I
Une femme ne se cache pas d'aimer le bal, les courses, le jeu même.
Elle le dit, ou l'avoue simplement, ou s'en vante. Mais n'essayez pas
de lui faire dire qu'elle aime le chic, elle se récrierait, se
fâcherait tout de bon. C'est la seule faiblesse qu'elle cache
soigneusement, sans doute parce que seule elle humilie la vanité. Elle
veut bien dépendre des cartes, non des ducs. Parce qu'elle fait une
folie, elle ne se croit inférieure à personne; son snobisme implique au
contraire qu'il y a des gens à qui elle est inférieure, ou le peut
devenir, en se relâchant. Aussi l'on voit telle femme qui proclame le
chic une chose tout à fait stupide, y employer une finesse, un esprit,
une intelligence, dont elle eût pu écrire un joli conte ou varier
ingénieusement les plaisirs et les peines de son amant.