Les règlements de l'Académie de France imposent aux pensionnaires un
certain nombre d'obligations, au nombre desquelles la plus importante
consiste dans l'envoi annuel d'un ou de plusieurs ouvrages de peinture,
de sculpture, de gravure ou d'architecture. Une exposition solennelle de
tous ces ouvrages a lieu d'abord sous les portiques de la villa Médici,
où toute la Rome artiste vient pendant quelques jours étudier les
travaux de nos jeunes compatriotes; ils sont ensuite envoyés à Paris, et
exposés publiquement, dans les salles de l'École des beaux-arts; un
heureux usage veut qu'on joigne à cette exposition les oeuvres qui
viennent de remporter les grands prix aux concours de l'année.
Des retards survenus dans l'expédition des caisses qui contenaient les
envois de 1873, ont obligé l'administration de l'École des beaux-arts à
ajourner l'ouverture de l'exposition jusqu'au moment où la fin des
vacances aurait ramené à Paris maîtres et élèves, un peu dispersés
depuis deux mois, et ce n'est guère que dans le courant de la semaine
prochaine que le public sera admis à juger des progrès de nos
pensionnaires.
On retrouvera, entre autres morceaux intéressants, le beau tableau de M.
Morot, qui vient de remporter le grand prix de peinture, et dont
l'_Illustration_ donne aujourd'hui une reproduction; nous croyons aussi
pouvoir signaler à l'avance, en nous reportant aux souvenirs que nous a
laissés l'exposition de la villa Médici, l'envoi de M. Blanchard _Hylas
et les Nymphes_, celui de M. Toudouze, _Eros et Aphrodite_, et de M.
Merson, une curieuse esquisse peinte, _Saint François et le loup
d'Aggubbio_; parmi les sculpteurs, le groupe de M. Noël, _Roméo et
Juliette_, la _Tentation d'Ève_, de M. Allais, un bas-relief de M.
Marqueste, _Jacob et l'Ange_, et enfin le magnifique groupe de M.
Mercié, reproduit ci-contre, intitulé _Gloria victis_, oeuvre
patriotique, digne de la réputation et des succès de l'auteur du
_David._