VI--LE LAC DE CONSTANCE--AUGSBOURG

Constance! c'est un bien beau nom et un bien beau souvenir! C'est

la ville la mieux située de l'Europe, le sceau splendide qui réunit

le nord de l'Europe au midi, l'occident et l'orient. Cinq nations

viennent boire à son lac, d'où le Rhin sort déjà fleuve, comme le Rhône

sort du Léman. Constance est une petite Constantinople, couchée, à

l'entrée d'un lac immense, sur les deux rives du Rhin, paisible encore.

Longtemps on descend vers elle par les plaines rougeâtres, par les

coteaux couverts de ces vignes bénies qui répandent encore son nom dans

l'univers; l'horizon est immense, et ce fleuve, ce lac, cette ville

prennent mille aspects merveilleux. Seulement, lorsqu'on arrive près

des portes, on commence à trouver que la cathédrale est moins imposante

qu'on ne pensait, que les maisons sont bien modernes, que les rues,

étroites comme au moyen âge, n'en ont gardé qu'une malpropreté

vulgaire. Pourtant la beauté des femmes vient un peu rajuster cette

impression; ce sont les dignes descendantes de celles qui fournissaient

tant de belles courtisanes aux prélats et aux cardinaux du concile: je

veux dire sous le rapport des charmes; je n'ai nulle raison de faire

injure à leurs mœurs.

La table d'hôte du _Brochet_ est vraiment fort bien servie. La

compagnie était aimable et brillante ce soir-là. Je me trouvais placé

près d'une jolie dame anglaise dont le mari demanda au dessert une

bouteille de champagne; sa femme voulut l'en dissuader, en disant

que cela lui serait contraire. En effet, cet Anglais paraissait

d'une faible santé. Il insiste et la bouteille est apportée. A peine

lui a-t-on versé un verre, que la jolie lady prend la bouteille et

en offre à tous ses voisins. L'Anglais s'obstine et en demande une

autre; sa femme se hâte d'user du même moyen, sans que le malade,

fort poli, ose en paraître contrarié. A la troisième, nous allions

remercier; l'Anglaise nous supplie de ne pas l'abandonner dans sa

pieuse intention. L'hôte finit par comprendre ses signes, et, sur la

demande d'une quatrième, il répond au milord qu'il n'a plus de vin de

Champagne, et que ces trois bouteilles étaient les dernières. Il était

temps, car nous n'étions restés que deux à table auprès de la dame,

et notre humanité risquait de compromettre notre raison. L'Anglais se

leva froidement, peu satisfait de n'avoir bu que trois verres sur trois

bouteilles, et s'alla coucher. L'hôte nous apprit qu'il se rendait

en Italie par Bregenz, pour y rétablir sa santé. Je doute que son

intelligente moitié parvienne toujours aussi heureusement à le tenir au

régime.

Demain, à cinq heures du matin, le bateau à vapeur m'emporte vers la

froide Bavière, et l'on me prévient que la traversée sera orageuse.

J'aimerais à subir une belle tempête sur le lac de Constance; mais il

serait triste, ayant échappé déjà aux gouffres de la Méditerranée,

d'être noyé dans un bassin!

Tu me demanderas pourquoi je ne m'arrête pas un jour de plus à

Constance, afin de voir la cathédrale, la salle du concile, la place où

fut brûlé Jean Huss, et tant d'autres curiosités historiques que notre

Anglais de la table d'hôte avait admirées à loisir. C'est qu'en vérité

je voudrais ne pas gâter davantage Constance dans mon imagination.--Je

t'ai dit comment, en descendant des gorges de montagnes du canton de

Zurich, couvertes d'épaisses forêts, je l'avais aperçue de loin par un

beau coucher de soleil, au milieu de ses vastes campagnes inondées de

rayons rougeâtres, bordant son lac et son fleuve comme une Stamboul

d'Occident; je t'ai dit aussi combien, en approchant, on trouvait

ensuite la ville elle-même indigne de sa renommée et de sa situation

merveilleuse. J'ai cherché, je l'avoue, cette cathédrale bleuâtre,

ces places aux maisons sculptées, ces rues bizarres et contournées,

et tout ce moyen âge pittoresque dont l'avaient douée poétiquement

nos décorateurs d'Opéra; eh bien, tout cela n'était que rêve et

qu'invention: à la place de Constance, imaginons Pontoise, et nous

voilà davantage dans le vrai. Maintenant, j'ai peur que la salle du

concile ne se trouve être une hideuse grange, que la cathédrale ne soit

aussi mesquine au dedans qu'à l'extérieur, et que Jean Huss n'ait été

brûlé sur quelque fourneau de campagne. Hâtons-nous donc de quitter

Constance avant qu'il fasse jour, et conservons du moins un doute sur

tout cela, avec l'espoir que des voyageurs moins sévères pourront nous

dire plus tard: «Mais vous avez passé trop vite! mais vous n'avez rien

vu! »

Aussi bien, c'est une impression douloureuse, à mesure qu'on va plus

loin, de perdre, ville à ville et pays à pays, tout ce bel univers

qu'on s'est créé jeune, par les lectures, par les tableaux et par les

rêves. Le monde qui se compose ainsi dans la tête des enfants est si

riche et si beau, qu'on ne sait s'il est le résultat exagéré d'idées

apprises, ou si c'est un ressouvenir d'une existence antérieure et

la géographie magique d'une planète inconnue. Si admirables que

soient certains aspects et certaines contrées, il n'en est point dont

l'imagination s'étonne complètement, et qui lui présentent quelque

chose de stupéfiant et d'inouï. Je fais exception à l'égard des

touristes anglais, qui semblent n'avoir jamais rien vu ni rien imaginé.

L'hôte du _Brochet_ a fait consciencieusement éveiller en pleine nuit

tous les voyageurs destinés à s'embarquer sur le lac. La pluie a

cessé; mais il fait grand vent, et nous marchons jusqu'au port à la

lueur des lanternes. Le bateau commence à fumer; on nous dirige vers

les casemates, et nous reprenons sur les banquettes notre sommeil

interrompu. Deux heures après, un jour grisâtre pénètre dans la

salle; les eaux du lac sont noires et agitées; à gauche, l'eau coupe

l'horizon; à droite, le rivage n'est qu'une fange. Nous voilà réduits

aux plaisirs de la société; elle est peu nombreuse. Le capitaine

du bâtiment, jeune homme agréable, cause galamment avec deux dames

allemandes, qui sont venues du même hôtel que moi. Comme il se trouve

assis auprès de la plus jeune, je n'ai que la ressource d'entretenir

la plus âgée, qui prend le café à ma gauche. Je commence par quelques

phrases d'allemand assez bien tournées touchant la rigueur de la

température et l'incertitude du temps.

--Parlez-vous français? me dit la dame allemande.

--Oui, madame, lui dis-je un peu humilié; certainement, je parle

_aussi_ le français.

Et nous causons désormais avec beaucoup plus de facilité.

Il faut dire que l'accent allemand et la prononciation très-différente

des divers pays présentent de grandes difficultés aux Français qui

n'ont appris la langue que par des livres. En Autriche, cela devient

même un tout autre langage, qui diffère autant de l'allemand que le

provençal du français. Ce qui contribue ensuite à retarder sur ce

point l'éducation du voyageur, c'est que partout on lui parle dans sa

langue, et qu'il cède involontairement à cette facilité qui rend sa

conversation plus instructive pour les autres que pour lui-même.

La tempête augmentant beaucoup, le capitaine crut devoir prendre un air

soucieux mais ferme, et s'en alla donner des ordres, afin de rassurer

les dames. Cela nous amena naturellement à parler de romans maritimes.

La plus jeune dame paraissait très-forte sur cette littérature, toute

d'importation anglaise ou française, l'Allemagne n'ayant guère de

marine. Nous ne tardâmes pas à prendre terre par Scribe et Paul de

Kock. Il faut convenir que, grâce au succès européen de ces deux

messieurs, les étrangers se font une singulière idée de la société

et de la conversation parisiennes. La dame âgée parlait fort bien

d'ailleurs: _elle avait vu les Français_ dans son temps, comme elle le

disait gaiement; mais la plus jeune avait une prétention au langage

à la mode, qui l'entraînait parfois à un singulier emploi des mots

nouveaux.

--Monsieur, me disait-elle, imaginez-vous que Passau, où nous habitons,

n'est en arrière sur rien; nous avons la société la plus _ficelée_

de la Bavière. Munich est si ennuyeux à présent, que tous les gens

_de la haute_ viennent à Passau; on y donne des soirées d'un _chic_

étonnant!...

O monsieur Paul de Kock! voilà donc le français que vous apprenez à nos

voisins! Mais peut-être ceux de nous qui parlent _trop bien_ l'allemand

tombent-ils dans les mêmes idiotismes! Je n'en suis pas là encore,

heureusement.

«Il n'y a si bonne compagnie dont il ne faille se séparer! » disait le

roi Dagobert à ses chiens ... en les jetant par la fenêtre. Puisse cet

ancien proverbe, que je cite textuellement, me servir de transition

entre le départ de plusieurs de nos passagers qui nous quittèrent

à Saint-Gall, et le tableau, que je vais essayer de tracer, d'un

divertissement auquel se livraient nos marins sur le pont, en attendant

que le bateau reprît sa course vers Morseburg. L'idée en est triviale,

mais assez gaie et digne d'être utilisée dans la littérature maritime.

Il y avait trois chiens sur le bateau à vapeur. L'un d'eux, caniche

imprévoyant, s'étant trop approché de la cuisine, un mousse s'avisa

détremper dans la sauce sa belle queue en panache. Le chien reprend sa

promenade; l'un des deux autres s'élance à sa poursuite et lui mord

la queue ardemment. Voyant ce résultat bouffon, l'on s'empresse d'en

faire autant au second, puis au troisième, et voilà les malheureux

animaux tournant en cercle sans quitter prise, chacun avide de mordre

et furieux d'être mordu. C'est là une belle histoire de chiens! comme

dirait le sieur de Brantôme.... Mais que dire de mieux d'une traversée

sur le lac de Constance par un mauvais temps? L'eau est noire comme de

l'encre, les rives sont plates partout, et les villages qui passent

n'ont de remarquable que leurs clochers en forme d'oignon, garnis

d'écailles de fer-blanc, et portant à leur pointe des boules de cuivre

enfilées.

Le plus amusant du voyage, c'est qu'à chaque petit port où l'on

s'arrête on fait connaissance avec une nouvelle nation. Le duché de

Bade, le Wurtemberg, la Bavière, la Suisse se posent là, de loin

en loin, comme puissances maritimes ... d'eau douce. Leur marine

donne surtout la chasse aux mauvais journaux français et suisses qui

voltigent sur le lac sous le pavillon neutre; il en est un, intitulé

justement _les Feuilles du Lac_, journal allemand progressif, qui,

je crois bien, n'échappe aux diverses censures qu'en s'imprimant sur

l'eau, et en distribuant ses abonnements de barque en barque sans

jamais toucher le rivage.

La liberté sur les mers! comme dit Byron.

En rangeant à gauche les côtes de Bade, voici que nous apercevons

enfin les falaises brumeuses du royaume de Wurtemberg. Une forêt de

mâts entrecoupés de tours pointues et de clochers nous annonce bientôt

l'unique port de la Bavière; c'est Lindau; plus loin, l'Autriche

possède Bregenz.

Nous ne subissons aucune quarantaine; mais les douaniers sévères font

transporter nos malles dans un vaste entrepôt. En attendant l'heure de

la visite, on nous permet d'aller dîner. Il est midi: c'est l'heure

où l'on dîne encore dans toute l'Allemagne. Je m'achemine donc vers

l'auberge la plus apparente, dont l'enseigne d'or éclate au milieu

d'un bouquet de branches de sapin fraîchement coupées. Toute la maison

est en fête, et les nombreux convives ont mis leurs habits de gala.

Aux fenêtres ouvertes, j'aperçois de jolies filles à la coiffure

étincelante, aux longues tresses blondes, qui en appellent d'autres

accourant de l'église ou des marchés; les hommes chantent et boivent;

quelques montagnards entonnent leur _tirily_ plaintif.

La musique dominait encore tout ce vacarme, et, dans la cour, les

troupeaux bêlaient. C'est que, justement, j'arrivais un jour de marché.

L'hôte me demande s'il faut me servir dans ma chambre.

--Pour qui me prenez-vous, vénérable Bavarois? Je ne m'assois jamais

qu'à table d'hôte!

Et quelle table! elle fait le tour de l'immense salle. Ces braves

gens fument en mangeant; les femmes valsent (aussi en mangeant) dans

l'intervalle des tables. Bien plus, il y a encore des saltimbanques

bohèmes qui font le tour de la salle en exécutant la pyramide humaine,

de sorte que l'on risque à tout moment de voir tomber un paillasse dans

son assiette.

Voilà du bruit, de l'entrain, de la gaieté populaire; les filles sont

belles, les paysans bien vêtus; cela ne ressemble en rien aux orgies

misérables de nos guinguettes; le vin et la double bière se disputent

l'honneur d'animer tant de folle joie, et les plats homériques

disparaissent en un clin d'œil. J'entre donc en Allemagne sous ces

auspices riants; le repas fini, je parcours la ville, dont toutes les

rues et les places sont garnies d'étalages et de boutiques foraines, et

j'admire partout les jolies filles des pays environnants, vêtues comme

des reines, avec leur bonnet de drap d'or et leur corsage de clinquant.

Voilà du moins un pays où les femmes n'ont pas adopté encore les

chiffons sans goût de nos grisettes; ces surprises sont rares en voyage

et se reproduiront peu dans le mien.

Il s'agit maintenant de choisir un véhicule pour Augsbourg; mais

je n'ai point à choisir: la poste royale, et partout la poste; il

n'y a nulle part, de ce côté, de diligences particulières; point de

concurrence dont on ait à craindre la rivalité;--les chevaux ménagent

les routes, les postillons ménagent les chevaux. Ses conducteurs

ménagent les voitures, le tout appartenant à l'État;--nul n'est pressé

d'arriver, mais on finit par arriver toujours; le fleuve de la vie se

ralentit dans ces contrées et prend un air majestueux. «Pourquoi faire

du bruit?» comme disait cette vieille femme dans _Werther_.

Chacun des gouvernements d'Allemagne a donc le monopole de la

circulation; il en faut excepter les petits pays de la confédération,

sillonnés par les réseaux des postes féodales du prince de la

Tour-et-Taxis. Ce prince, dont tu as dû souvent entendre répéter le

nom, est le marquis de Carabas de l'Allemagne. Vous demandez à qui ce

château-là?--Au prince de la Tour-et-Taxis.--A qui ces chevaux, ces

voitures, ces journaux, etc.?--Même réponse. (Car il possède aussi des

journaux dans différents pays, toujours à _titre féodal_, notamment

la _Gazette des postes_ et _le Journal de Francfort_.) Ses apanages

industriels sont innombrables. Ce prince, dont la principauté est

imperceptible, a les revenus d'un puissant monarque; son peuple de

postillons, d'écrivains et d'ouvriers, paraît vivre heureux sous ses

lois, dans une étendue de peut-être cent lieues, du nord au midi. Bien

plus, il a tant de bonheur, qu'ayant un médecin toujours auprès de sa

personne, et dont il avait fait un de ses ministres, que crois-tu qu'il

en soit arrivé dernièrement? C'est le médecin qui est mort! Le prince

le pleure et n'en veut plus avoir d'autre. Cet homme ne mourra jamais;

et pourtant on attend sa fin pour créer une foule de chemins de fer

dont ses droits féodaux entravent de tous côtés l'exécution.

Que te dire du pays, que je parcours à l'heure qu'il est? C'est une

route assez monotone: des plaines, des montagnes ou plutôt des montées,

et toujours, toujours des sapins; la plus grande partie de l'Allemagne

est ainsi; c'est ce qui la rend si verte dans les chants des poëtes.

Hâtons-nous donc d'arriver à Augsbourg, une belle vieille ville, comme

nous en verrons peu de ce côté, et qui m'a rappelé les bonnes cités des

bords du Rhin. Celle-là mériterait un fleuve ou un lac pour baigner

ses murailles et n'a pas même un ruisseau. Sa cathédrale est fort

belle; les rues sont charmantes avec leurs grandes maisons peintes

à fresque du haut en bas. Il y a là des Michel-Ange et des Caravage

ignorés, que la pluie dégrade tous les jours; ce sont des galeries sans

fin d'immenses tableaux sacrés ou profanes, trouées par les portes et

les fenêtres, et dont la vue réjouit l'œil du passant; le plus grand

nombre de ces peintures appartient au style rococo des deux derniers

siècles; elles sont relevées souvent de sculptures et de dorures fort

éclatantes. Dans la plus longue rue, qui est presque une longue place,

on rencontre l'hôtel de ville, où l'on fait voir aux étrangers la

célèbre chambre dorée, toute éclatante d'or et de bois sculpté, et

éclairée d'un nombre infini de fenêtres. Une grande fontaine de marbre

et de bronze, dans le style de la renaissance, orne la place voisine de

ce palais; c'est une des plus riches et des plus élégantes que j'aie

vues, et c'est de quoi faire honte aux groupes de naïades et de tritons

en fonte dont on décore économiquement nos places de Paris.

Après avoir admiré toutes ces beautés et rendu visite même aux bureaux

de la _Gazette_ d'_Augsbourg_, le premier des journaux de l'Allemagne,

je voulus compléter ma soirée par le spectacle. Il y avait deux

affiches à tous les coins de rue: l'une annonçait _Preciosa_, opéra de

Weber, et l'autre la représentation du _Docteur Faust_ au théâtre des

Marionnettes. J'eus la malheureuse idée de négliger cette occasion de

voir le drame naïf et enfantin qui inspira à Gœthe son chef-d'œuvre

éternel, et j'allai prendre une stalle au grand Opéra du lieu.--On

jouait d'abord un acte traduit d'un vaudeville français. C'est ce qui

commence le spectacle dans toute l'Allemagne. Ensuite, une première

cantatrice de Vienne devait se faire entendre dans l'entracte; en

effet, le vaudeville terminé, voilà que la porte du fond s'ouvre,

et il paraît une énorme femme vêtue de noir. Elle chante un couplet

avec une voix de basse superbe. Serait-ce un homme déguisé? Point

du tout: elle entonna le second couplet avec un soprano plus aigu

que celui de Déjazet. Qu'est-ce donc que ce monstre musical? Au

troisième couplet, elle chante le premier vers avec sa voix de basse,

le second avec sa voix de tête, et ainsi de suite. Après ce tour de

force inouï, l'enthousiasme du public éclata vivement, la grosse femme

fut couverte de fleurs, et il en fallait beaucoup. Puis l'on commença

_Preciosa_. Mais je ne tardai pas à m'apercevoir d'une chose: c'est

que les acteurs déclamaient purement et simplement les vers du poëme,

pendant que l'orchestre jouait en sourdine la musique de Weber. Je

me hâtai de sortir du théâtre, espérant trouver encore ouvert celui

des Marionnettes; mais je n'arrivai que pour entendre la dernière

détonation qui engloutissait le docteur Faust dans les enfers.

J'ai pourtant fini par arriver à Munich par le chemin de fer

d'Augsbourg.

Voyage en Orient, Volume 2: Les nuits du Ramazan; De Paris à Cythère; Lorely · 第 81 / 136 题