CHAPITRE VI

Sociétés mixtes.

Le projet de décret qui aurait dû abroger le décret du 12 août 1921,

mais qui jusqu'ici n'a pas été approuvé[18], prévoyait pour les

entreprises non ravitaillées par l'État le droit d'acquérir des fonds de

roulement et d'attirer de nouveaux capitaux à l'entreprise en leur

attribuant une participation à l'administration et aux bénéfices.

[Footnote 18: Voir plus haut, page 15.]

Le projet élaboré par le Commissariat de la justice au mois d'avril 1922

concernant les sociétés par actions est basé sur les principes suivants:

la loi doit contenir seulement des dispositions générales; les détails

de l'activité des sociétés par actions seront réglés par leurs statuts;

un comité interministériel sera formé auprès du Conseil du travail et de

la défense pour examiner les demandes de constitution des sociétés par

actions et pour accorder les autorisations nécessaires.

Les actions sont toutes nominatives. L'émission d'actions au porteur

n'est admise qu'à titre d'exception et avec l'assentiment du Conseil du

travail et de la défense. Afin de protéger les intérêts de la minorité

des actionnaires, un droit de participation leur est assuré au Conseil

de surveillance; de plus, une majorité spéciale est requise lorsqu'il

s'agit de changer les statuts ou de prendre des décisions importantes.

L'émission des obligations est soumise à l'autorisation préalable du

Conseil du travail et de la défense.

* * * * *

Indépendamment de ce projet, et longtemps avant son élaboration, la

pratique avait eu pour résultat la création de toute une série de

sociétés du type de la société par actions. Les principes fondamentaux

de l'organisation de ces sociétés sont les suivants:

1. Les sociétés par actions ne peuvent être créées que si l'État y

participe.

2. Ces sociétés ont un caractère mixte du fait que l'État et le capital

privé y collaborent.

3. La participation de l'État ne peut consister en moins de la moitié de

la somme totale des capitaux de la société.

4. L'État n'est pas tenu de payer les actions qu'il détient; en général,

il ne les paye pas.

5. La part du capital de la société appartenant à l'État peut être

distribuée aux diverses institutions et organes de l'État, qui

deviennent ainsi actionnaires sur un pied d'égalité avec les autres

participants.

L'organisation de l'industrie et les conditions du travail dans la Russie des Soviets · 第 20 / 89 题