M. Antonin Proust, ancien ministre, vient de mourir à Paris, à l'âge de
soixante-treize ans.
Très souffrant depuis assez longtemps déjà, au cours de la nuit de lundi
à mardi, il se tirait deux coups de revolver à la tête. On le transporta
immédiatement dans une maison de santé; mais il ne devait survivre que
de quelques heures à l'opération du trépan pratiquée pour tenter de le
sauver.
Né à Niort, en 1832, il avait abordé de bonne heure le journalisme, qui
le conduisit à la politique active. En 1876, les électeurs des
Deux-Sèvres renvoyèrent à la Chambre. En 1881, Gambetta, dont il avait
été le secrétaire à la Défense nationale, l'avait appelé à faire partie
de son «grand ministère», en lui confiant le portefeuille des
beaux-arts.
[Illustration: M. Antonin Proust, d'après le tableau de Manet. _Phot.
Braun._]
Avant la retraite où il s'était peu à peu effacé, M. Antonin Proust,
très répandu dans le monde des arts, avait compté parmi les physionomies
parisiennes notoires. Manet a peint de lui, en 1880, le portrait que
nous reproduisons, considéré comme une de ses oeuvres les plus
remarquables.
[Illustration: LA LETTRE À DIX CENTIMES, par Henriot.]
[NOTE du transcripteur: le supplément mentionné dans ce
document ne nous a pas été fourni avec la copie du document
source,]