La légende des pygmées, c'est-à-dire de races humaines naines, a laissé
de nombreuses traces dans l'art antique,--en Égypte et en pays latin
aussi,--et dans la littérature ancienne. Or il semble bien, d'après les
nombreux documents qu'ont réunis deux Allemands, que la légende des
pygmées n'est nullement une légende, et que tout ce qu'on a dit, peint,
gravé ou moulé au sujet de ces nains est du domaine de la réalité. La
preuve la plus forte qu'on puisse donner à l'appui de cette thèse est la
découverte, dans différentes stations de l'homme préhistorique, de
plusieurs squelettes qui n'ont pu, indubitablement, appartenir qu'à des
individus de taille naine. C'est en Suisse, particulièrement, qu'ont été
faites ces découvertes de squelettes nains, et il y a une coïncidence
intéressante dans ce fait que c'est principalement dans les régions où
la tradition populaire parle le plus d'êtres nains qu'on a trouvé les
restes incontestables de ceux-ci: en Suisse, en Bretagne, etc.
Mais c'est un fait certain aussi, que l'on trouve des documents
artistiques relatifs aux pygmées dans des régions où l'on n'a point
encore trouvé de restes de ces derniers. Au centre de la Gaule, d'après
un archéologue, M. Déchelette, on trouve beaucoup de poteries sur
lesquelles sont figurés des pygmées. Mais, si l'on étudie de près ces
poteries, on constate qu'elles ressemblent de façon surprenante à celles
que les Romains fabriquaient à Arezza. Il est très probable que les
poteries d'origine romaine introduites en Gaule par les conquérants
romains ont été copiées par les Celtes-Romains qui ne demandaient pas
mieux, sans doute, que de perpétuer une tradition qui était venue
jusqu'à eux et à laquelle ils croyaient volontiers.