On a fait au Président de la République, à Limoges, un accueil qui a dû
aller profondément au coeur de M. Carnot puisqu'il venait dans sa ville
natale visiter des compatriotes. Partout, d'ailleurs, ce sont les mêmes
acclamations qui saluent le passage du chef de l'État.
Pendant son séjour à Limoges, M. Carnot a distribué les récompenses du
dix-septième concours fédéral de gymnastique. Pour qu'aucun retard ne
vint priver les concurrents du grand honneur de recevoir solennellement
les médailles conquises, les opérations du concours et les exercices
avaient eu lieu la veille et l'avant-veille de l'arrivée du président de
la République.
C'est sur la grande place appelée le Champ de Juillet que la
distribution des récompenses a eu lieu. Le terrain est de vastes
proportions et la décoration était magnifique. Un quadrilatère de
tribunes se dressait, tout flamboyant de drapeaux, de guirlandes et
d'oriflammes, tout noir de monde à l'heure de la cérémonie. A l'entrée
principale, un arc-de-triomphe monumental faisait face à la tribune
présidentielle.
M. Carnot est arrivé à trois heures, après le déjeuner qui avait eu lieu
en son honneur à la préfecture. Il a pris place dans sa tribune; à sa
droite était M. Bourgeois, ministre de l'instruction publique; à sa
gauche, M. Constans, ministre de l'intérieur, M. le général Galland. M.
Prudhomme, président de la Société de gymnastique de Limoges et
président de l'union des Sociétés de gymnastique de France, a souhaité
la bienvenue à M. Carnot et l'a remercié du bienveillant intérêt que le
chef de l'État témoigne, pour la troisième fois, à une oeuvre virile et
essentiellement patriotique. M. Carnot a répondu qu'il connaissait les
sentiments des Société de gymnastique; et, pour reconnaître les services
qu'elles rendent au relèvement national, il a attaché sur la poitrine de
leur président la croix de la Légion d'honneur.
La distribution des récompenses a commencé ensuite. Au pied de la
tribune étaient venus se placer les porte-étendards et porte-guidons des
sociétés récompensées accompagnés des présidents respectifs et d'un
collègue. A la lecture de l'appel, le porte-étendard de la société
récompensée sortait des rangs avec les deux camarades qui
l'accompagnaient; le porte-étendard restait au bas des gradins avec l'un
de ses compagnons. Et, tandis qu'il saluait du drapeau, le troisième
délégué montait auprès du président pour recevoir la récompense que M.
Carnot remettait en prononçant quelques paroles d'éloges.
Après la distribution des récompenses, les sociétés de gymnastique ont
exécuté des mouvements d'ensemble avec une précision et une correction
que le public a vivement applaudies.