Constance! c'est un bien beau nom et un bien beau souvenir! C'est
la ville la mieux située de l'Europe, le sceau splendide qui réunit
le nord de l'Europe au midi, l'occident et l'orient. Cinq nations
viennent boire à son lac, d'où le Rhin sort déjà fleuve, comme le Rhône
sort du Léman. Constance est une petite Constantinople, couchée, à
l'entrée d'un lac immense, sur les deux rives du Rhin, paisible encore.
Longtemps on descend vers elle par les plaines rougeâtres, par les
coteaux couverts de ces vignes bénies qui répandent encore son nom dans
l'univers; l'horizon est immense, et ce fleuve, ce lac, cette ville
prennent mille aspects merveilleux. Seulement, lorsqu'on arrive près
des portes, on commence à trouver que la cathédrale est moins imposante
qu'on ne pensait, que les maisons sont bien modernes, que les rues,
étroites comme au moyen âge, n'en ont gardé qu'une malpropreté
vulgaire. Pourtant la beauté des femmes vient un peu rajuster cette
impression; ce sont les dignes descendantes de celles qui fournissaient
tant de belles courtisanes aux prélats et aux cardinaux du concile: je
veux dire sous le rapport des charmes; je n'ai nulle raison de faire
injure à leurs mœurs.
La table d'hôte du _Brochet_ est vraiment fort bien servie. La
compagnie était aimable et brillante ce soir-là. Je me trouvais placé
près d'une jolie dame anglaise dont le mari demanda au dessert une
bouteille de champagne; sa femme voulut l'en dissuader, en disant
que cela lui serait contraire. En effet, cet Anglais paraissait
d'une faible santé. Il insiste et la bouteille est apportée. A peine
lui a-t-on versé un verre, que la jolie lady prend la bouteille et
en offre à tous ses voisins. L'Anglais s'obstine et en demande une
autre; sa femme se hâte d'user du même moyen, sans que le malade,
fort poli, ose en paraître contrarié. A la troisième, nous allions
remercier; l'Anglaise nous supplie de ne pas l'abandonner dans sa
pieuse intention. L'hôte finit par comprendre ses signes, et, sur la
demande d'une quatrième, il répond au milord qu'il n'a plus de vin de
Champagne, et que ces trois bouteilles étaient les dernières. Il était
temps, car nous n'étions restés que deux à table auprès de la dame,
et notre humanité risquait de compromettre notre raison. L'Anglais se
leva froidement, peu satisfait de n'avoir bu que trois verres sur trois
bouteilles, et s'alla coucher. L'hôte nous apprit qu'il se rendait
en Italie par Bregenz, pour y rétablir sa santé. Je doute que son
intelligente moitié parvienne toujours aussi heureusement à le tenir au
régime.
Demain, à cinq heures du matin, le bateau à vapeur m'emporte vers la
froide Bavière, et l'on me prévient que la traversée sera orageuse.
J'aimerais à subir une belle tempête sur le lac de Constance; mais il
serait triste, ayant échappé déjà aux gouffres de la Méditerranée,
d'être noyé dans un bassin!
Tu me demanderas pourquoi je ne m'arrête pas un jour de plus à
Constance, afin de voir la cathédrale, la salle du concile, la place où
fut brûlé Jean Huss, et tant d'autres curiosités historiques que notre
Anglais de la table d'hôte avait admirées à loisir. C'est qu'en vérité
je voudrais ne pas gâter davantage Constance dans mon imagination.--Je
t'ai dit comment, en descendant des gorges de montagnes du canton de
Zurich, couvertes d'épaisses forêts, je l'avais aperçue de loin par un
beau coucher de soleil, au milieu de ses vastes campagnes inondées de
rayons rougeâtres, bordant son lac et son fleuve comme une Stamboul
d'Occident; je t'ai dit aussi combien, en approchant, on trouvait
ensuite la ville elle-même indigne de sa renommée et de sa situation
merveilleuse. J'ai cherché, je l'avoue, cette cathédrale bleuâtre,
ces places aux maisons sculptées, ces rues bizarres et contournées,
et tout ce moyen âge pittoresque dont l'avaient douée poétiquement
nos décorateurs d'Opéra; eh bien, tout cela n'était que rêve et
qu'invention: à la place de Constance, imaginons Pontoise, et nous
voilà davantage dans le vrai. Maintenant, j'ai peur que la salle du
concile ne se trouve être une hideuse grange, que la cathédrale ne soit
aussi mesquine au dedans qu'à l'extérieur, et que Jean Huss n'ait été
brûlé sur quelque fourneau de campagne. Hâtons-nous donc de quitter
Constance avant qu'il fasse jour, et conservons du moins un doute sur
tout cela, avec l'espoir que des voyageurs moins sévères pourront nous
dire plus tard: «Mais vous avez passé trop vite! mais vous n'avez rien
vu! »
Aussi bien, c'est une impression douloureuse, à mesure qu'on va plus
loin, de perdre, ville à ville et pays à pays, tout ce bel univers
qu'on s'est créé jeune, par les lectures, par les tableaux et par les
rêves. Le monde qui se compose ainsi dans la tête des enfants est si
riche et si beau, qu'on ne sait s'il est le résultat exagéré d'idées
apprises, ou si c'est un ressouvenir d'une existence antérieure et
la géographie magique d'une planète inconnue. Si admirables que
soient certains aspects et certaines contrées, il n'en est point dont
l'imagination s'étonne complètement, et qui lui présentent quelque
chose de stupéfiant et d'inouï. Je fais exception à l'égard des
touristes anglais, qui semblent n'avoir jamais rien vu ni rien imaginé.
L'hôte du _Brochet_ a fait consciencieusement éveiller en pleine nuit
tous les voyageurs destinés à s'embarquer sur le lac. La pluie a
cessé; mais il fait grand vent, et nous marchons jusqu'au port à la
lueur des lanternes. Le bateau commence à fumer; on nous dirige vers
les casemates, et nous reprenons sur les banquettes notre sommeil
interrompu. Deux heures après, un jour grisâtre pénètre dans la
salle; les eaux du lac sont noires et agitées; à gauche, l'eau coupe
l'horizon; à droite, le rivage n'est qu'une fange. Nous voilà réduits
aux plaisirs de la société; elle est peu nombreuse. Le capitaine
du bâtiment, jeune homme agréable, cause galamment avec deux dames
allemandes, qui sont venues du même hôtel que moi. Comme il se trouve
assis auprès de la plus jeune, je n'ai que la ressource d'entretenir
la plus âgée, qui prend le café à ma gauche. Je commence par quelques
phrases d'allemand assez bien tournées touchant la rigueur de la
température et l'incertitude du temps.
--Parlez-vous français? me dit la dame allemande.
--Oui, madame, lui dis-je un peu humilié; certainement, je parle
_aussi_ le français.
Et nous causons désormais avec beaucoup plus de facilité.
Il faut dire que l'accent allemand et la prononciation très-différente
des divers pays présentent de grandes difficultés aux Français qui
n'ont appris la langue que par des livres. En Autriche, cela devient
même un tout autre langage, qui diffère autant de l'allemand que le
provençal du français. Ce qui contribue ensuite à retarder sur ce
point l'éducation du voyageur, c'est que partout on lui parle dans sa
langue, et qu'il cède involontairement à cette facilité qui rend sa
conversation plus instructive pour les autres que pour lui-même.
La tempête augmentant beaucoup, le capitaine crut devoir prendre un air
soucieux mais ferme, et s'en alla donner des ordres, afin de rassurer
les dames. Cela nous amena naturellement à parler de romans maritimes.
La plus jeune dame paraissait très-forte sur cette littérature, toute
d'importation anglaise ou française, l'Allemagne n'ayant guère de
marine. Nous ne tardâmes pas à prendre terre par Scribe et Paul de
Kock. Il faut convenir que, grâce au succès européen de ces deux
messieurs, les étrangers se font une singulière idée de la société
et de la conversation parisiennes. La dame âgée parlait fort bien
d'ailleurs: _elle avait vu les Français_ dans son temps, comme elle le
disait gaiement; mais la plus jeune avait une prétention au langage
à la mode, qui l'entraînait parfois à un singulier emploi des mots
nouveaux.
--Monsieur, me disait-elle, imaginez-vous que Passau, où nous habitons,
n'est en arrière sur rien; nous avons la société la plus _ficelée_
de la Bavière. Munich est si ennuyeux à présent, que tous les gens
_de la haute_ viennent à Passau; on y donne des soirées d'un _chic_
étonnant!...
O monsieur Paul de Kock! voilà donc le français que vous apprenez à nos
voisins! Mais peut-être ceux de nous qui parlent _trop bien_ l'allemand
tombent-ils dans les mêmes idiotismes! Je n'en suis pas là encore,
heureusement.
«Il n'y a si bonne compagnie dont il ne faille se séparer! » disait le
roi Dagobert à ses chiens ... en les jetant par la fenêtre. Puisse cet
ancien proverbe, que je cite textuellement, me servir de transition
entre le départ de plusieurs de nos passagers qui nous quittèrent
à Saint-Gall, et le tableau, que je vais essayer de tracer, d'un
divertissement auquel se livraient nos marins sur le pont, en attendant
que le bateau reprît sa course vers Morseburg. L'idée en est triviale,
mais assez gaie et digne d'être utilisée dans la littérature maritime.
Il y avait trois chiens sur le bateau à vapeur. L'un d'eux, caniche
imprévoyant, s'étant trop approché de la cuisine, un mousse s'avisa
détremper dans la sauce sa belle queue en panache. Le chien reprend sa
promenade; l'un des deux autres s'élance à sa poursuite et lui mord
la queue ardemment. Voyant ce résultat bouffon, l'on s'empresse d'en
faire autant au second, puis au troisième, et voilà les malheureux
animaux tournant en cercle sans quitter prise, chacun avide de mordre
et furieux d'être mordu. C'est là une belle histoire de chiens! comme
dirait le sieur de Brantôme.... Mais que dire de mieux d'une traversée
sur le lac de Constance par un mauvais temps? L'eau est noire comme de
l'encre, les rives sont plates partout, et les villages qui passent
n'ont de remarquable que leurs clochers en forme d'oignon, garnis
d'écailles de fer-blanc, et portant à leur pointe des boules de cuivre
enfilées.
Le plus amusant du voyage, c'est qu'à chaque petit port où l'on
s'arrête on fait connaissance avec une nouvelle nation. Le duché de
Bade, le Wurtemberg, la Bavière, la Suisse se posent là, de loin
en loin, comme puissances maritimes ... d'eau douce. Leur marine
donne surtout la chasse aux mauvais journaux français et suisses qui
voltigent sur le lac sous le pavillon neutre; il en est un, intitulé
justement _les Feuilles du Lac_, journal allemand progressif, qui,
je crois bien, n'échappe aux diverses censures qu'en s'imprimant sur
l'eau, et en distribuant ses abonnements de barque en barque sans
jamais toucher le rivage.
La liberté sur les mers! comme dit Byron.
En rangeant à gauche les côtes de Bade, voici que nous apercevons
enfin les falaises brumeuses du royaume de Wurtemberg. Une forêt de
mâts entrecoupés de tours pointues et de clochers nous annonce bientôt
l'unique port de la Bavière; c'est Lindau; plus loin, l'Autriche
possède Bregenz.
Nous ne subissons aucune quarantaine; mais les douaniers sévères font
transporter nos malles dans un vaste entrepôt. En attendant l'heure de
la visite, on nous permet d'aller dîner. Il est midi: c'est l'heure
où l'on dîne encore dans toute l'Allemagne. Je m'achemine donc vers
l'auberge la plus apparente, dont l'enseigne d'or éclate au milieu
d'un bouquet de branches de sapin fraîchement coupées. Toute la maison
est en fête, et les nombreux convives ont mis leurs habits de gala.
Aux fenêtres ouvertes, j'aperçois de jolies filles à la coiffure
étincelante, aux longues tresses blondes, qui en appellent d'autres
accourant de l'église ou des marchés; les hommes chantent et boivent;
quelques montagnards entonnent leur _tirily_ plaintif.
La musique dominait encore tout ce vacarme, et, dans la cour, les
troupeaux bêlaient. C'est que, justement, j'arrivais un jour de marché.
L'hôte me demande s'il faut me servir dans ma chambre.
--Pour qui me prenez-vous, vénérable Bavarois? Je ne m'assois jamais
qu'à table d'hôte!
Et quelle table! elle fait le tour de l'immense salle. Ces braves
gens fument en mangeant; les femmes valsent (aussi en mangeant) dans
l'intervalle des tables. Bien plus, il y a encore des saltimbanques
bohèmes qui font le tour de la salle en exécutant la pyramide humaine,
de sorte que l'on risque à tout moment de voir tomber un paillasse dans
son assiette.
Voilà du bruit, de l'entrain, de la gaieté populaire; les filles sont
belles, les paysans bien vêtus; cela ne ressemble en rien aux orgies
misérables de nos guinguettes; le vin et la double bière se disputent
l'honneur d'animer tant de folle joie, et les plats homériques
disparaissent en un clin d'œil. J'entre donc en Allemagne sous ces
auspices riants; le repas fini, je parcours la ville, dont toutes les
rues et les places sont garnies d'étalages et de boutiques foraines, et
j'admire partout les jolies filles des pays environnants, vêtues comme
des reines, avec leur bonnet de drap d'or et leur corsage de clinquant.
Voilà du moins un pays où les femmes n'ont pas adopté encore les
chiffons sans goût de nos grisettes; ces surprises sont rares en voyage
et se reproduiront peu dans le mien.
Il s'agit maintenant de choisir un véhicule pour Augsbourg; mais
je n'ai point à choisir: la poste royale, et partout la poste; il
n'y a nulle part, de ce côté, de diligences particulières; point de
concurrence dont on ait à craindre la rivalité;--les chevaux ménagent
les routes, les postillons ménagent les chevaux. Ses conducteurs
ménagent les voitures, le tout appartenant à l'État;--nul n'est pressé
d'arriver, mais on finit par arriver toujours; le fleuve de la vie se
ralentit dans ces contrées et prend un air majestueux. «Pourquoi faire
du bruit?» comme disait cette vieille femme dans _Werther_.
Chacun des gouvernements d'Allemagne a donc le monopole de la
circulation; il en faut excepter les petits pays de la confédération,
sillonnés par les réseaux des postes féodales du prince de la
Tour-et-Taxis. Ce prince, dont tu as dû souvent entendre répéter le
nom, est le marquis de Carabas de l'Allemagne. Vous demandez à qui ce
château-là?--Au prince de la Tour-et-Taxis.--A qui ces chevaux, ces
voitures, ces journaux, etc.?--Même réponse. (Car il possède aussi des
journaux dans différents pays, toujours à _titre féodal_, notamment
la _Gazette des postes_ et _le Journal de Francfort_.) Ses apanages
industriels sont innombrables. Ce prince, dont la principauté est
imperceptible, a les revenus d'un puissant monarque; son peuple de
postillons, d'écrivains et d'ouvriers, paraît vivre heureux sous ses
lois, dans une étendue de peut-être cent lieues, du nord au midi. Bien
plus, il a tant de bonheur, qu'ayant un médecin toujours auprès de sa
personne, et dont il avait fait un de ses ministres, que crois-tu qu'il
en soit arrivé dernièrement? C'est le médecin qui est mort! Le prince
le pleure et n'en veut plus avoir d'autre. Cet homme ne mourra jamais;
et pourtant on attend sa fin pour créer une foule de chemins de fer
dont ses droits féodaux entravent de tous côtés l'exécution.
Que te dire du pays, que je parcours à l'heure qu'il est? C'est une
route assez monotone: des plaines, des montagnes ou plutôt des montées,
et toujours, toujours des sapins; la plus grande partie de l'Allemagne
est ainsi; c'est ce qui la rend si verte dans les chants des poëtes.
Hâtons-nous donc d'arriver à Augsbourg, une belle vieille ville, comme
nous en verrons peu de ce côté, et qui m'a rappelé les bonnes cités des
bords du Rhin. Celle-là mériterait un fleuve ou un lac pour baigner
ses murailles et n'a pas même un ruisseau. Sa cathédrale est fort
belle; les rues sont charmantes avec leurs grandes maisons peintes
à fresque du haut en bas. Il y a là des Michel-Ange et des Caravage
ignorés, que la pluie dégrade tous les jours; ce sont des galeries sans
fin d'immenses tableaux sacrés ou profanes, trouées par les portes et
les fenêtres, et dont la vue réjouit l'œil du passant; le plus grand
nombre de ces peintures appartient au style rococo des deux derniers
siècles; elles sont relevées souvent de sculptures et de dorures fort
éclatantes. Dans la plus longue rue, qui est presque une longue place,
on rencontre l'hôtel de ville, où l'on fait voir aux étrangers la
célèbre chambre dorée, toute éclatante d'or et de bois sculpté, et
éclairée d'un nombre infini de fenêtres. Une grande fontaine de marbre
et de bronze, dans le style de la renaissance, orne la place voisine de
ce palais; c'est une des plus riches et des plus élégantes que j'aie
vues, et c'est de quoi faire honte aux groupes de naïades et de tritons
en fonte dont on décore économiquement nos places de Paris.
Après avoir admiré toutes ces beautés et rendu visite même aux bureaux
de la _Gazette_ d'_Augsbourg_, le premier des journaux de l'Allemagne,
je voulus compléter ma soirée par le spectacle. Il y avait deux
affiches à tous les coins de rue: l'une annonçait _Preciosa_, opéra de
Weber, et l'autre la représentation du _Docteur Faust_ au théâtre des
Marionnettes. J'eus la malheureuse idée de négliger cette occasion de
voir le drame naïf et enfantin qui inspira à Gœthe son chef-d'œuvre
éternel, et j'allai prendre une stalle au grand Opéra du lieu.--On
jouait d'abord un acte traduit d'un vaudeville français. C'est ce qui
commence le spectacle dans toute l'Allemagne. Ensuite, une première
cantatrice de Vienne devait se faire entendre dans l'entracte; en
effet, le vaudeville terminé, voilà que la porte du fond s'ouvre,
et il paraît une énorme femme vêtue de noir. Elle chante un couplet
avec une voix de basse superbe. Serait-ce un homme déguisé? Point
du tout: elle entonna le second couplet avec un soprano plus aigu
que celui de Déjazet. Qu'est-ce donc que ce monstre musical? Au
troisième couplet, elle chante le premier vers avec sa voix de basse,
le second avec sa voix de tête, et ainsi de suite. Après ce tour de
force inouï, l'enthousiasme du public éclata vivement, la grosse femme
fut couverte de fleurs, et il en fallait beaucoup. Puis l'on commença
_Preciosa_. Mais je ne tardai pas à m'apercevoir d'une chose: c'est
que les acteurs déclamaient purement et simplement les vers du poëme,
pendant que l'orchestre jouait en sourdine la musique de Weber. Je
me hâtai de sortir du théâtre, espérant trouver encore ouvert celui
des Marionnettes; mais je n'arrivai que pour entendre la dernière
détonation qui engloutissait le docteur Faust dans les enfers.
J'ai pourtant fini par arriver à Munich par le chemin de fer
d'Augsbourg.