l'honneur de me répondre le 13 de ce mois d'avril. Sur-le-champ,
c'est-à-dire le 16 qu'on me remit sa lettre, je lui ai envoyé tous les
renseignements qu'il souhaitait, et, vu la justice de ma cause et la
bonne disposition de M. de Saint-Vigor, qui semble être fort bon ami
avec M. Amelot, personne ne doute qu'avant la fin de ce mois cet honnête
homme n'ait obtenu ma liberté. J'attends sa réponse avec beaucoup
d'impatience pour faire de nouveaux efforts pour venir mettre à vos
pieds, madame, mon bien, mon corps et ma vie. Tout ce que j'ai est à
vous. Car, quand même il serait impossible à M. de Saint-Vigor de me
faire rendre ma liberté, sachez, ma généreuse protectrice, que je vous
tiendrai compte de votre bonne volonté, comme si vous étiez venue à bout
de me la faire rendre en effet, et qu'en reconnaissance jusqu'à mon
dernier soupir, je ne cesserai de faire des vœux au ciel, pour qu'il
daigne combler de toutes ses bénédictions un cœur aussi vertueux que
le vôtre.
«J'ai l'honneur d'être, avec un très profond respect,
«Votre très humble et très obéissant serviteur,
«MAZERS, ingénieur géographe, pensionnaire du roi dans la maison des
religieux de Charenton, ce 18 avril 1777.»
Le 19 de mai 1777, le Père Calliste a été élu notre prieur pour
remplacer le Père Facio. Vendredi 23, l'ancien et le nouveau prieur,
tous les deux à la fois vinrent me voir dans ma chambre, et me
protestèrent mutuellement qu'ils allaient faire leur possible pour me
délivrer...
[Latude sortit de Charenton le 10 juin 1777 et ne put par suite
continuer la rédaction de ses Mémoires, dont l'original fut saisi et
déposé à la Bastille, comme le témoigne le procès-verbal qui y est
annexé.
Ce procès-verbal est écrit sur une petite carte à jouer (un sept de
pique), et porte sur son revers la mention suivante:]
Paraphé par nous Commissaire.
Soussigné et par le sieur Masers De la Dude (_sic_), au désir de notre
procès-verbal du dix-neuf juillet 1777.
_Signé_: CHÉNON.
[Commissaire de police.]
MASERS DE LATUDE.
(Double cachet de cire rouge.)
FIN
DES MÉMOIRES RÉDIGÉS PAR LATUDE AU DONJON DE VINCENNES ET A CHARENTON
[Illustration]
MODERN-BIBLIOTHÈQUE
PRIX DU VOLUME { Broché 0 fr. 95
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LE CAVALIER MISEREY
par ABEL HERMANT
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Maurice BARRES, Le Jardin de Bérénice.
de l'Académie française Du Sang de la Volupté et de la Mort.
Tristan BERNARD Mémoires d'un Jeune Homme rangé.
Jean BERTHEROY La Danseuse de Pompéi.
Louis BERTRAND. Pépète le bien-aimé.
Paul BOURGET, Cruelle Enigme.
de l'Académie française Andre Cornelis.
Henry BORDEAUX L'Amour qui passe.
Le Pays Natal.
René BOYLESVE La Leçon d'Amour dans un Parc.
Adolphe BRISSON Florise Bonheur.
Michel CORDAY Venus ou les Deux Risques.
Les Embrasés.
Alphonse DAUDET L'Evangéliste.
Les Rois en exit.
Léon DAUDET Les Deux Etreintes.
Paul DÉROULÈDE Chants du Soldat.
Lucien DESCAVES Sous-Offs.
Georges d'ESPARBÈS La Légende de l'Aigle.
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PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DE
M. FRANTZ FUNCK-BRENTANO, _chef de la section des manuscrits à la
Bibliothèque de l'Arsenal._
(Illustrations tirées des Musées et des Bibliothèques de France et de
l'Etranger et des collections de MM. =Victorien Sardou, le marquis de
Ségur, Henry Houssaye, le baron Ed. de Rothschild, le prince d'Essling,
Charamy, Georges Hartmann, Lécuyer=.)
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Voyage en France de Mrs Trollope, traduit de l'anglais et publié avec
une introduction, par M. JACQUES BOULENGER
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COMTE D'HAUSSONVILLE, de l'Académie française.
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M. DE NOLHAC, conservateur du palais de Versailles.
=Le Règne de Louis XVI=, par le comte L.-Ph. de Ségur, publ. avec une
introduction par M. LE MARQUIS DE SÉGUR, de l'Académie française.
=Les Nuits révolutionnaires=, de Retif de la Bretonne, publ. avec une
introduction par M. FUNCK-BRENTANO.
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première fois de l'anglais par M. FUNCK-BRENTANO.
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fois par M. PIERRE D'HUGUES.
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publ. par M. RAYMOND LÉCUYER.
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Serviteur, publ. avec une introduction par M. MAURICE MAINDRON.
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officier de la Garde Italienne, traduits pour la première fois de
l'italien par M. HENRY LYONNET.
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introduction par M. LOUIS LOVIOZ, de la Bibliothèque de l'Arsenal.
=Le Village=, par Retif de la Bretonne, publ. avec une introduction
par M. FUNCK-BRENTANO.
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introduction par F. FUNCK-BRENTANO.
=La Bastille sous la Régence=, par Mme DE STAAL DE LAUNAY, publ.
avec une introduction par M. F. FUNCK-BRENTANO.
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Société Anon. des Imp. Wellhoff et ROCHE, 16-18, rue N.-D.-d.-Victoires
Paris Tél. 316-33. ANCEAU Directeur. 143
NOTES:
[1] Cette fameuse flûte est aujourd'hui la propriété de M. Émile Bazin,
à Reims. M. Bazin la conserve parmi des souvenirs de famille qui lui
viennent du chevalier de Pougens. La petite flûte--ronde, longue de 151
milimètres, percée de quatre trous par devant et d'un trou par
derrière--sert de fermoir, comme le crayon d'un carnet, à un exemplaire
des _Mémoires_ de Latude rédigés par Thiéry. A l'exemplaire de ces
_Mémoires_ sont joints plusieurs documents (lettre et notes provenant de
Mme Legros, de Latude, et de Théod. Lorin, secrétaire du chevalier de
Pougens). Ils ont été publiés dans la _Nouvelle Revue rétrospective_ du
10 janv. 1898, p. 48-56.
[2] Les historiens écrivent que M. et Mme Legros n'avaient pas
d'enfants. Parmi les notes de Théod. Lorin, secrétaire du chevalier de
Pougens, on lit: «M. de Pougens, qui avait joint ses efforts à ceux des
personnes dont le crédit procura la liberté à l'infortuné Latude, et qui
contribua à lui assurer une existence honorable, est resté, jusqu'à sa
mort, le bienfaiteur du fils et de la fille de Mme Legros, lesquels
existent encore (1851)». _Nouvelle Revue rétrospective_, 10 Janv. 1898,
p. 51.
[3] Parmi les documents concernant Latude, conservés à la Bibliothèque
de la Ville de Paris (nº 10.731), il y a, de la main du héros, un écrit,
qui constitue la plus abominable des tentatives de chantage contre le
marquis de Villette, son bienfaiteur. Ce trait infâme suffirait à faire
juger le personnage.
[4] Enquête faite par J.-J. Grandin, commissaire au Châtelet, 21 juill.
1789. Arch. nat. Y. 13.319 (Communication de M. Al. Tuetey).
[5] Aujourd'hui au Musée historique de la Ville de Paris (hôtel
Carnavalet).
[6] Thierry était un avocat du barreau de Nancy. A cette époque, il
quitta la carrière pour se livrer à des spéculations qui ne furent pas
toujours heureuses.
[7] Les notes de Théod. Lorin, publiées dans la _Nouvelle Revue
rétrospective_ (10 janvier 1898, p. 49-51) confirment ce témoignage de
la manière la plus complète. «Quoique très âgé, car il est mort à
quatre-vingts ans, M. de Latude avait conservé toute sa force, disons
même la verdeur de sa jeunesse.»
[8] Voy. Gustave Bertrand, _Catalogue des manuscrits français de la
Bibliothèque de Saint-Pétersbourg_, Paris, 1874, in-8.
[9] On a vu, par ce qui précède, que tout ceci n'est que mensonge
grossier.
[10] Comparer ces détails avec la partie correspondante de
l'introduction. Dans cette partie de ces mémoires Latude ne raconte que
des mensonges.
[11] Il n'y a rien de vrai dans ces affirmations: un domestique fut mis
auprès de Latude, pour le servir à la Bastille, mais par les soins et
aux frais du gouvernement.
[12] Latude, qui est des environs de Montpellier, écrit toujours «je
demanda», «je regarda», «j'observa»...
Ici commence la partie du mémoire rédigé par Latude lui-même dans sa
précision, dont l'original est conservé dans la Bibliothèque impériale
de Saint-Pétersbourg et qui mérite infiniment plus de confiance que les
mémoires rédigés par Thierry.
[13] Cette expression, «la quatrième Comté», désignait la quatrième
chambre de la tour de la Comté.
[14] En 1764 le 3 août tombait un vendredi et le 5 août un dimanche.
[15] Latude s'était mis dans la tête que Mme de Pompadour était une
magicienne qui avait ensorcelé le roi, tous ceux qui l'approchaient, et
tous ceux qui avaient à s'occuper de ses affaires à lui, Latude.
[16] Plus de quatre mille francs de valeur actuelle, uniquement pour la
table. En outre plus de 500 livres, près de 2 000 francs de valeur
actuelle, pour ses autres besoins.
[17] Latude écrit ces lignes étant à Charenton.