C'été la fils de ce princesse

Note sur la transcription: Les erreurs clairement introduites par le

typographe ont été corrigées. L'orthographe d'origine a été conservée

et n'a pas été harmonisée.

Les autres erreurs très apparentes (mots masculins en féminin et/ou le

contraire), sont voulues par l'auteur. Il paraît qu'il s'agit de

l'humour typiquement québécois.

Petit Histoire des Grandes Rois

de Angleterre

PETIT HISTOIRE

DES

GRANDES ROIS

DE

ANGLETERRE

PAR

OUN COLONISTE DES PLUS VERIDIQUES

Edition augmentée,

agrandie et beaucoup additionnée

[Logo]

QUEBEC

TYP. LAFLAMME & PROULX

1910

AVERTISSEMENT

Il y a quelques années, un ami des Canadiens-français, feu M. le

docteur W.-H. Drummond, de Montréal, prenait plaisir à publier, de

temps à autre, dans les journaux de la métropole, des pièces rimées au

cours desquelles il prêtait à de nos compatriotes français un langage

formé d'un mélange d'expressions anglaises apprises, pour ainsi dire,

à la volée, et de tournures françaises d'une saveur de terroir des

plus prononcées. Ce rapprochement à la bonne franquette des deux

idiomes de notre pays amenait, va sans dire, des situations d'un

réalisme amusant, bien que parfois poussé à des limites

invraisemblables. Je n'en veux donner pour exemple que les quelques

vers suivants, que je tire du volume intitulé _The Habitant_, dans

lequel le poète anglais a réuni ses pièces:

I read on de paper

mos' ev'ry day all about Jubilee

An' grande procession movin' along, an' across de sea,

Dat's children of Queen Victoriaw comin' from far away

For tole _Madame_ w'at dey think of her, an' wishin' her _bonne santé_.

An' if anyman want to know _pourquoi les Canayens_ should be dere

Wit' res of de worl' for shout Hooraw an' t'row hees cap on de air,

Purty quick I will tole heem the reason w'y we feel lak' de oder do.

For if I'm only poor _habitant_ I'm not on de _sapré fou_.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

So de sam' as two broder we settle down, leevin' dere han' in han',

Knowin' each oder, we lak' each oder, de French an' de Englishman,

For it's curi's t'ing on dis worl', I'm sure you see it agen an agen

Dat offen de mos' worse _ennemi_, he's comin' de bes', bes' friend.

J'eus dans le temps,--c'était en 1897,--l'idée de répondre au badinage

du sympathique docteur en faisant, à mon tour, parler en français un

de nos compatriotes anglais; et c'est alors que parut dans certains

journaux de Québec et de Montréal une pièce que j'avais intitulée:

_Ode à Victoria Ire à l'occasion qu'elle joubile en Diamond_.

L'accueil bienveillant qui lui fut fait m'engagea, un peu plus tard, à

écrire la _Petit Histoire_ dont je me permets de présenter aujourd'hui

l'édition «augmentée, agrandie et beaucoup additionnée». Puisse-t-elle

être accueillie par nos compatriotes de langue anglaise avec le même

esprit de bienveillance que nous apportons encore nous-mêmes à la

lecture du livre humoristique de M. le docteur Drummond.

Nous vivons dans un pays où la connaissance des langues anglaise et

française est non seulement utile, mais d'une nécessité de tous les

instants. Chacun de nous sait bien--disons-le toujours!--s'exprimer

d'une manière passable dans sa langue maternelle; mais, lorsque nous

nous trouvons aux prises avec l'autre langue, celle qui nous est moins

familière, nous sommes plus ou moins portés à commettre des hérésies

ou d'amusants quiproquos qu'un peu de réflexion, suggérée peut-être

par la critique, pourrait nous faire éviter.

C'est sans doute dans cet esprit que le docteur Drummond a écrit ses

poèmes humoristiques, et c'est pareillement, que l'on veuille bien le

croire, sans plus de méchanceté que je mets ma _Petit Histoire_ sous

les yeux des lecteurs anglais. On réussit parfois à faire, au moyen

d'un simple badinage de bon aloi, ce que ne saurait accomplir une

démonstration sérieuse et compliquée.

Ephrem CHOUINARD

AVANT-PROPOS

Pour bien comprenner le Histoire

De ce qu'on appelle les rois,

Il faut fixer dans son mémoire

Certains points au nombre de trois,

Savoir: tout d'abord la première;

Ensouite la numero deux;

Puis, enfin, vienné le dernière

Qui n'est pas la moindre d'entr'eux.

La roi, qu'il soit mâle ou femelle,

Est oun être qui vient d'En Haut,

Et, par conséquent, tout en elle

Doit être trouvé bonne et beau.

C'est la premier point. La deuxième,

Venant ensouite du premier,

C'est que, pour oun roi vilain même,

Chacun doit être coutumier

D'aller se jeter dans le braise

Pour y rester tant qu'il est cuit,

Et se considérer fort aise

De s'être fait griller pour lui.

La troisième est beaucoup curieuse:

C'est que la roi «can do no wrong»,

Que ce soit dans le guerre affreuse

Ou la simple jeu de _Ping-Pong_.

Bien! En mettant dans votre tête

Ces trois points dextrement trouvés,

Vous ne jugerez rien de bête

Dans les faits qui sont relevés,

Sur la trône de Angleterre

On vit si tant de grandes rois

Qu'on ne savé plus comment faire

Pour le dire assez bien des fois.

Depouis la tout premier d'entr'elles

Jousqu'à notre saige Edouard Sept,

Tous nos monarques sontaient belles

Et beaucoup grands, comme l'on sait.

Dans les autres pays du monde

Oh! l'on vit bien, de temps en temps,

Certains rois de savoir profonde

Ou possédant d'autres talents.

Mais ce n'était point le coutume

Et, je le dis en vérité,

Trop souvent la royal costume

Cachait le médiocrité.

Bien, chez nous c'été différente;

De rois savants et pleins d'honneur

Nous avons eu souite charmante

Et tout ce qui fut la meilleur.

Quant aux monarques féminines,

C'était aussi pareil toujiours,

Et de plus vertueuses mines

Jamais vit-on meilleur concours.

Je ne dis pas que rois et reines

N'eurent jamais de manquements,

Ni que souvent par grandes haines

Ils n'ont pas fait souffrir leurs gens.

D'aucuns ont commis des sottises,

Volé les biens de leurs voisins,

Pillé les trésors des églises

Et dans la sang trempé leurs mains.

Quelques-uns ont battu leurs mères,

Assassiné frères et soeurs;

Mais, à part ces petits misères,

Oh! c'était d'excellentes coeurs.

Je veux vous en donner les preuves

Par cette histoire en raccourci

Que, dans ces vers tout à fait neuves,

Je vais vous présenter ici.

[Décoration]

Race Saxonne

[Illustration]

EGBERT-LE-GRAND

(827-837)

Oun roi sauvaige ou chef de bande

Etait Egbert probablement,

Et qu'il était d'oun vertu grande

Nul n'affirmerait sous serment.

Issu de le race saxonne,

Il été la premier garçon

Qui porta l'anglaise couronne

D'oune indépendante façon.

On ne sait pas de lui grand chose,

Ni s'il fut bon, nul ou méchant;

Et, peut-être pour cette cause,

On le surnomme Egbert-le-Grand.

Peut-être aussi cet nom splendide

Lui vienné de ce qu'oun beau jour

En France d'oun pas très rapide

Il dut aller faire oun séjour;

Et ce fut la roi Charlemagne

Qui le reçut dans sa palais[1].

Chacun sait que toujours on gagne

A fréquenter les gens replets.

Le puce qui pique oun princesse,

Par exemple, il est plus heureux

Qu'oun pauvre ciron en détresse,

Dessus le peau d'oun miséreux.

Charlemagne étant maggnifique,

Egbert fit bien de frotter lui;

Et c'est oun saige politique

Qui soubsisté même aujourd'hui.

Que d'êtres d'insiggnificance

Atteignent la plus haut crédit,

Pour avoir avec persistance

Faisé la frottaige susdit!

[1] Voir note à l'appendice.

ETHELWOLF 836-858

ETHELBALD 858-860

ETHELBERT 860-866

ETHELRED Ier 866-871

Puis, pour trente ans le Angleterre

Fut en guerre avec les Danois

Qui les Anglais mettaient à terre

Souvent et beaucoup à le fois.

Cependant l'anglaise couronne

Il ne fut pas foulée aux pieds,

Mais retomba sur le personne

De rois plus ou moins estropiés.

Ethelwolf il vint après l'autre

Dont nous avons parlé tantôt,

Et fut si tant oun bon apôtre

Que j'en veux dire oun petit mot.

Qu'il nous suffise de comprendre

Qu'oun beau jour, je ne sais trop quand,

Du roi de France il devint gendre

...On s'imagine bien comment,

Et que--la ciel le garde et sauve!--

La beau-père de notre roi

Il s'appelait Charles-le-Chauve

...On peut bien deviner pourquoi.

Reprenant la fil de l'histoire,

Plus tard Ethelwolf s'en alla

Faire oun voyaige méritoire

A Rome, et fut si long par-là

Que, dans la cours de son absence,

Ethelwald, son fils, vrai coquin,

Avec le plus grande indécence

Prit le couronne et le fit sien.

Cet garçon, après deux années,

Finit son règne, par bonheur,

Et l'oun de ses frères puinées,

Ethelbert, fut sa successeur.

De cet-lui je dis peu de chose,

Attendu que je n'en sais rien.

D'Ethelred encore je n'ose

Risquer oun mot en mal ou bien,

Si ce n'est qu'il était la frère

De la monarque précédent

Et que, dit-on, il fut le père

Du roi fameuse Alfred-le-Grand.

[Illustration]

ALFRED-LE-GRAND

(871-900)

Dans la cours des règnes dernières

Les Danois, peuple belliqueux,

Causèrent beaucoup les misères

Aux Saxons en allant chez eux.

On se faisait la diable-à-quatre,

Pillant et tuant tour à tour

Et des moyens de se combattre

Sans cesse cherchant, nuit et jour.

Si tant qu'on ne pouvait connaître,

A travers le confusion,

Si la Danois était la maître

Ou bien si c'était la Saxon.

C'est alors que vint oun garçonne

Qui portait la doux nom d'Alfred,

Réclamer pour lui le couronne

Transmis par son père Ethelred.

Il battit à plate couture

Ses très «troublesome» voisins

Que certaines liens de nature

Faisaient à peu près des cousins.

Plus tard le famille danoise

Il vainquit Alfred à son tour;

Mais lui, prince habile et sournoise,

En lui jouant oun fameux tour[2],

Le chassa de sa territoire.

Depuis, la Saxon conquérant

Régna tranquille et plein de gloire

Et mérita la nom de Grand,

Si tant il fit au _people_ anglaise

Du bien, du bien, toujiours du bien.

Même, en passant, je suis fort aise

De signaler comme étant sien

L'institution trèsment bonne

(En attendant mieux) du jury[3],

Que l'on aime plus que personne

Pourvu... que l'on n'y soit pas pris.

Oh! ce fut oun fameux monarque

Que cet mossieur Alfred-le-Grand,

Et sous son oeil l'anglaise barque

Il vogua toujours en avant.

[2] Voir note à l'appendice.

[3] Voir note à l'appendice.

[Illustration]

EDOUARD Ier L'ANCIEN

(900-925)

Cet Edouard s'appelé l'Ancienne

Pour ne pas confusionner

Avec oun autre qui s'amène,

Plus loin, du nom d'Edouard Premier.

Cet-lui qu'ici je vous mentionne

Il était fils d'Alfred-le-Grand,

Et sur son tête le couronne

Il eut oun lustre flamboyant,

Sinon autant que pour son père,

Du moins, assez pour sa bonheur.

Il pratiqua souvent le guerre

--Car il était fin batailleur,--

Et vainquit sa cousin germaine[4]

Qui cherchait à le détrôner,

Ainsi que d'autres qui, sans gêne,

Voulaient sa pays gouverner.

Puis, aimant d'oune amitié vive

La roi de France, Charles Trois[5],

Il lui donna son fille Ogive,

Bonne et charmant tout à la fois.

On dit aussi que cet bon prince,

Pour les sciences très porté,

Fonda--bienfait qui n'est pas mince,--

La Cambridge université.

[4] Voir note à l'appendice.

[5] Voir note à l'appendice.

ATHELSTAN

(925-941)

De cet-lui-là l'histoire nette

Pouvé se dire en quelques mots;

Mais nous n'avons de son binette

Point de traits ni petits ni gros.

Pour d'autres encor qui font suite

J'ai le même embarrassement,

N'ayant que leur seule conduite

Pour les rappeler oun moment;

Et j'en suis chagrin à l'extrême,

Car quelques-uns, sans contredit,

Furent de ces princes qu'on aime

Parmi tant d'autres qu'on maudit.

Athelstan était fils de l'autre

Qui s'appelait Edouard Premier.

Il vécut comme oun bon apôtre,

De vertus étant coutumier,

Et ne se mettant en colère

Pour bien gouverner son maison

Que lorsque l'on voulait lui faire

Du tintouin sans bonne raison.

Oh!... ce fut oun grande monarque,

Sans doute, et beaucoup très pouissant,

Et sous son oeil l'anglaise barque

Il... a dû filer en avant.

EDMOND I

(941-946)

C'est oun frère du précédente,

Mais il ne régna que cinq ans;

Car, malgré qu'il fut très proudente,

Oun assassin... le mit dedans.

Le chose vous est bien égale,

Mais il paraît que c'est cet roi

Qui mit le peine capitale,

En Angleterre, dans le loi.

Bien! il eût fait oun grand monarque

S'il avait vivé plus longtemps,

Et... sous son oeil l'anglaise barque

Eût bousculé les ouragans.

EDRED

(946-955)

Edred était oun autre frère

De cet-là que l'on vient de voir.

Et pour neuf ans le Angleterre

Sur sa trône il le fit asseoir.

Et... ce fut oun grande monarque,

--Là-dessus je dois insister,--

Et, sous son oeil, l'anglaise barque

Il... ne pouvé pas s'arrêter.

EDWY

(955-957)

Il était fils d'Edmond Première

Et ne fut roi que pour deux ans,

En essuyant dans son carrière

Les choses les plus déplaisants.

Il s'attira, dit-on, le haine

De ses barons et du clergé:

Doublement lourd et cruel chaîne

Qu'à son col il s'était forgé!

Oun grand moitié de sa royaume

Bientôt il perdit sans retour;

Puis les malheurs sur cet pauvre homme

Semblant s'acharner chaque jour,

Pour je ne sais trop quel caprice

Son femme du nom d'Elgiva

Fut condamnée à la supplice,

Et cette perte l'acheva.

Bien! oun traitement de la sorte

Il devait le toucher oun brin,

Et c'est pour cela qu'il est morte,

Bientôt après, dans la chagrin.

EDGARD, LE PACIFIQUE

(957-975)

Edgard, surnommé Pacifique,

(Probablement pour son douceur),

D'Edwy, son frère impolitique,

Devint alors la successeur;

Et, comme il n'était pas de taille

A faire mentir sa surnom,

Il ne commetté le bataille

Jamais sans excellent raison.

D'abord, il s'en va dans l'Ecosse

Livrer trois ou quatre combats,

Puis chez les Irlandais, qu'il rosse

Et met complètement à bas.

Ensouite il faisé sa possible

Pour sa peuple civiliser,

_Well!_... ce qui dut être pénible

Assez qu'il ne put s'amuser.

On dit qu'oune Anglaise jolie

Qui portait la nom d'Elfrida

Le mit en si grande folie

Que pour femme il la demanda.

Mais le porteur de sa messaige,

Ayant conçu même appétit,

Trouva qu'il était beaucoup saige

De garder le femme pour lui.

Le roi fut en si grand colère

A cet trompaige audacieux

Qu'il poignarda le pauvre hère

Et prit son veuve d'autant mieux.

Dans cet événement tragique

La monarque outragé, je crois,

S'il n'eût pas été... Pacifique,

Aurait occis l'autre deux fois.

_Well! Well!_ Cet petit incidence

Il n'est devant vous mentionné

Que pour expliquer l'occurrence

Pourquoi si tant fut malmené

La roi suivant dans notre liste,

Et pourquoi plus loin je vous dis

Que, depuis cet temps, il existe

Oun saint de plus au paradis.

Edgard n'en fut pas moins monarque

Très tendre et beaucoup avenant,

Et sous son oeil l'anglaise barque

Il prit oun grand _sheer_ en avant.

EDOUARD II, LE MARTYR

(975-978)

Après qu'Edgard fut mis en terre,

Edouard, son fils, lui succéda;

Mais il avait pour belle-mère

La susmentionnée Elfrida

Qui, voulant avoir sur la trône

Sa propre fils plutôt qu'Edouard,

Mena du dernier le personne

Dans oun affreuse traquenard.

Il partit un jour pour le chasse

Et n'en revint que... décédé;

D'Elfrida, dit-on, l'âme basse

En avait ainsi décidé.

Cet monarque si jeune et belle

Au ciel mettait tout sa désir,

Et c'est le raison pour laquelle

Il est saint Edouard-le-Martyr

ETHELRED II

(978-1016)

La fils de l'affreux belle-mère

Alors régna trente-huit ans,

Presque toujours étant en guerre

Avec les danois habitants,

Entre Suénon, roi danoise,

Et lui, sans mesure ni frein

Constamment on se cherchait noise

A propos de tout et de rien.

Si tant que la monarque anglaise

De son trône un jour fut chassé,

Et ne put reprendre son aise

Qu'après que l'autre eut trépassé.

Enfin, pour terminer l'affaire,

De Suénon la successeur

Ayant repris le Angleterre,

Ethelred mourut de douleur.

Rois Saxons et rois Danois

[Illustration]

CANUT-LE-GRAND

(1016-1036)

Tenez! voici la roi danoise

Qui s'appelé Canut-le-Grand,

Non pas qu'il fut long d'une toise,

Mais oun roi vraiment conquérant.

Il partagea d'abord la trône

Avec la fils d'Ethelred Deux[6];

Et, pour que l'anglaise couronne

Restât longtemps sur ses cheveux,

Il épousa même son veuve

Et s'en fit comme oun paravent,

Procédé qui n'été pas neuve,

Mais réussit encor souvent.

Si tant qu'il fit naître l'usaige

Parmi les gens des deux pays

D'entremêler par mariaige

Et devenir de bons amis.

Bien! si cet acte souveraine

Est cause qu'aujourd'hui chez nous

Nous avons le plus meilleur reine

Et, certes, la plus beau de tous[8],

Je te bénis de tout mon être,

Canut, pour cette oeuvre important,

Et suis prêt à le reconnaître,

Tu mérites la nom de Grand.

[6] Voir note à l'appendice.

[8] Voir note à l'appendice.

[Illustration]

HAROLD I

(1036-1039)

En mourant, la pouissant monarque

A ses deux fils laissa ses droits,

Canut ayant la Danemarke,

Et l'autre, Harold, la trône anglois.

Mais bientôt entre les deux frères

S'éleva le dissension,

Canut voulant avoir entières

Les deux couronnes sur son front.

Pauvre Harold fit tout diligence

Pour résister à l'attentat;

Mais la bon droit a maigre chance

Auprès d'oun esprit scélérat.

Il advint donc que les deux frères

Etant près d'en venir aux mains,

Harold mourut dans... les misères

Et sans doute aussi les chagrins.

CANUT III ou HARDI-CANUT

(1039-1041)

Oh! c'était oun méchant garçonne,

Avare, hautain, fourbe et cruel,

Ne respectant jamais personne,

Ne craignant ni diable ni ciel.

Si tant que point je ne regrette

De n'avoir pas ici ses traits:

D'oun tel animal le binette

On aime bien mieux loin que près.

Lorsque mourut Harold, son frère,

Cet prince il était si content

Que sur son corps il osa faire

Comme oune danse d'habitant,

Trépignant de joie indiscrète

Et projetant partout dans l'air

Des cris de sauvaige en goguette

Ou de chacal à sa dessert.

Trois ans plus tard il était morte

A son tour et mis en lieu frais.

Tant mieux! que la diable l'emporte,

Et qu'on n'en parle plus jamais!

[Illustration]

EDOUARD-LE-CONFESSEUR

(1041-1066)

Voulez-vous d'oun vrai grand monarque?

Eh bien! cet-lui-là regardez!

Sa règne il fit brillante marque

Parmi ceux des rois décédés.

Fils d'Ethelred dont tout à l'heure

On a rappelé quelques faits,

Il fit tout pour rendre meilleure

Le grand nation des Anglais.

Il était trèsment maggnifique,

Tendre pour les déshérités,

Et souvent d'oun mot pacifique

Il tranchait maints difficultés.

Il vécut toujours sans folie,

Toujours du ciel favorisé,

Et, quoiqu'il eût femme jolie,

Il... fut plus tard canonisé.

HAROLD II

(1066-....)

Beau-frère de la précédente,

Cet-lui-ci ne fit que passer;

Car Guillaume-la-Conquérante

Bien vite il le fit trépasser.

Race Normande

[Illustration]

GUILLAUME I, LE BATARD, LE CONQUERANT

(1066-1087)

L'oun des princes les plus guerrières

Fut Guillaume la Conquérant,

Qui cogna plus d'anglais derrières

Que jamais roi danois ou franc.

Son père était Robert-la-Diable,

Et son mère probablement

Etait quelque chose d'aimable,

Comme l'on dit, à l'avenant.

Dans tous les cas, on nous assure

Qu'il était oun fils naturel,

Ce qui rend la travail bien dure

Pour trouver son mère réel.

De la pays de Normandie

Il était maître; mais, oun jour,

Pour voir sa royaume agrandie

Il médita quelque bon tour.

Se dit-il, si de l'Angleterre

La roi je pouvais devenir,

Oh! mon gloire il serait si claire

Que rien ne le pourrait ternir.

Alors il leva des armées

Et se rua sur les Anglais

Dont les bandes, fort alarmées,

Fuyaient comme des feux follets[9].

Si tant qu'à la fin son pouissance

Il était la maître de tout,

Tandis que l'anglais suffisance

Il était rendu presque à bout.

Sur la trône monta Guillaume

Qui s'y maintint plus de vingt ans.

Oh! c'était oun très habile homme,

Possédant beaucoup des talents.

On dit qu'il fut cruel et fourbe

Et quelque peu vindicatif;

Mais, bah! pour gouverner le tourbe

Ne faut-il pas être oun peu vif?...

D'abord, il prit pour son usaige

Les biens d'oun grand nombre de gens,

Et composa son entouraige

Presque uniquement de Normands.

Puis il bâtit le Tour de Londre,

Oun tas d'effroyables prisons

Où, par le suite, on vit se fondre

Tant de chefs d'illustres maisons.

Pour finir, on en conte oun bonne

Qui, tout d'abord insiggnifiant,

Fait voir qu'aux alentours d'oun trône

Tout il devient mirobolant.

En sus de la vaste domaine

Dont il avait le royauté,

Guillaum possédait oun bedaine

Encor plus plein de majesté.

Ce qui fit dire au roi de France,

Alors Philippe la Premier:

--Cousin Guillaume a plus de panse

Que jamais il n'eût de penser.--

Cet mot mit Guillaume en colère,

Si tant qu'en France traversé

Dans la but de tout mettre à terre,

Par oun archer il fut blessé,

Et mourut dans le Normandie,

Très lâchement abandonné

Par ses trois fils--race jolie--

Auxquels il avait tant donné.

[9] Voir note à l'appendice.

[Illustration]

GUILLAUME II, LE ROUX

(1087-1100)

C'est oun des fils du grand Guillaume

Qui, nous dit-on, en avait trois,

Dont l'oun vécut comme oun pauvre homme,

Et les autres devinrent rois.

De la premier, Robert Courte-Heuse[10],

Très peu de chose il faut conter,

Sinon que, toujiours malchanceuse,

Sur la trône il ne put monter.

Quant à Guillaume, il fut peut-être

Oun assez singulier garçon,

Ayant parfois des goûts de traître,

De cruel ou bien de fripon.

Sa poil de le couleur carotte

L'avait fait surnommé «le Roux»;

Malheur à cet-lui qui s'y frotte

Oun moment qu'il est en courroux!

Si tant qu'il eut oun suffisance

De plus ou moins laids compromis

Et, pour bien dire, oune existence

Veuf de toute espèce d'amis.

Tout de même, il... fut oun monarque,

Disons, très noble et complaisant;

Et... vous savez, l'anglaise barque

Sous son oeil marcha de l'avant.

[10] Voir note à l'appendice.

[Illustration]

HENRI I, dit BEAUCLERC

(1100-1135)

Bien! Voici Henri la Première,

Troisième fils du Conquérant

Et puis, par conséquent, la frère

De la Guillaume précédent.

C'est bien lui. Je vous le réplique

Afin que, peut-être distrait,

Pour cet-là d'oun singe d'Afrique

Vous n'alliez prendre sa portrait.

Comme il était beaucoup savante,

On l'appelait Henri Beauclerc,

Ce qui semble très impioudente,

Puisqu'il n'était ni beau ni... clair.

Il eut avec Robert, son frère,

D'abord de sanglants démêlés

Au cours de lesquels cet dernière

Il fut toujiours des mieux volés.

Pauvre Robert, nommé Courte-Heuse,

Pourtant chef d'oun si grand maison,

Tant de plus en plus malheureuse,

Finit ses jours dans oun prison.

Puis, de cet frère malhabile

Ayant débarrassé son dos,

Henri battit à Brenneville

La roi français Louis le Gros.

Comme on voit, c'est oun grand monarque

Que cet premier des rois Henris,

Et, monté sur l'anglaise barque,

Il a dû prendre bien des ris.

[Illustration]

ETIENNE DE BLOIS

(1135-1154)[11]

D'oun fille de la Conquérante

La fils alors il usurpa.

Usurper semble acte méchante;

Mais nul remords ne l'occupa.

Car, si pour toute autre personne

C'est mal de voler oun chapon,

Pour oun prince tâter oun trône

Oh! c'est considéré très bon.

Son acte est toujiours légitime

Pourvu qu'il remporte son point,

Et ne devient jamais oun crime

Que lorsqu'il ne réussit point.

Etienne donc, à le sourdine,

La trône il prit sans barguigner,

Au détriment de son cousine

Mathilde qui devait régner.

Fille du roi Henri Première

Que je viens de vous présenter,

Ce Mathilde était l'héritière

Qui devait la sceptre porter.

Bien! Etienne il est oun monarque

Qu'il faut très beaucoup admirer,

Puisque avec lui l'anglaise barque

Il ne pouvé pas... chavirer.

[11] Voir note à l'appendice.

Plantagenets

[Illustration]

HENRI II

(1154-1189)

C'été la fils de ce princesse

Mathilde, dont on a conté

Qu'Etienne avait avec prestesse

Accaparé le royauté,

Et la fruit de sa mariaige

Avec Geoffroy Plantagenet,

Non pas oun petit personnaige,

Mais duc d'Anjou, pour parler net.

Henri vivait avec son père

En ressentant oun grand ennui

De voir sa troue d'Angleterre

Tenu si longtemps loin de lui;

Et toujiours refoulant ses larmes

Tant qu'il pouvait dans sa gosier,

De le grand science des armes

Il fit l'apprentissaige entier.

Si tant qu'à cet jeu dangereuse

Il se faisait fort remarquer

Déjà comme oun lutteur fameuse,

Lorsqu'Etienne vint à claquer.

Enfin, Henri prit le couronne

Dont si jeune il était sevré

Et le trouva beaucoup très bonne

Après qu'il s'en vit assuré.

D'Eléonore de Guyenne,

Que Louis Sept, étique époux,

Venait d'abandonner sans peine[12],

Il s'était mis à les genoux;

Si tant qu'avec son héritance

Il posséda, tout à le fois,

Presque le moitié de le France

Et sa propre pays anglois.

Il fit très beaucoup des conquêtes,

Avec ses voisins se battit

Et gagna victoires complètes

Autant qu'il en eut appétit.

Mais, tout en paraissant gentille,

Sa règne il fut bien attristé

Par des querelles de famille

A propos d'oun fils révolté.

Cet fils--nommons-la tout de suite,--

Etait Richard Coeur de Lion.

Nons faut-il blâmer son conduite?...

Tout la monde est d'avis que non.

C'est encor Henri la Deuxième

Qui de Becket versa la sang

Ou fit verser, à l'autel même,

Par quatre officiers de haut rang,

Crime qui tant fâcha l'Eglise

Que, pour rentrer dans sa giron,

Il se fit fouetter en chemise

Par plusieurs moines formant rond.

Puis, de la pauvre Rosamonde

La tant pathétique récit[13]

Qu'il fait encor pleurer la monde....

Enfin, tout dans cet règne-ci,

Jusqu'à le mort du grand monarque,

Il est vraiment très émouvant,

Bien que toujiours... l'anglaise barque

Il fît bonne route en avant.

[12] Voir note à l'appendice.

[13] Voir note à l'appendice.

[Illustration]

RICHARD I, COEUR DE LION.

(1189-1199)

En se révoltant de le sorte

Richard fit mal, cela s'entend.

Mais, pour moi, la diable m'emporte

Si je n'en aurais fait autant[14].

D'ailleurs, l'affaire est triste et noire,

Dénotant des esprits pervers,

Et les détails de ce histoire

Ne pouvé pas s'écrire en vers.

Quand la bonhomme il fut éteinte,

Pauvre Richard il devint roi;

Puis il s'en fut en Terre-Sainte

Pour oun peu ranimer son foi.

Là-bas il se couvrit de gloire,

Tua des Turcs autant qu'il put,

Courut de victoire en victoire

Et jamais ne manqua son but.

Peut-être encourt-il le censure

Pour avoir eu des goûts trop vifs,

Comme lorsqu'il fit, on assure,

Egorger cinq mille captifs.

Mais pendant que les Infidèles

Sous le pesanteur de son bras

Voyaient des milliers de chandelles

Et s'effondraient par grandes tas[15],

Richard il reçut d'Angleterre

Oun avis que sa frère Jean

--Cet-là qui s'appelait Sans Terre--

Il s'était fait nommer régent.

Richard, la coeur plein d'amertume,

Vers chez lui partit vitement,

Désirant, selon son coutume,

Y sortir sa ressentiment.

Mais, passant à travers l'Autriche

Pour dans sa pays revenir,

La duc, par oun procédé chiche[16],

En prison le fit retenir.

Bien! oun garçon de cet calibre

Ne se retienné pas longtemps;

Si tant que bientôt il fut libre

Et prit son vol à travers champs.

On dit que Blondel, la trouvère,

Lequel suivait Coeur de Lion,

En lui chantant d'oune voix claire

Favorisa l'évasion.

Bref, ayant repris son couronne,

Encore il régna quelques ans,

Jamais ne pliant à personne

Et ferraillant de temps en temps[17].

Car c'était oun fier batailleuse

Que cet Richard Coeur de Lion.

Il avait oun bras merveilleuse

Qui tapait comme oun vrai pilon;

Et quand du bout de son épée

Il touchait Turc ou Moricaud,

Cet dernière était tant coupée

Qu'on n'en trouvait plus oun morceau.

Oh!... c'était oun pouissant monarque,

Très douce et tioujours complaisant,

Et, sous son oeil, l'anglaise barque

Il... dépassait presque le vent.

[14] Voir note à l'appendice.

[15] Voir note à l'appendice.

[16] Voir note à l'appendice.

[17] Voir note à l'appendice.

[Illustration]

JEAN SANS-TERRE

(1199-1216)

A le mort de Richard, son frère,

Jean, qui l'avait déjà tenté,

Put mettre sur son tête altière

Le couronne tant convoité.

C'était oun prince très hautaine,

Menteur et beaucoup querelleur,

Et dont le vie il fut très pleine

De ce qui n'est pas la meilleur.

On dit qu'il fut assez barbare

Pour tuer sa frère Geoffroi;

Mais, bah! oun tel fait n'est ni rare

Ni condamnable chez oun roi.

Enfin, lui-même il eut son heure

Pour descendre dans la tombeau,

Et... c'été le place meilleur

Pour bien garder oun tel crapaud[18].

[18] Voir note à l'appendice.

[Illustration]

HENRI III

(1216-1272)

Henri Trois, fils de Jean Sans Terre,

A peine à l'âge de neuf ans

Il était roi de Angleterre

Et des pays environnants.

Il eut maints démêlés en France,

Comme en avaient eu ses aïeux;

Mais il paraît que son vaillance

Il ne fut pas beaucoup chanceux.

Louis Neuf, la pieux monarque,

Au moment d'en venir aux mains,

Lui dit un jour:--Petiot, rembarque

Ou je te fais casser les reins.--

Devant cet langaige énergique

L'anglais monarque eut si tant peur

Qu'on dit qu'il... avala son chique

Pour se remettre oun peu la coeur.

Est-ce cela qui, par le suite,

Lui fit tout croire et tout oser?

Je ne le sais; mais son conduite

Nous amène à le supposer.

Il fit le guerre à droite, à gauche,

Et tant de coups voulut porter

Que c'était comme le débauche

D'oun gars qui ne peut s'arrêter.

Saint Louis le battit à Saintes

Et puis encore à Taillebourg;

Si tant que d'entendre ses plaintes

La ciel il dut devenir sourd.

_All right!_ Plus tard il devint saige[19],

Et c'est oun grand plaisir de voir

Qu'il n'est pas morte de la raige

Après tant d'efforts pour l'avoir.

[19] Voir note à l'appendice.

[Illustration]

EDOUARD I

(1272-1307)

Dedans le grand famille anglaise

Il est tant d'éléments divers

Que, pour étudier son genèse,

Parfois on est tout à l'envers.

Ainsi l'on voit en autre paige

Trois Edouard tour à tour passer.

Bien! il faut la numérotaige

Des Edouard tout recommencer.

Cet-lui-là qu'ici je présente

Il était de race normand;

Mais le famille précédente

Il était saxon... seulement,

Vous avez compris, je l'espère,

Sans que je fasse plus de frais;

Sinon... c'été mieux de me taire,

Car vous ne comprendrez jamais.

Bien! cet nouvel Edouard Première

Il était la fils d'Henri Trois,

Et d'abord pour aider son père

Il se battit plus d'oune fois.

Ensouite, ayant pris le couronne,

Il régna des plus saigement

Et fut pour sa peuple oun garçonne

Dont on peut faire compliment.

Il battit Wallace en Ecosse

Et s'en fit rosser à son tour,

Puis lui fit prendre oun nouveau dose

Et le mena droit à la Tour[20].

Il conquit la pays de Galles,

Et c'été depuis cet jour-là

Que tous les héritiers royales

«Princes de Galle» on appela.

Edouard fit quelques injustices

Et fut parfois fourbe et menteur;

Mais ce sont là petits caprices

Dont maints grands se font oun honneur.

[20] Voir note à l'appendice.

[Illustration]

EDOUARD II

(1307-1327)

C'est la fils de la précédente

Et je n'en dirai pas très long;

Car il eut oun vie écoeurante,

Si tant qu'il était polisson.

Contre l'Ecosse faisant guerre,

Il faillit y perdre ses os;

Robert Bruce le mit à terre,

Comme on dit, en criant: _Ciseaux!_

Puis, retournant à les orgies

Pour quoi pauvre Edouard semblait né,

C'est dans la cours de ses folies

Qu'il fut oun jour assassiné,

De quel sauvaige, affreux manière,

Certes, je ne vous dirai pas...

Oh! non, ni pour or ni prière

Je n'oserais... Quel triste cas!

Non, je ne puis... Bien, c'est oun tige

De fer qu'on fit rougir à blanc...

Jamais je ne saurais, vous dis-je...

On le tenait solidement,

Et deux bandits... Fait désolante!...

Nommés Mautravers et Gournay

Lui poussèrent la fer brûlante...

_Well!_... _Well!_... ailleurs que dans la nez.

Ajoutons pour finir la thème,

Le fait, non des moins singuliers,

Qu'oun frère de la roi lui-même

Etait la chef des meurtriers.

[Illustration]

EDOUARD III

(1327-1377)

C'été la fils de cet dernière.

A peine était-il couronné

Que les meurtriers de son père

Il chercha, comme oun fils bien né.

Mais, fait bien triste et lamentable,

De cet crime qu'il pleurait tant

Son propre mère était coupable

Avec Mortimer, son amant.

Il fit du haut d'oune potence

A cet dernier faire la saut,

Et se contenta, par clémence,

De mettre son mère au cachot.

Dans oun cachot mettre son mère,

Direz-vous, c'est agir en chien.

_Just so_; mais.... point de commentaire:

Ce qu'oun roi fait est toujiours bien.

Edouard prit le terre écossaise

Que son père il avait perdu;

Puis, dans la royaume française

Etant ensouite descendu

Pour en disputer le couronne

Au roi Philippe de Valois,

Il faisé, lui-même en personne,

Courber Calais dessous ses lois,

Remportant le fameux victoire

Sur cet prince, auprès de Crécy.

Oun peu plus tard, la prince Noire,

Son fils, très fort guerrier aussi,

Gagna ce que depuis l'on nomme

Le grand bataille de Poitiers,

Où la roi Jean, pauvre bonhomme,

Fut au nombre des prisonniers.

Pourtant, Charles Cinq dit le Saige,

Successeur de cet même Jean,

Il fit baisser la caquetaige

Du britannique conquérant.

Depuis, cet dernier fut tranquille

Et vécut pour beaucoup des ans,

Sachant faire oun travail utile

Chaque fois qu'il en était temps;

Protégeant lettres et finance,

Industrie, Ecole d'Oxford[21];

Bâtissant la palais immense

Qui s'appelle Château-Windsor,

Et créant l'Ordre mirifique

De la Jarretière, par quoi

Cet-lui sur laquel il s'applique

Devient presque égal à la roi.

Enfin, il fut... oun grand monarque,

Bon père et fils affectueux,

Et sous son oeil l'anglaise barque

Il naviguait toujiours très mieux.

[21] Voir note à l'appendice.

[Illustration]

RICHARD II

(1377-1399)

Petit-fils du roi précédente

Et fils du fameux Prince Noir,

Cet Richard n'était pas méchante,

Mais ni très bon, comme on va voir.

Il se plaisait dans le mollesse,

Ne songeant qu'à se bien nourrir,

Et laissait tout dans le détresse

Pour se livrer à la plaisir.

Avec cela faible à l'extrême,

Confiant tout à sa cousin

Qui, très fier, gouvernait lui-même

En méditant oun coup vilain.

Oun jour, cet-lui-ci le fit prendre

Et dans oun prison confiner,

Où bientôt l'âme il lui fit rendre

Pour pouvoir à son tour régner.

Afin de comprenner le suite

De l'histoire des rois anglais,

Il faut sur la prince susdite

Donner certains détails complets;

Et c'été le meilleur des choses

Qu'on pouvé faire pour, plus tard,

Dessus le Guerre des Deux Roses

Oun peu dissiper la brouillard.

Lorsque Richard prit le couronne,

Ayant à peine onze ans sonnés,

On mit auprès de son personne

Ses trois oncles, gens raisonnés

Et pleins de bonne expérience,

Pour former comme oun magister

Ou, si l'on préfère, oun régence:

C'était York, Lancastre et Gloster.

_Well! Well!_ Maintenant si j'encastre

Dans ma récit que la cousin

Ci-haut était fils de Lancastre...

Vous n'avez plus besoin de rien.

[Illustration]

HENRI IV[22]

(1399-1413)

C'est cet cousin dont tout à l'heure

On a vu la premier exploit.

Comme il disait: c'était son heure

De régner; donc, c'était son droit.

Quand oun gars a mis dans son tête

Qu'il a cet curieuse attribut,

Justice, honneur, rien ne l'arrête,

Il faut qu'il atteigne son but;

Et le chose est encor plus triste

Quand on voit certains grandes gens

Suivre l'ambitieux à la piste

Pour appuyer ses errements.

C'est bien là ce qui de Lancastre

Fit le fortune de hasard,

En précipitant la désastre

De cet imbécile Richard.

En tout cas, mossieu Henri Quatre

Il ne fut pas des plus fameux.

Tour à tour brutal et folâtre,

Fourbe, cruel et vaniteux,

Il fit si tant des injustices

Et mécontenta tant de gens,

Que tous, lassés de ses caprices,

Le haïssaient sur tous les sens.

Enfin, qu'il était oun roi piètre

Tout la monde semble d'accord

Et... se fait plaisir de connaître

Qu'il est depuis longtemps bien mort.

[22] Voir note à l'appendice.

[Illustration]

HENRI V

(1413-1422)

Pour être la fils d'oun tel sire

Que cet-lui-là nommé plus haut,

Henri Cinq ne fut pas trop pire

Et vécut assez comme il faut.

Cependant il ne faut pas croire

Qu'il était oun ange du ciel.

Oh! non; les paiges de l'Histoire

Ne nous apprené rien de tel.

En France il continua le guerre

Que son père avait entrepris[23],

Et se donna grande misère

Pour garder ce qu'il avait pris.

A porter le français couronne

Alors on avait appelé

Charles Six, étrange personne

Dont le tête il était fêlé.

Son femme, Isabeau de Bavière

Par oune infâme trahison[24]

Elle livra le France entière

A la monarque anglo-saxon.

_Well! Well!_ nous verrons dans le suite

Ce qu'il advint de tout cela

Quand le France, bien mieux conduite,

Encor grande se révéla...

Mais, pour la présent, peu n'importe

Ce qu'advint du monarque anglais:

Il est très certain qu'il est morte...

Après cela, rien je n'en sais.

[23] Voir note à l'appendice.

[24] Voir note à l'appendice.

[Illustration]

HENRI VI

(1422-1461)

La fils du roi Henri Cinquième

Il n'était vieil que de huit mois

Quand il ceignit la diadème

Anglais et français à le fois.

Car, depuis quelque temps, le France

Presque entier il était soumis,

Et de l'anglaise dépendance

Il n'était pas encor remis.

Plus tard, levant son oriflamme,

L'anglais monarque il put entrer

Dans Paris même, à Notre-Dame,

Et, pompeux, s'y faire sacrer...

Bah! très souvent, par invective,

Bien des gens s'en font faire autant

Sans que leur pouvoir digestive

S'en affecte la moindrement.

Henri, d'oun race si tant fière,

N'était pas oun génie extra;

Peut-être en aurait-on pu faire

Oun très honneste magistrat.

Mais roi d'Angleterre et de France,

Ah, fichtre! c'est oun dur métier,

Exigeant plus la connaissance

Que pour compolser oun dossier.

N'importe! Il eut assez d'adresse

--Et ce fut pour lui très heureux,--

Qu'il put épouser oun princesse[25]

Ayant de l'esprit pour les deux.

Il voulut, tout d'abord, en France

Garder ce qui lui fut donné;

Mais des Anglais l'ancien pouissance

Il devint tout ratatiné.

C'est cet Henri dont les armées

Partout répandant les terreurs,

Furent si tant bien abîmées

Par la _maiden_ de Vaucouleurs.

Devant la bras si redoutable

De la pieuse Jeanne Darc

L'Anglais courait comme la diable

Ou comme oun mouton dans oun parc.

Peut-être courrait-il encore

Si, dans oun guet-apens surpris

Par des alliés de Bedfore,

Pauvre Jeannot n'eût été pris

Et remis aux mains exécrables

D'oun gars... portant nom d'animal

Que devant les gens respectables

De mentionner il serait mal.

Elle était oun fille très saige,

Conduite par la doigt de Dieu;

Mais cet gueux, triplement sauvaige,

Il la fit périr dans la feu.

Depuis cette aventure inique

Jeanne il est partout admiré;

Mais la tribunal tyrannique

Qui l'a jugée est exécré.

Notre Henri Six en Angleterre,

A peu près dans la même temps,

Il ne savé plus comment faire

Pour répondre à les mécontents.

Les maisons d'York et de Lancastre

Alors commençaient à lutter,

Et préparaient la grand désastre

Qui tant de sang devait coûter;

Car, parmi tous les affreux choses

Qui désolèrent les humains,

Je crois le Guerre des Deux Roses

Il été l'oun des plus vilains.

D'abord Henri, cet imbécile,

Il se fit battre à Saint-Alban

Par Warwick, capitaine habile

Et quelque peu d'oun prétendant.

Mais bientôt le reine lui-même

Prenant parti pour son mari,

Battit comme oun oeuf de carême

Cet-là qui l'avait conquéri.

L'an suivant, oun autre défaite

Mit encor Henri Six à bas;

Alors il dut, courbant le tête,

Vers le prison tourner ses pas.

Dans le Tour, pour six longs années

Probablement qu'il s'ennuyait,

Quand Warwick, maître-ès-destinées,

A la trône il le renvoyait;

Procédé bien étrange, en somme,

Et si tant curieuse à la fois

Que, depuis lors, Warwick on nomme

«Faiseur et défaiseur de rois.»

Enfin, par la prince Edouard Quatre,

Oun fils de la Yorkais maison,

Pauvre Henri se fit encor battre

Et refourrer dans le prison

Où, cinq ans plus tard... il est morte...

Peut-être cet dernier malheur

Peut s'expliquer de meilleur sorte

Par... Edouard, la compétiteur.

[25] Voir note à l'appendice.

[Illustration]

EDOUARD IV

(1461-1483)

Edouard, de le maison yorkaise,

Etait oun fort joli garçon,

Ce qui pour en être oun mauvaise

N'est, certes, pas oune raison.

Nous avons vu comment cet homme

Il parvint à roi devenir;

Bien! son histoire il est, en somme,

Pas de très bonne souvenir.

Toujiours il ne fit que batailles

Même avec ses meilleurs amis,

Multipliant impôts et tailles,

Croyant que tout lui fût permis.

De Lancastre, maison rivale,

Il chercha la malheur en tout,

Affectant sa pouvoir royale

A le poursuivre jusqu'au bout.

Mais ce n'est pas là tout encore

Qu'il s'arrêta dans son chemin;

Il eut comme oun soif qui dévore

De répandre la sang humain.

Il avait avec lui deux frères:

L'un Clarence, et l'autre Richard,

Cet-lui-ci des meilleurs guerrières,

Et cet-lui-là fameux pochard.

Un jour, au malheureux Clarence,

Gardé par son ordre en prison,

Edouard fit mettre en son présence

Oun grand tonneau de vin, dit-on.

Puis... on trouva le pauvre hère

Noyé... du coup qu'il avala...

Bien! on ne dit pas que son frère

Il pleura beaucoup pour cela.

Ayant emprisonné le femme

De la défunt roi Henri Six,

Edouard, le vengeance dans l'âme,

Encore assassina son fils.

On verra bientôt par le suite

Que cet attentat odieux,

Infâme et lâche il fut bien vite

Rétribué jusqu'au plus creux.

Au roi de France il chercha noise[26];

Mais Louis Onze eut vite alors,

Avec sa petit air sournoise,

Mit la fougueux saxon dehors.

Enfin, croyant voir son pouissance

Montée au gré de ses désirs,

Il se mit à faire bombance

Et se jeta dans les plaisirs.

Il mourut d'étrange manière,

Et... je vous ferai remarquer

Que sans doute Richard, son frère,

Mieux qu'oun autre... peut l'expliquer.

[26] Voir note à l'appendice.

[Illustration]

EDOUARD V

(1488-....)

C'est la fils de la précédente.

Pauvre enfant! Son oncle Richard

Voulut être nommé Régente

Et le tenir sous sa regard...

La prince--ô destinée amère!--

Régna deux mois... dans oun prison

Avec Richard, sa petit frère,

Qu'on lui donna pour compaignon.

Puis, sur les ordres du Régente,

Cet criminel audacieux

Que le soif de régner tourmente,

A mort ils furent mis tous deux[27].

[27] Voir note à l'appendice.

[Illustration]

RICHARD III

(1483-1485)

C'est lui, l'infâme meurtrière

De son frère et de ses neveux,

Qui, dans l'art triste de mal faire

Surpassa toutes ses aïeux.

Cet homme monté sur la trône

Après s'être couvré de sang,

Jamais dans les yeux de personne

Ne fut autre qu'oun grand tyran.

Il avait l'âme vile et noire,

La coeur de vices saturé,

Et dans la monde son mémoire

Il fut toujiours très exécré.

D'être reconnu pour oun diable

C'est déjà beaucoup assez mal;

Mais, vrai, c'est trop abominable

Que d'être oun pareil animal.

Bien! Ecoute, Richard, écoute!

Vivant je t'aurais craint, bandit;

Mais puisque ta mort ne fait doute,

Je n'ai point peur: donc sois maudit!

Famille Tudor

[Illustration]

HENRI VII

(1485-1509)

D'aucuns font le maison présente

Remonter à... Confucius.

Moi, je trouvé plus évidente

Qu'il commence à... Tu dors, Brutus!

(Vite, que la lecteur oublie

Cet exécrable calembour!

Autrement, ce petit folie

Pourrait marquer ma dernier jour.)

_Well, then!_ la premier de ce race

Qui monta sur la trône anglais

Il ne fut pas oun gars bonasse,

Mais oun prince des plus discrets.

Descendant d'Edouard la Troisième

Par le branche Lancastrien,

Son bon droit à la diadème

N'était pas reconnu très bien.

Richard, dans sa courroux amère,

Disait que sa compétiteur

Etait «bâtard de père et mère,

Bien que ce fût sa seul malheur.»

Bah! quand on veut manger du trône

Et que son droit il est petit,

Oun tel raison n'est pas si bonne

Qu'il doive couper l'appétit.

Notre homme à Richard fit le guerre,

Le tua de son propre main[28],

Puis bientôt sur son front altière

Brilla la signe souverain.

Du monde alors les grandes causes

On approfondissait, oui-da!

Et sous cet règne, entr'autres choses,

Fut découvert la Canada.

On dit qu'Henri Sept fut avare

Et qu'il amassa de l'argent

Assez pour remplir oune mare

Ou fréter oun gros bâtiment.

Hum!... En cet temps-là, je présume,

De même qu'aujourd'hui chez nous,

Du métal oun gros apostume

Devait rencontrer tous les goûts;

Et l'on peut bien se faire imaige

Que la prince dont nous parlons

Dut avoir, pour lui rendre hommaige,

Nombre d'amis dans ses salons.

Bien!... Disons qu'il fut oun monarque

Prodigue... et beaucoup complaisant

Et que sous lui l'anglaise barque

Il marcha beaucoup en avant!

[28] Voir note à l'appendice.

[Illustration]

HENRI VIII

(1509-1547)

Cet gros-là, c'est Henri Huitième,

Prince savant, rempli de soin,

Ami fidèle et charmant même

Pourvu qu'on s'en tînt... assez loin.

_To begin with_, il fit le guerre

A Louis Douze des Français

Pour je ne sais trop quelle affaire;

Mais bientôt il conclut le paix

En donnant à la vieil monarque

Son soeur Marie en conjungo,

Ce qui tioujours il fut la marque

D'oun coeur valant oun vrai lingot.

Ajoutons que cette Marie[29]

Au bout d'oun an il était veuf,

Et, par nouvelle épouserie,

--Ce qui partout n'est rien de neuf,--

Il devint, comme à l'ordinaire

Et dans la délai consacré,

Mère de celle qui fut mère

De la pauvrette Jeanne Grey.

Bien! De cet-lui-ci tout à l'heure

On verra l'histoire attristant.

Ne croyez pas qu'en son demeure

Alors Henri resta content.

En cet temps-là dessus le terre

Régnaient trois rois grands à l'excès:

C'était Henri dans l'Angleterre,

François Premier chez les Français,

Et puis l'empereur d'Allemaigne,

Charles-Quint de sa petit nom,

Qui pouvait en faisant campaigne

Passer son vie, oh! tout du long;

Tous trois de vaste intelligence,

Se jurant oun accord bien doux

Et, par mesure de proudence[30],

S'épiant toujiours en-dessous...

Mais passons! Car vouloir tout dire

Sur cet _triplet_ intéressant

Exigerait oun travail pire

Que pour en calomnier cent.

En poursuivant d'Henri l'histoire,

De ses femmes il faut parler,

Et c'est oun soujet, veuillez croire,

Difficile à rafistoler.

D'abord, Henri pour son compaigne

Eut Catherine d'Aragon,

Tante de Charles d'Allemaigne,

Et de vertus vrai parangon.

Pour je ne sais trop quel caprice

Qu'ont parfois, dit-on, les grands rois,

Après quinze ans de cet cilice

Il voulut faire oun nouvel choix;

Mais Clément Sept, pape très saige

Et sur ces points beaucoup savant,

Voulut que d'Henri la menaige

Restât même qu'auparavant.

Certes, ce n'était que justice

Et prudence tout à la fois;

Car je crois que le moindre indice

De céder au monarque anglois

Eût attiré sur la Saint-Père

De Charles-Quint tout la courroux,

Cet dernier ne se gênant guère

De la faire éclater sur tous,

N'ayant pas même eu d'hésitance,

Six ans avant, comme l'on sait,

De tenir longtemps en souffrance

La même pape Clément Sept[31].

De parler sur oun ton de maître

Henri Huit très accoutumé,

Il ne voulut pas se soumettre,

Si tant il était allumé;

Et c'est au cours de ce chicane

Que cet épouseur enraigé

A fonder l'Eglise anglicane

Bientôt on vit tout engaigé.

De la dame Anne de Boleyne

Henri devint la tendre époux...

Tendre!... il faut ici prendre haleine,

Cet mot je la dis entre nous;

Car tout se passa de telle sorte

Qu'après trois ans de renouveau

Pauvre Boleyne elle était morte,

Morte par la main de la bourreau.

Sans doute pour noyer son peine,

Henri prit alors la Seymour,

Car il n'avait point tant de haine

Qu'au fond il n'avait de l'amour.

Seymour étant mort de mort douce,

Sans la bourreau ni ses atours,

Notre homme en eut telle secousse

Que, craignant beaucoup pour ses jours,

Il choisit comme quatrième

Anne Cleves, femme allemand

Qu'il trouva, néanmoins, trop blême

Pour répondre à sa sentiment.

Alors, ramassant sa couraige,

Il prit Kate Howard aussitôt,

Qui le laissa dans la veuvaige,

Etant morte sur oun billot.

Enfin, pour montrer quel patience

Il était dans sa coeur de roi,

A Kate Parr, dans son clémence,

Il permit de lui jurer foi.

C'est tout... Sur cet aimant monarque

La ciel enfin reprit ses droits;

Trente-huit ans l'anglaise barque

Avait navigué sous ses lois.

De son femme ainsi que des grues

Il n'avait eu que trois enfants:

D'abord deux filles très bourrues,

Puis oun fils des plus innocents.

[29] Voir note à l'appendice.

[30] Voir note à l'appendice.

[31] Voir note à l'appendice.

[Illustration]

EDOUARD VI

(1547-1553)

C'est la fils qu'Henri la Huitième

Il avait eu de la Seymour

Et qui de porter diadème

A dix ans vit venir son tour.

Il était oun faible jeune homme,

Malade, et, sans être oun nigaud,

Pour bien gouverner oun royaume

Possédant très peu la jingo.

Il fut d'abord sous le tutelle

De la frère de son maman,

Qui fut renversé de l'échelle

Par Dudley, oun autre manant.

Cet-lui-ci, dès lors, prit son place

Auprès du pauvre souffreteux

Dont il gagna le bonne grâce

En le cajolant de son mieux;

Si tant que la prince mourante

Fit testament en faveur... Bien!

De Jeanne Grey, oun descendante

Du famille lancastrien,

Oubliant son propre lignée

Très fâchée de cet curieux choix

Et puis pas du tout résignée

A perdre ainsi ses royaux droits.

Enfin s'éteignit cet monarque

A peine à l'âge de quinze ans;

Oh! mais, sous lui... l'anglaise barque

Il avait bravé bien des vents.

[Illustration]

JEANNE GREY

(1553-....)

Petit histoire des grandes rois de Angleterre · 第 1 / 3 段