Cherté des vivres en Hollande

_On nous communique des extraits de journaux hollandais, qui nous

montrent que les pays neutres eux-mêmes, souffrent de la situation

économique créée par la guerre. Nous les publions, sans autre

commentaire._

Rotterdam, 15 juin.

Après la réunion qui a eu lieu pour protester contre la cherté des

vivres, il y a eu des rencontres dans les rues de la Ville, entre la

foule et la police. Dans le voisinage de l'Hôtel de Ville, la police

montée, a dû tenir tête à plusieurs reprises à de violentes attaques et

n'a pu disperser la foule excitée, qu'à l'arme blanche. Celle-ci s'est

ensuite dirigée dans l'intérieur de la ville, en lançant des pavés et en

cassant les devantures des magasins.

Ici aussi, la police a dû faire plusieurs charges.

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La Haye, 15 Juin.

Hier plusieurs centaines de femmes se sont rendues chez le Ministre de

l'Intérieur et chez le Maire, pour leur transmettre une adresse au sujet

de l'énorme cherté des vivres. Le Ministre les a informées que le

Gouvernement avait pris des mesures, pour pouvoir fournir à la

population des vivres à bon marché. Pour parer au manque de pommes de

terre qui s'est produit par la grande exportation de celles-ci, le

Gouvernement avait consigné les approvisionnements de pommes de terre

existants, disait-il, et avait fermé la frontière pour la nouvelle

récolte des pommes de terre.

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La Haye, 15 juin (dépêche privée).

A la seconde Chambre hollandaise, il y a eu aujourd'hui l'interpellation

du socialiste Schaper, sur la cherté des vivres en Hollande et sur la

politique d'exportation du Gouvernement de la Hollande.

Dans sa réponse, le Ministre a déclaré que la politique économique du

Gouvernement d'après laquelle on devait plutôt s'occuper des grandes

lignes que des petits détails était raisonnable. On ne pouvait nier que

la prospérité régnait dans le pays, que les salaires étaient élevés et

que le chômage n'était pas plus marqué qu'à l'ordinaire, le crédit non

plus n'avait pas été ébranlée.

Il n'oubliait pas, disait-il, que le moment actuel amenait pour beaucoup

de personnes des temps durs et que le Gouvernement ne négligerait pas

son devoir d'intervenir au moment où les vivres deviendraient chers. Le

manque de pommes de terre ne s'expliquait pas par une exportation

exagérée de cette denrée à l'étranger (en exceptant les pommes de terre

passées en fraude à l'étranger), mais par le fait qu'une grande quantité

de pommes de terre destinées à la consommation avait été achetée pour

l'industrie et de plus qu'au moment où celles-ci avaient été très bon

marché, de grandes quantités avaient été employées comme fourrage.

Le Ministre a consigné à présent, comme les plaintes deviennent plus

nombreuses en Hollande méridionale 1.200.000 kgs de pommes de terre et

en Frise 350.000 kgs. La récolte nouvelle était proche, disait-il et

l'_abondance_ des pommes de terre à ce moment en réduirait les prix.

L'exportation serait absolument prohibée et ne serait autorisée que

lorsque les prix seraient de nouveau normaux pour le peuple hollandais.

On n'avait pas dû tout exporté du bétail de boucherie, à l'exception de

petites expéditions envoyées en Belgique, par exemple. A présent, toute

exportation de bétail serait prohibée. On se plaignait aussi, disait le

Ministre, du manque de sucre. Le sucre aurait été détenu en grandes

quantités et, pour cette raison le gouvernement faisait consigner le

sucre. Ces jours derniers, huit millions de kilos avaient été saisis à

Rotterdam.

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Bulletin de Lille, 1916.07 publié sous le contrôle de l'autorité allemande · 第 24 / 153 题