 1998, une centaine d'"espaces culture
multimédia" devaient être créés dans les bibliothèques et centres culturels.
Quant à nos voisins anglais, ils ont lancé le 16 avril 1998 un très important
programme d'investissement dans les technologies de l'information sur cinq ans
(1998-2002). En dévoilant ce programme, Tony Blair, premier ministre, déclarait:
"Nous sommes au coeur de la révolution de l'information. Il est vital que la
Grande-Bretagne ouvre la voie afin que nous soyons les pionniers de l'Europe
dans ce que l'on appelle l'âge de l'information." La moitié du budget de 600
millions de livres (environ 6 milliards de FF) sera consacré à l'achat de
matériel, et l'autre moitié à la formation. L'achat de matériel devait permettre
le câblage des écoles britanniques en 1998, l'achat de 10.000 ordinateurs
portables pour les professeurs, la mise en ligne de l'information dans les
bibliothèques et la connexion de tous les établissements de santé. Le budget
attribué à la formation permettra de financer la création de 40.000 blocs de
formation dans les centres d excellence IT (IT: information technology - ces
centres sont de nouveaux établissements spécialisés créés par le gouvernement),
une formation de base à tous les professeurs et à tous les bibliothécaires, un
bagage informatique à la plupart des élèves anglais, et la formation aux
technologies de l'information de 200.000 travailleurs britanniques.
En ce qui concerne les grandes bibliothèques, une très intéressante initiative
est celle menée à bien par Pierre Pelou, directeur de la Bibliothèque de
l'Office des Nations Unies à Genève (ONUG). Ouvert depuis juillet 1997, un
Cyberespace est mis gratuitement à la disposition des représentants des missions
permanentes, délégués de conférences, fonctionnaires internationaux, chercheurs,
étudiants, journalistes, membres des professions libérales, ingénieurs et
techniciens. Le personnel du Cyberespace collabore aussi avec la Section de
formation des Nations Unies pour l'organisation de l'enseignement à distance.
Ce Cyberespace a été aménagé au premier étage de l'imposante bibliothèque par
Antonio Bustamante, architecte au Palais des Nations (bâtiment qui abrite les
Nations Unies à Genève). Les 24 stations comprennent chacune un ordinateur Intel
Pentium MMX 200Mhz avec une mémoire de 32 Mo, un disque de 2,5 Go, un lecteur
16x de CD-ROM, des cartes Matrox Millenium Graphics et Matrox Media XL-MPEG, et
un casque individuel. Chaque groupe de trois ordinateurs est relié à une
imprimante laser.
En plus de l'utilisation du traitement de texte WordPerfect et de l'accès au
courrier électronique, chaque station permet la consultation des services
suivants:
- Internet,
- le système optique des Nations Unies,
- un serveur regroupant une cinquantaine de CD-ROM en réseau,
- la banque de données UNBIS (United Nations Bibliographic Information System)
coproduite par les deux bibliothèques des Nations Unies à New York et à Genève,
- le catalogue de la Bibliothèque de l'Office des Nations Unies à Genève,
- Profound, qui est une collection de banques de données économiques et
commerciales,
- RERO, qui est le catalogue du Réseau romand des bibliothèques suisses et qui
comprend celui de la Bibliothèque des Nations Unies de Genève à titre de
bibliothèque associée,
- un ensemble de CD-ROM multimédia (Encarta 97, L'état du monde, Elysée 2,
Nuklear, etc.),
- des vidéocassettes multistandards et des disques DVD (digital versatile disk)
présentant des programmes, films et documentaires sur l'action internationale,
l'action humanitaire, etc.
Les avantages d'Internet pour les bibliothécaires? Voici un sujet de réflexion
mené par de très nombreux organismes.
Une réflexion particulièrement intéressante est celle de l'Internet Public
Library (IPL), qui se définit comme la première bibliothèque publique d'Internet
et pour Internet. Cette cyberbibliothèque dispose de 20.166 documents
sélectionnés, catalogués et décrits par le personnel de l'IPL. En tant que
bibliothèque expérimentale, l'IPL gère aussi une section intitulée IPL Services
For Librarians, qui est consacrée aux avantages d'Internet pour les
bibliothécaires et les professionnels de l'information, et qui donne des
informations sur les réalisations et la formation professionnelle dans ce
domaine.
Pour les bibliothécaires, Internet est un outil de communication sans précédent.
D'abord le courrier électronique. Ceux qui ont pu y goûter sont enthousiasmés
par les avantages qu'il procure. Doté d'une adresse électronique, tout
professionnel dispose d'un outil de communication simple et rapide pour entrer
en relation avec les collègues de sa ville, de sa région, de son pays et du
monde entier. Plus besoin d'attendre que la ligne de son correspondant soit
libre. Plus besoin non plus d'effectuer des calculs de fuseaux horaires quand on
téléphone dans un autre continent. Le message attend le correspondant dans sa
boîte aux lettres électronique, et le correspondant lit et répond à ses messages
au moment choisi par lui. Le courrier électronique est également moins formel
que le courrier classique. On ne peut pas jeter sur le papier une question de
trois lignes avec un simple bonjour et au revoir, alors que c'est possible sur
écran. Pas d'enveloppe, pas de timbre, pas de télécopieur engorgé. Tous ceux qui
ont pratiqué le courrier électronique pendant quelques semaines se demandent
comment ils ont jamais pu s'en passer.
Par le biais d'Internet, les bibliothécaires ont également la possibilité de
participer à un ou plusieurs forums de discussion leur permettant de s'informer,
de suivre et participer à des débats, de demander des avis et des conseils. Pour
un bibliothécaire ou documentaliste travaillant seul, c'est un grand "bol d'air"
sur l'extérieur. Pour celui qui est entouré de collègues, le forum de discussion
lui permet la fréquentation de personnes venant d'autres horizons.
Créée en 1993, la liste de diffusion Biblio-fr est à destination des
bibliothécaires et documentalistes francophones, et elle est ouverte aussi à
toute personne intéressée par la diffusion électronique de l'information
documentaire. Elle comptait 3.329 abonnés le 20 décembre 1998.
Modérée par Hervé Le Crosnier, professeur à l'Université de Caen (Normandie),
cette liste de diffusion est le regard francophone des documentalistes sur les
questions soulevées par le développement d Internet : diffusion de la
connaissance, organisation de collections de documents électroniques,
maintenance et archivage de l'écrit électronique. Le but de Biblio-fr est
également d'assurer la présence de la langue française sur un réseau multilingue
qui accorde leur place à toutes les cultures.
Biblio On Line, qui se présente comme le serveur français des informations
culturelles sur Internet, est un excellent outil à destination des
bibliothèques. Jean-Baptiste Rey, son rédacteur, expliquait dans son courrier
électronique du 8 juin 1998:
"Le site dans sa première version a été lancé en juin 1996. Une nouvelle version
(l'actuelle) a été mise en place à partir du mois de septembre 1997. Le but de
ce site est d'aider les bibliothèques à intégrer Internet dans leur
fonctionnement et dans les services qu'elles offrent à leur public. Le service
est décomposé en deux parties:
- une partie "professionnelle" où les bibliothécaires peuvent retrouver des
informations professionnelles et des liens vers les organismes, les institutions
et les projets et réalisations ayant trait à leur activité,
- une partie comprenant annuaire, mode d'emploi de l'Internet, villes et
provinces, etc... permet au public des bibliothèques d'utiliser le service
Biblio On Line comme un point d'entrée vers Internet.
Personellement Internet a complètement modifié ma vie professionnelle puisque je
suis devenu webmestre de site Internet et responsable du secteur nouvelles
technologies d'une entreprise informatique parisienne. Il semble que l'essort
d'Internet en France commence (enfin) et que les demandes tant en matière
d'informations, de formations que de réalisations soient en grande
augmentation."
L'Ecole nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques
(ENSSIB) tient à jour une section Référence, qui comprend notamment des dossiers
thématiques (histoire du livre, enseignement à distance, bibliothèques
électroniques, cours sur Internet en sciences de l'information, économie du
document, normes et normalisation, droit de l'information) et une liste des
revues en sciences de l'information.
L'ENSSIB héberge également la version électronique du Bulletin des bibliothèques
de France (BBF), revue professionnelle bimensuelle créée en 1956.
"Professionnels et spécialistes de l'information y discutent de toutes les
questions concernant la politique et le développement des bibliothèques et des
centres de documentation: évolution par secteur, grands projets,
informatisation, technologies de l'information, écrits électroniques, réseaux,
coopération, formation, gestion, patrimoine, usagers et publics, livre et
lecture..."
Le serveur permet l'accès aux textes intégraux des articles depuis 1995. Dans
son courrier électronique du 6 juillet 1998, Annie Le Saux, rédactrice du
Bulletin des bibliothèques de France, expliquait:
"C'est en 1996 que le BBF a commencé à paraître sur Internet (les numéros de
1995). [...] Nous nous servons beaucoup du courrier électronique pour prendre
contact avec nos auteurs et pour recevoir leurs articles. Cela diminue
grandement les délais. Nous avons aussi recours au Web pour prendre connaisance
des sites mentionnés lors de colloques, vérifier les adresses, retrouver des
indications bibliographiques dans les catalogues des bibliothèques..."
Publié deux fois par an, au printemps et à l'automne, Cursus est le périodique
électronique étudiant de l'Ecole de bibliothéconomie et des sciences de
l'information (EBSI) de l'Université de Montréal (Québec).
Concernant les revues professionnelles anglophones, le Library Journal Digital
(LJDigital), sélection électronique du Library Journal, est la plus ancienne
revue américaine des bibliothèques. Les vingt numéros annuels sont lus par
100.000 abonnés, qui disposent de 7.500 analyses faites par des bibliothécaires
sur des livres, documents audio, documents vidéo, CD-ROM, sites web, magazines,
etc., soit 250 à 300 analyses par numéro, le plus souvent avant la publication
des dits documents.
Publiée par les bibliothèques de l'Université de Houston (Texas, USA), la Public
Access Computer Systems Review (PACS-R) est une revue électronique sur les
systèmes informatiques dans les bibliothèques. Elle est diffusée gratuitement
sur Internet et d'autres réseaux informatiques à environ 8.000 personnes dans
une soixantaine de pays. Les contributions traitent des thèmes suivants:
bibliothèques numériques, systèmes de livraison des documents, édition
électronique, systèmes expert, systèmes hypermédias et multimédias, bases de
données locales, ressources et outils d'information en réseau, catalogues en
ligne. Ses archives sont intégralement disponibles sur le Web.
Les associations de bibliothécaires sont également présentes sur le Web. Fondée
en 1906 et reconnue d'utilité publique en 1969, l'Association des
bibliothécaires français (ABF) est, avec ses 3.500 adhérents, la plus ancienne
et la plus importante association de bibliothécaires en France. Elle regroupe
des bibliothécaires de tous types d'établissements et de toutes catégories.
L'Association des professionnels de l'information et de la documentation (ADBS)
dispose d'un site bilingue français-anglais articulé autour de trois grandes
rubriques : vie associative, vie professionnelle, produits et services.
Créée en 1937, l'American Society for Information Science (ASIS) est une
association de recherche regroupant 4.000 professionnels de l'information et
favorisant les nouvelles théories et techniques permettant d'améliorer l'accès à
l'information. L'Association for Research Libraries (ARL) est une organisation à
but non lucratif regroupant les bibliothèques des institutions de recherche
nord-américaines. Elle est à la fois un forum pour les échanges d'idées et un
agent pour l'action collective, cette action consistant à développer la
communication dans le domaine de la recherche.
A la fois sobre et superbe, le site de l'International Federation of Library
Associations and Institutions (IFLA) offre une mine d'informations dans tous les
domaines de la bibliothéconomie. Organisme international indépendant à
destination des bibliothécaires du monde entier, l'IFLA se veut un carrefour
pour échanger des idées et promouvoir la coopération internationale et la
recherche dans tous les secteurs d'activité des bibliothèques. Ses objectifs
sont de représenter les bibliothécaires au niveau international, promouvoir la
formation continue du personnel des bibliothèques, et développer et mettre en
oeuvre des directives pour les bibliothèques.
Dans son courrier électronique du 18 juin 1998, Olivier Bogros, créateur de La
bibliothèque électronique de Lisieux (Normandie), donnait son sentiment sur la
place d'Internet dans les bibliothèques: