des années, les rédactions locales sont reliées aux rédactions centrales et les
journalistes produisent sur leur propre ordinateur des pages prêtes à
l'impression. Une fois de plus, déclarait-il, "les journalistes et autres
employés des journaux devront adapter leur activité aux nouvelles technologies
afin de soutenir la concurrence et de préserver leur emploi".
Les services en ligne créent de nouveaux emplois. Lors d'une enquête auprès de
l'Association européenne des directeurs de journaux, Heinz-Uwe Rübenach a
observé que les services en ligne recrutaient des journalistes ne provenant pas
des services de presse classiques, et qu'aucun poste n'avait été supprimé dans
des entreprises de presse suite au développement des services en ligne. Phil
O'Reilly, directeur général de la Newspaper Publishers' Association of NZ (NZ:
New Zealand) expliquait qu'en Nouvelle-Zélande aussi le développement des sites
sur Internet a entraîné quelques créations d'emploi. Mais aucun intervenant n'a
donné le pourcentage de création d'emplois par rapport au nombre de
licenciements.
Même si Internet est un gigantesque réservoir d'informations, la presse aura
toujours besoin des journalistes, comme l'explique Jean-Pierre Cloutier, auteur
des Chroniques de Cybérie, dans un article de WebdoMag de juillet 1998:
"Certains ont prévu à court terme la disparition des médias traditionnels et de
leurs artisans. 'Nous n'aurons plus besoin de journalistes quand un bon fureteur
pour les groupes News sera disponible', estimait il y a deux ans Michael Hauben
de l'Université Columbia. 'Plus la population de branchés grandira, plus les
médias d'information professionnels seront marginalisés.' N'en croyons rien.
L'esprit de découverte et le goût de l'exploration et du bricolage technique de
ceux et celles qui ont été précoces à adopter l'Internet (ceux que les
sociologues du Net appellent les early doers) ne sont pas partagés par la
deuxième vague d'utilisateurs qui constituent maintenant la partie la plus
importante de cette 'masse critique'.
Et voilà le défi de la presse spécialisée, c'est-à-dire accompagner le grand
public dans sa découverte du nouveau médium et dans son appropriation de
l'espace cyber, l'aider à analyser, faciliter sa compréhension, ajouter une
valeur à l'information brute."
Le goufre entre les "info-riches" et les "info-pauvres" est particulièrement
présent dans la presse. Dans de nombreux pays africains, le tirage des journaux
est extrêmement faible comparé au chiffre de la population, et chaque exemplaire
est lu par une vingtaine de personnes au moins. Wilfred Kiboro, président de
Nation Printers and Publishers (Kenya) (devenue Nation Media Group le 24 juillet
1998), a observé dans son entreprise la baisse du prix des journaux grâce au
phénomène de convergence multimédia. D'après lui, les coûts de distribution
pourraient eux aussi fortement baisser avec la mise en service d'un système
d'impression par satellite qui éviterait de transporter les journaux par camion
dans tout le pays.
Toutefois la convergence multimédia en particulier et la mondialisation de
l'économie en général placent une fois de plus les pays en développement en état
d'infériorité, puisque les moyens d'impression et de radiotélédiffusion sont
dans les mains de quelques grands groupes occidentaux. Les problèmes économiques
sont également doublés de problèmes culturels: paradoxalement, les informations
concernant l'Afrique à destination des Africains ne viennent pas du continent
lui-même, mais elles sont diffusées par des occidentaux qui transmettent leur
propre vision de l'Afrique, sans réelle perception de sa situation économique et
sociale.
Autre apport de taille au monde de la presse, Internet permet de lire en ligne
des titres difficiles ou impossibles à trouver en kiosque. Un article du
quotidien Le Monde du 23 mars 1998 donne l'exemple du quotidien algérien El
Watan, en ligne depuis octobre 1997. Selon Redha Belkhat, rédacteur en chef du
journal, l'enjeu est capital:
"Pour la diaspora algérienne, trouver dans un kiosque à Londres, New York ou
Ottawa, un numéro d'El Watan daté de moins d'une semaine relève de l'exploit.
Maintenant, le journal tombe ici à 6 heures du matin, et à midi il est sur
Internet."
Internet permet aussi aux journaux interdits d'exister, comme l'hebdomadaire
indépendant La Nation qui, parce qu'il dénonçait les violations des droits de
l'homme en Algérie, a été contraint d'arrêter ses activités en décembre 1996. Un
an plus tard, un numéro spécial était disponible sur le site de Reporters sans
frontières à l'occasion de l'anniversaire de sa disparition. "En mettant La
Nation en ligne, notre but était de dire: cela n'a plus de sens de censurer les
journaux en Algérie, parce que grâce à Internet les gens peuvent récupérer les
articles, les imprimer, et les distribuer autour d'eux", indiquait Malti
Djallan, à l'origine de cette initiative.
Nouvelles du bled est un journal électronique sur l'Algérie créé en décembre
1997 par Christian Debraisne, français, et Mohamed Zaoui, journaliste algérien
en exil. L'équipe est maintenant constituée d'une douzaine de personnes qui se
retrouvent le jeudi soir dans un café du onzième arrondissement de Paris.
Christian Debraisne, qui effectue la mise en page, déclarait dans Le Monde du 23
mars 1998:
"Avec Internet, nous avons trouvé un espace de libre expression et, en prime,
pas de problème d'imprimerie ni de distribution. Je récupère tous les papiers et
je les mets en ligne la nuit à partir de chez moi."
La revue de presse est effectuée à partir des journaux d'Alger. Dans le même
article, Mohamed Zaoui expliquait:
"La rédaction d'El Watan, par exemple, nous envoie des papiers qu'elle ne peut
pas publier là-bas. C'est une façon de déjouer la censure. J'avais envie d'être
utile et j'ai pensé que mon rôle en tant que journaliste était de saisir
l'opportunité d'Internet pour faire entendre une autre voix entre le
gouvernement algérien et les intégristes."
Selon une enquête menée en février 1998 aux Etats-Unis par Market Facts pour le
compte de MSNBC (Microsoft Network Broadcasting Corporation), Internet est en
train de supplanter les médias classiques en tant que diffuseur de nouvelles.
Avec une moyenne générale d'utilisation de 3,5 heures par semaine, Internet
surclasse les magazines (2,4 heures), et il est déjà pratiquement à égalité avec
les journaux (3,6 heures). Il tend à se rapprocher de la radio (4,5 heures), de
la télévision par câble (5 heures) et de la télévision classique (5,7 heures).
De plus, Internet l'emporte sur tous les autres médias pour la consultation des
nouvelles au bureau, particulièrement les nouvelles économiques et financières.
Signe des temps, en France, l'Ecole supérieure de journalisme (ESJ) de Lille
propose maintenant une formation en journalisme multimédia à destination des
journalistes professionnels français et étrangers. "En associant sur un même
support l'écrit, l'image, le son, les ressources documentaires et
l'interactivité, le multimédia modifie substantiellement les pratiques des
éditeurs et des professionnels", indiquait l'ESJ. Une deuxième session de
formation de neuf mois - dont trois mois de stage en entreprise - a débuté en
septembre 1998. Terminée en juin 1998, la première session comprenait huit
diplômés.
Dans un article du cyberquotidien Multimédium datée du 17 avril 1998, Bruno
Guglieminetti, réalisateur aux projets spéciaux numériques de Radio Canada,
expliquait:
"Le journalisme en ligne fait appel à une toute autre philosophie, à un tout
autre système de production que le journalisme "traditionnel". Avec la création
de cette filière, Lille se plante vraiment à l'avant-garde du journalisme
européen, ce qui n'empêchera pas les journalistes traditionnels d'y recevoir
leur formation et d'y trouver leur compte."
La presse doit maintenant compter avec Internet pour les ressources qu'il offre
dans de nombreux domaines:
- rapidité de propagation des informations,
- accès immédiat à de nombreux sites d'information,
- liens à des articles et sources traitant du même sujet,
- énormes capacités documentaires allant du général au spécialisé et
réciproquement (cartes géographiques, notices biographiques, textes officiels,
informations politiques, économiques, culturelles, etc.),
- grande variété d'illustrations suite au développement de stocks d'archives
photographiques liés à des sites d'information,
- possibilités d'archivage avec dossiers d'archives et moteurs de recherche
permettant de retrouver rapidement un article.
Internet permet une information en profondeur qu'aucun organe de presse ne
pouvait donner jusqu'ici. Derrière l'information du jour se trouve toute une
encyclopédie qui aide à la comprendre.
Même si la presse en ligne s'allie de plus en plus avec l'audiovisuel et la
vidéo, l'important reste son contenu, comme le rappelait Jean-Pierre Cloutier,
auteur des Chroniques de Cybérie, dans son courrier électronique du 8 juin 1998:
"Dans le cas des Chroniques de Cybérie, nous avons pu lancer et maintenir une
formule en raison des coûts d'entrée relativement faibles dans ce médium.
Cependant, tout dépendra de l'ampleur du phénomène dit de 'convergence' des
médias et d'une hausse possible des coûts de production s'il faut offrir de
l'audio et de la vidéo pour demeurer concurrentiels. Si oui, il faudra songer à
des alliances stratégiques, un peu comme celle qui nous lie au groupe Ringier et
qui a permis la relance des Chroniques après six mois de mise en veilleuse. Mais
quel que soit le degré de convergence, je crois qu'il y aura toujours place pour
l'écrit, et aussi pour les analyses en profondeur sur les grandes questions."
6. LES BIBLIOTHEQUES SUR LE WEB
[Dans ce chapitre:]
[6.1. Bibliothèques francophones / 6.2. Répertoires de bibliothèques / 6.3.
Internet dans les bibliothèques / 6.4. L'avenir des bibliothèques avec Internet]
Ce chapitre est consacré aux sites créés par des bibliothèques traditionnelles,
caractérisées par des bâtiments, des bibliothécaires, des documents alignés sur
les rayonnages, et des tables et sièges pour les lecteurs. Les
cyberbibliothèques, ensembles de textes électroniques disponibles sur Internet,
seront abordées au chapitre suivant.
Après avoir présenté quelques sites de bibliothèques francophones et plusieurs
répertoires de bibliothèques en Europe et dans le monde, on se penchera sur
l'utilisation d'Internet dans les bibliothèques, les nouveaux outils qu'il
apporte aux bibliothécaires, et l'avenir des bibliothèques face à cette
gigantesque manne documentaire formée à la fois par un Web encyclopédique et des
cyberbibliothèques de plus en plus nombreuses.
6.1. Bibliothèques francophones
Le site très coloré de la Bibliothèque publique d'information (BPI) est un
modèle du genre. Incluse dans le Centre national d'art et de culture Georges
Pompidou qui est lui-même situé au coeur de l'ancien quartier des Halles, la BPI
est la grande bibliothèque parisienne multimédia en libre accès. En travaux pour
restructuration après vingt ans de fonctionnement (1977-1997), elle a déménagé
provisoirement en novembre 1997 dans d'autres locaux du même quartier, avec
réouverture prévue en l'an 2000. La page d'accueil de son site web permet le
choix entre l'accueil à la BPI, l'organisation de la bibliothèque, son
catalogue, les guides et outils, la programmation, les formations, les
publications, le courrier et les sites web.
Le serveur de la BPI propose un accès direct aux catalogues des bibliothèques
françaises. Il propose aussi l'Oriente-Express, un répertoire d'adresses de
bibliothèques et de centres de documentation publics ou privés situés à Paris ou
en région parisienne, choisis soit parce qu'ils sont ouverts à un large public,
soit parce qu'ils font référence dans leur domaine. Tous les organismes sont
présentés dans un cadre identique avec description des fonds et des domaines
couverts, et un lien hypertexte vers leur site web.
Bilingue français-anglais, le serveur de la Bibliothèque nationale de France
(BnF) est à la fois solidement ancré dans le passé et résolument ouvert sur
l'avenir, comme en témoigne le menu principal de la page d'accueil avec ses neuf
rubriques: nouveau (les nouvelles manifestations culturelles), connaître la BnF,
les actualités culturelles, les expositions virtuelles (quatre expositions en
septembre 1998: les splendeurs persanes, le roi Charles V et son temps,
naissance de la culture française, tous les savoirs du monde), des informations
pratiques, l'accès aux catalogues de la BnF, l'information professionnelle
(conservation, dépôt légal, produits bibliographiques, etc.), la bibliothèque en
réseau (francophonie, coopération nationale, coopération internationale, etc.),
et les autres serveurs (bibliothèques nationales, bibliothèques françaises,
universités, etc.). Enfin, bien en vue sur la page d'accueil, une photo ancienne
permet d'accéder à Gallica, la cyberbibliothèque de la Bibliothèque nationale de
France, sur laquelle on reviendra dans le chapitre suivant.
Le beau site bilingue français-anglais de la Bibliothèque municipale de Lyon
propose quelques photos "pleine page". Il est organisé à partir du menu suivant:
services en ligne, visite, collections, expositions, calendrier culturel, infos
pratiques et liens.
Les sites web de bibliothèques françaises sont de plus en plus nombreux, et
plusieurs répertoires ont été créés pour faciliter leur accès.
Réalisé par Thierry Samain, le répertoire des catalogues des bibliothèques
francophones de l'ENSSIB (Ecole nationale supérieure des sciences de
l'information et des bibliothèques) donne la liste de toutes les bibliothèques
francophones classées en fonction des sept rubriques suivantes: bibliothèques
générales, arts, droit et économie, lettres et sciences humaines, médecine,
sciences de l'information et bibliothèques, sciences et techniques.
L'Association des bibliothécaires français (ABF) tient un répertoire des
bibliothèques sur Internet en France, en francophonie et dans le monde.
Les sites Web des bibliothèques de Biblio On Line comprend cinq parties:
bibliothèques publiques, bibliothèques universitaires, réseaux de bibliothèques,
bibliothèques spécialisées et bibliothèques virtuelles.
Résultat de la coopération entre sites web en bibliothéconomie et sciences de
l'information, Sitebib permet maintenant une "gestion partagée des liens" entre
différents organismes.
Situé sur le site de la Bibliothèque nationale de France, le Catalogue collectif
de France (CCFR) permet de "trouver des informations détaillées sur les
bibliothèques françaises, leurs collections et leurs fonds (anciens, locaux ou
spécifiques), connaître précisément les services qu'elles rendent et interroger
leur catalogue en ligne".
6.2. Répertoires de bibliothèques
Les répertoires des bibliothèques tenus à jour par des organismes français
viennent d'être signalés.
Il existe bien sûr des répertoires nationaux pour chaque pays, par exemple, sur
le site du Fachbereich Informatik de la Techniche Universität de Berlin
(Allemagne), Bibliotheken, qui donne la liste des bibliothèques nationales,
universitaires et publiques d'Allemagne, d'Autriche et de Suisse, ou encore
BIBSYS, qui est le site des bibliothèques de Norvège.
Géré par la bibliothèque de l'Université d'Exeter, Library and Related Resources
est la liste des principales ressources offertes par les bibliothèques, musées
et centres de recherche du Royaume-Uni.
Dans sa section Library and Information Science Resources, la Library of
Congress (USA) donne une liste des bibliothèques publiques et bibliothèques
universitaires avec accès à leurs serveurs et à leurs catalogues. Plusieurs
autres rubriques concernent la recherche et la référence, les services
techniques, les collections particulières, les cyberbibliothèques, les
organisations professionnelles, les écoles des sciences de l'information et des
bibliothèques, les journaux professionnels et les fournisseurs de bibliothèques.
A l'échelon européen, la rubrique General Library Resources on the Web, gérée
par l'Union européenne, donne une liste des bibliothèques en Europe et dans le
monde, une liste des bibliothèques publiques, une liste d'éditeurs, et des
informations diverses sur les bibliothèques et les projets de l'Union européenne
dans ce domaine.
Site trilingue anglais-français-allemand, Gabriel est l'acronyme de "Gateway and
Bridge to Europe's National Libraries". Comme son nom l'indique, il s'agit du
serveur des bibliothèques nationales européennes, créé afin d'offrir un point
d'accès unique aux services et collections de ces bibliothèques.
"Gabriel rappelle également les travaux de Gabriel Naudé, dont l'Advis pour
dresser une bibliothèque (Paris, 1627) est le premier travail théorique en
Europe sur les bibliothèques et qui constitue ainsi un point de départ sur les
bibliothèques de recherche modernes. Le nom Gabriel est aussi employé dans de
nombreuses langues européennes et vient de l'Ancien Testament, Gabriel étant
l'un des archanges ou messager céleste. Il est également présent dans le Nouveau
Testament et dans le Coran."
Le site procure des liens hypertextes avec tous les services en ligne des
bibliothèques nationales européennes. Il couvre les pays suivants: Allemagne,
Autriche, Belgique, Bulgarie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France,
Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie,
Luxembourg, Macédoine, Malte, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République
slovaque, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, San Marino, Suède, Suisse,
Turquie et Vatican. Le site donne aussi des nouvelles de leurs projets communs.
Comment Gabriel vit-il le jour?
L'idée d'un site web commun aux bibliothèques nationales européennes fut émise
en 1994 à Oslo (Norvège) lors de la réunion de la Conference of European
National Libraries (CENL). En mars 1995, une nouvelle réunion rassembla les
représentants de la Koninklijke Bibliotheek (Pays-Bas), la British Library
(Royaume-Uni) et la Bibliothèque de l'Université d'Helsinki (Finlande) afin de
discuter du site web de la CENL. Ils se mirent d'accord sur un projet pilote et
furent ensuite rejoints par trois autres bibliothèques nationales: Die Deusche
Bibliothek (Allemagne), la Bibliothèque nationale de France et la Biblioteka
Narodowa (Pologne).
Le projet Gabriel fut approuvé en septembre 1995 lors de la réunion annuelle de
la CENL à Berne (Suisse). Il fut ensuite lancé sur Internet par la British
Library qui s'occupa de sa maintenance éditoriale, avec la collaboration des
bibliothèques nationales de Finlande et des Pays-Bas. La seconde étape eut lieu
entre octobre 1995 et septembre 1996. Toutes les bibliothèques nationales qui
n'avaient pas participé à la phase pilote furent invitées à se joindre au
projet, ce qui permit une extension rapide de celui-ci. Entre-temps, de
nombreuses bibliothèques avaient ouvert leur propre serveur web. Lors de sa
réunion à Lisbonne (Portugal) en septembre 1996, la CENL décida le lancement de
Gabriel en tant que service officiel de la CENL à compter du 1er janvier 1997.
Sa maintenance éditoriale fut reprise par la Koninklijke Bibliotheek (Pays-Bas).
La recherche sur Gabriel peut être effectuée par pays ou bien par type de
services. Ces types de services sont les suivants : OPAC (online public access
catalogues), bibliographies nationales, catalogues collectifs nationaux, index
du contenu des périodiques, serveurs web, gophers (systèmes d'information à base
de menus textuels à plusieurs niveaux), et liste complète des services en ligne
par bibliothèque.
Quelle est la situation dans les bibliothèques publiques?
Internet and the Library Sphere, document de l'Union européenne mis à jour le 11
décembre 1998, évalue à environ 1.000 le nombre de bibliothèques publiques ayant
un serveur web. Ces bibliothèques sont réparties dans une trentaine de pays. Les
pays les plus représentés sont la Finlande (247 bibliothèques), la Suède (132
bibliothèques), le Royaume-Uni (112 bibliothèques), le Danemark (107
bibliothèques), l'Allemagne (102 bibliothèques), les Pays-Bas (72
bibliothèques), la Lituanie (51 bibliothèques), l'Espagne (56 bibliothèques) et
la Norvège (45 bibliothèques). Les pays nouvellement représentés sont la
République tchèque (29 bibliothèques) et le Portugal (3 bibliothèques). La
Russie propose aussi une liste de 26 bibliothèques de référence sur le Web. Les
sites sont très hétérogènes. Certains mentionnent seulement des informations de
base telles que l'adresse des locaux et les heures d'ouverture, tandis que
d'autres proposent toute une gamme de services, ainsi que l'accès à l'OPAC
(online public access catalogue) de la bibliothèque.
Public Libraries of Europe, liste de Sheila et Robert Harden, procure un
annuaire des sites de bibliothèques publiques européennes avec classement par
pays. Géré par la St Joseph County Public Library, à South Bend (Indiana, USA),
SJCPL's Public Library WWW Servers répertorie 560 serveurs de bibliothèques
publiques dans le monde.
Si on souhaite un outil à l'échelle mondiale, LibWeb: Library Servers via WWW,
tenu à jour par Thomas Dowling, de la Digital Berkeley Library (Californie,
USA), recense tous les serveurs de bibliothèques disponibles sur le Web, à
savoir 2.500 serveurs dans 70 pays. La mise à jour est quotidienne, tous les
jours à minuit heure locale. La recherche est possible par lieu, type de
bibliothèque ou nom. Excepté pour les Etats-Unis, le classement est effectué par
continent et non par pays. Une centaine de bibliothèques européennes est
répertoriée.
6.3. Internet dans les bibliothèques
L'Union européenne dispose d'un Programme des bibliothèques dont le but est
d'aider au développement des ressources Internet et de faciliter les connexions
des bibliothèques avec l'infrastructure de l'information et des communications.
Le développement de systèmes appropriés est effectué en fonction de deux
objectifs principaux: d'une part faciliter l'accès de l'usager aux ressources de
la bibliothèque, d'autre part faciliter l'interconnexion des bibliothèques entre
elles dans le cadre du développement des autoroutes de l'information. Les tests
de validation sont accompagnés de mesures permettant de promouvoir des normes,
diffuser des résultats et informer le personnel des bibliothèques des
possibilités offertes par les systèmes télématiques.
Parallèlement à ces travaux menés à l'échelon international, de nombreuses
bibliothèques sont en train de développer une cyberbibliothèque à côté de leurs
collections traditionnelles.
La Bibliothèque nationale de France a créé Gallica qui, dans un premier temps,
propose des images et textes du 19e siècle francophone. Une sélection de 3.000
livres est complétée par un échantillon de la future iconothèque numérique.
Grâce à son site web, la Bibliothèque municipale de Lyon met ses enluminures à
la disposition de tous. Une sélection de 3.000 images (avec une prévision de
10.000) permet au grand public de faire connaissance avec 200 manuscrits et
incunables s'échelonnant du 5e siècle à la Renaissance. La bibliothèque
électronique de Lisieux propose chaque mois la version intégrale d'une oeuvre
littéraire, ainsi que les oeuvres littéraires des mois précédents.