deuxième, de sourire en me rappelant que j’étais Brettinoro, Benedetto
et Guidoguerra; enfin, par le jeu d’une association bizarre, ma pensée
s’arrêta sur l’image de l’abbé de Rancé; et ce rapprochement subtil et
saugrenu acheva de me dérider.
«Aucune des nudités convulsées du groupe mythologique et aviné ne se
teinta du sang des vengeances. Personne ne mourut cette nuit-là; non,
pour dire le vrai, personne. Car ma jeunesse et mon illusion étaient
déjà mortes, ah! par la fourche et la queue du diable! mortes et
ensevelies depuis longues, longues années.
«Une violente surprise nous éclaire parfois sur la nature réelle de nos
sentiments avec une sûreté que nous attendrions en vain d’une raison
sans cesse troublée par d’extravagants soucis. Ainsi, devant l’ignoble
et séduisant spectacle qui fascinait ma vue, je reconnus, sur le tard,
avoir été, à tout propos, cruellement moqué par ma gueuse d’imagination.
Le destin des mélancoliques pasquins de mon espèce est de poursuivre,
leur vie durant, quelque vain fantôme de passion, d’art ou de
philosophie, puis de s’endormir dans la sainte et unique réalité du sein
de Dieu.
«Passé le premier saisissement, je m’excusai auprès des amoureux penauds
de la brusque interruption de leurs ébats; et, tout en plaisantant
agréablement la fougue juvénile de leurs transports, je les complimentai
sur la grâce attique de leurs jeux et les implorai de s’en retourner à
leur chef-d’œuvre inachevé. Labounoff aussitôt donna le signal d’un
nouvel assaut. Justes dieux! que le prince l’avait donc belle! Sans
faire difficulté, j’avoue m’être senti animé à ce moment, d’un vif désir
de participer à l’aimable lutte. Il s’en fallut de peu que je me jetasse
dans l’amoureuse mêlée; telle était cependant la violence de ma
belliqueuse envie, que la vue seule des armes et des blessures suffit à
la contenter. Tout le temps que ses amis furent aux petits soins avec
elle, ma chère Mérone s’amusa à m’envoyer de malicieux baisers tout
pleins de tendresse; jamais encore la friponne ne m’avait paru si belle,
ni si gracieusement parée de tous les attraits de l’innocence. Le hasard
des poses licencieuses n’ôtait rien à la modestie animale de son
maintien; je la voyais enfin telle que la nature l’avait créée; je ne
doutais plus de l’ingénuité de ses amours. Le spectacle me ravissait
d’aise. J’étais surtout vivement touché des témoignages d’affection que
le jeune Alessandro prodiguait à sa sœur; cependant, tout en couvrant de
louanges les principaux acteurs de cette scène, je ne laissais pas de
marquer quelque admiration aux emplois secondaires; car il n’y avait pas
jusqu’à ce calculeux et rogneux Zegollary qui ne fît preuve, en
l’occasion, d’une compétence et d’une dextérité dignes des plus grands
éloges. Pour ce qui est de ma chère maîtresse, sitôt terminé
l’inoffensif pugilat, je la pressai tendrement contre mon sein et
déposai sur son front à nouveau rougissant une couple de fraternels
baisers. Que ne rompons-nous, chevalier, avec la sotte routine de
considérer comme notre semblable une Ève dont nous ne connaîtrons jamais
l’esprit ni la chair? Car que pouvons-nous pénétrer d’une créature qui
nous sait demeurer entièrement fidèle dans le moment même qu’elle essuie
le feu d’un corps de garde au complet?
«Me sentant à jamais guéri de ma vieille sottise, je pris gaîment congé
de mes amis, sans même un instant songer à leur faire reproche de la
singulière conduite qu’ils avaient tenue avec moi. Je courus chez mon
banquier. Rien, à mon sens, n’égale en noblesse une belle tête de fourbe
gravée dans de l’or palpable et chantant. Je fis d’abord mes adieux aux
tripots et aux mauvais lieux de Venise, de compagnie avec l’ingénu et
doux vicomte; ensuite à la ville elle-même. Ma folle amitié pour Edward
Gordon Colham n’eut que peu de durée. Je trouvais à mylord un esprit
trop formé déjà par le commerce périlleux des femmes.
«Au jour fixé pour le départ, je me présentai pour la dernière fois chez
la douce maîtresse de ma vie. Je traversai d’un pas alerte les galeries
obscures et les salles silencieuses. J’entrai sans frapper dans le salon
à l’épinette. Ma très ravissante était là, plus pâle que de coutume et
tapie tristement dans le petit coin si doux à mes vieilles songeries,
entre la cheminée et le bahut de chêne, sous le Hogarth et en face du
Longhi. «L’heure est venue, mon Annalena chérie»--lui dis-je
simplement.--«Hélas, monsieur, me répondit-elle d’une voix d’enfant,
pourquoi faut-il donc que vous soyez si peu de votre siècle?
Haïssez-moi, mais ne me méprisez point; car il me sera certainement
beaucoup, beaucoup pardonné.» Je ne pus que sourire à cette application
bizarre de mes prêches anciens. Toutefois, en interrogeant les yeux de
la belle, j’y lus la même réponse dans un beau regard de jeune chienne
innocente, chaude et fidèle. «Ah! que ne vous ai-je conté plus tôt
l’histoire infortunée de ma vie!» poursuivit-elle; «je n’ai jamais connu
de père; ma mère était une...» Je lui mis la main sur les lèvres: «Trop
tard, trop tard, ma chère enfant!» Des larmes filiales coulaient sur les
pauvres et douces joues. Elle se leva comme pour aller à l’épinette. Je
devinai son mouvement et l’arrêtai au milieu de la chambre. Ah! pauvre
amour; ah! triste vérité! Mon regard dans la haute glace rencontra mon
regard. Ma vieillesse m’apparut pour la première fois en toute sa
sincérité. «Le temps des amourettes est passé,--me dis-je,--il se fait
tard dans le jour du monde; l’amour est proche.» Puis, me tournant vers
ma charmante: «Le moment, à son tour, est venu, ma Clarice adorée.» Je
fis quelques pas vers la porte. La Sulmerre ne branla point. La Sulmerre
restait comme figée. Deux vers très vieux et très ridicules chantaient
dans ma mémoire:
Ta femme, ô Loth, bien que sel devenue,
Est femme encor, car elle a sa menstrue.
«J’appuyai sur le bouton de la serrure. J’entrouvris la porte. Le cri
d’un gondolier s’éleva dans l’éloignement. Puis tout rentra dans le
silence.
«Insensible au point de n’éprouver aucune surprise à l’apaisement
soudain d’une âme qui avait connu tant d’alarmes, je dirigeai mes pas
vers le calle Barozzi. Là je trouvai le pavé encombré déjà de mon bagage
et, comme en mainte occasion antérieure, l’escalier de ma maison tout
sonore de rires et de jurements de faquins. L’honnête Giovanni
m’attendait à ma porte en habit de voyage. Flagny s’appuyait
languissamment sur son épaule; dame Gualdrada sanglotait dans son giron.
J’aimais sincèrement et l’écervelé vicomte et l’infortunée
cartomancienne; cependant leur piteuse attitude me surprit. Ils
redoutaient encore l’heure des séparations; et mon âme avait conquis
Celui dont rien ne nous peut séparer.
«D’une voix douce et d’un geste enjoué, je donnai l’ordre à mon
serviteur de marcher vers l’embarcadère. Les portefaix nous suivirent en
fredonnant. Flagny parlait d’avenir, Gualdrada de jours à venir. Je
souriais aux propos et de l’un et de l’autre. Le soleil, satellite
immédiat de l’amour, soufflait son vent de flammes et de rêves sur le
large Molo ébloui. Je donnai l’accolade à la veuve de Sciancato; je
pressai contre mon sein l’ennemi naïf des tyrans. Une brise de larmes et
de rires gonflait les voiles du trois-mâts impatient. Nous levâmes
l’ancre. La _Rive-des-Schiavoni_ prit son vol dans l’air léger. Je
courus à l’arrière: sur le rivage rapide Gualdrada agitait son mouchoir,
Flagny son chapeau. Je ne laissai échapper ni soupir ni plainte; mon
cœur était déjà comme un fruit mûri dans le grand silence. Giovanni me
considérait avec surprise. Le ponte Ca’ di Dio s’effaça à ma vue; l’île
Saint-Georges à son tour se prit à fuir. L’air était pur ainsi qu’un
rire d’adieux. Dans un large signe de croix j’embrassai la beauté de ma
tendre Venise, la mélancolie de mon bonheur passé, la vie et la mort
d’Annalena l’Initiatrice. Et ma chair frissonna de la volupté de la
prière.
«Rapide est la lumière du ciel, plus rapide est l’esprit de l’homme;
mais la vérité qui se révèle au sentiment passe en rapidité et le soleil
et la pensée. Je me sentis seul tout à coup, seul en face de moi-même.
La prière avait effacé de mes lèvres ce goût de fruit véreux qu’a
l’amour cueilli dans un Éden attaqué de la peste d’Adam. Je compris
pourquoi Dieu ne voulait plus, ne pouvait plus se montrer à l’homme;
pourquoi l’amour entre créatures n’était plus la présence du Dieu
vivant. Le corps de la femme est une croix, et le baiser de la femme une
éponge de vinaigre; l’époux est crucifié sur l’épouse, l’amant sur
l’amante, la mère sur le fils. Penchez-vous sur les berceaux, pénétrez
dans les tombes: le mensonge est partout. Il vacille en feu follet des
marécages sur la face de l’enfant, en clarté de lampe sépulcrale sur le
front de la vieillesse. Il roule d’année en année, de siècle en siècle,
ainsi que danse de vague en vague la lie gluante de la mer. Votre père
vous a trahi, et votre mère, et votre ami, et celle en qui vous crûtes
trouver le repos du cœur. Les maisons s’observent avec défiance; moins
de mensonge pourtant se dissimule dans un mur dressé devant un mur que
dans un regard de femme levé vers des yeux d’amant. Méfiez-vous de votre
enfant: le rêve de ses nuits est plein de haine, et il n’ose ni rire ni
pleurer; la main de l’horrible silence est sur sa bouche. Le mensonge,
le froid calcul, l’insensibilité du cœur vous épient de leurs cachettes.
Votre mère aime en vous ce qui n’est point de vous; votre très chère
adore en vous ce qui est d’un autre, ce qui est de tous les autres; et
chacun est trahi au nom de tous, jusqu’à ce que chacun ait appris à se
duper soi-même. Le soleil desséchera votre peau, la lune blanchira vos
cheveux, et vous serez comme un arbre mort dans le vent et comme la
feuille emportée vers la mer; et quand l’heure sonnera, vous direz
encore: «Où donc est la parole de vérité?» Et celui-là qui n’a pas
souffert de son amour et qui a accepté son amour tel qu’il l’a trouvé,
celui-là n’a jamais aimé, et son cœur pourrit dans le mensonge comme le
cadavre du ver dans la pourriture du fruit. Mais celui qui a souffert de
son amour de la créature et qui a renié cet amour, et qui s’en est
retourné à la source éternellement pure d’un fleuve contaminé, celui-là
connaît l’Amour d’avant les temps, celui-là marche dans l’éblouissement
de la présence de Dieu.
«Tout autre que vous, chevalier, m’eût interrompu plus d’une fois, dans
le cours de ma trop longue histoire, pour opposer à mon idée de l’amour
unique, partant divin, la multiplicité des sentiments qui régissent le
monde; appelant ainsi mon attention sur le peu de rapports que
présentent entre elles les diverses manifestations de l’humaine
tendresse. Quoi de plus juste, cependant, que de faire directement
découler du principe de l’être celle-là des formes de l’amour en qui la
propagation de l’être est assurée? Si la créature rayonnante de beauté,
de vérité, de candeur est la manifestation sensible de l’amour de Dieu
pour Soi-même, n’est-ce pas dans l’attachement sublime à quelque
créature qu’il nous faudrait, dans une vie plus simple et plus pure,
chercher tout d’abord une expression à notre amour du Père terrible et
doux des choses? Et qu’importe que cet attachement, alors même qu’il est
profond et sincère, dure moins que la vie, s’il fait battre le cœur
mortel selon le rythme de l’Amour sans fin. Toute tendresse est faite
d’un rêve et d’une réalité; le rêve est à la terre dont les jours sont
comptés, la réalité est à l’Éternel. La vie selon le monde est l’ombre
d’une vapeur, un sentiment de doute dans le rêve de nuit d’un dément;
cependant le plus faible désir d’amour vrai y contient déjà toute la
réalité du Ciel; et tous les pardons y furent assurés à celle qui aima
d’amour suprême après avoir longtemps brûlé du pire. Au surplus, la
folie des amants n’est-elle pas ce premier anneau mystique qui rattache
au sein de Dieu toute la chaîne harmonieuse des sentiments
conservateurs, depuis l’affection de la mère jusqu’à la tendresse du
cœur de l’homme pour la pierre du chemin? Serait-ce donc vraiment chose
à ce point folle que mon appel déchirant à une vie qui ne fût point
empoisonnée en sa source? N’est-ce pas, enfin, à celui qui goûta du plus
bourbeux amour de rafraîchir ses lèvres à la clarté du plus limpide?
«Nous faisions voile vers Manfredonia, dans le temps insoucieux de la
joie et de la douleur. Suivant du regard le vol des oiseaux et la fuite
des nuages, je repassais en esprit et l’histoire de ma propre tendresse
et les principaux épisodes des intrigues auxquelles je fus mêlé. Je
recherchais vainement dans mon souvenir l’exemple d’un seul amour dont
on pût dire: «Celui-là fut ensemble profond et heureux.» J’évoquais les
grandes passions, celles qui brisent les liens et renversent les
obstacles; et elles m’apparaissaient sous les traits hideux de la
trahison, de la lassitude, du mépris, du dégoût. J’interrogeais l’amour
grave et calme, le grand procréateur nourri du respect de la tradition
et de l’avenir; et je frémissais à la vue de tant de médiocrité, de
résignation et d’ennui. Enfin, j’appelai à grands cris l’amour de
l’homme; et mon prochain se vint traîner à mes pieds, lamentable,
méfiant, chargé de chaînes et mourant de faim. Alors j’élevai mes mains
au ciel, disant: «Grâces te soient rendues, ô Amour, ô Notre Père du
Paradis terrestre perdu! ô Toi, tout ce qui a été, ô Toi, tout ce qui
devrait être encore, au séjour temporel même, et n’est plus! Abandonné
d’Adam, victime du Pharisien! O pur trésor de ceux qui ont tout perdu!
Qu’il est juste que je ne te puisse connaître que du fond ténébreux de
l’abîme des douleurs! Que ta loi de l’expiation est belle! Et quelle
douceur dans cette attente désolée de ta dernière incarnation, ô Esprit
Saint, ô Esprit de Vérité, ô Paraclet!»
Le noble Antisthène se tut. Je levai les yeux. Le saint homme
pleurnichait hideusement dans son beau mouchoir d’Arménie.
«Telle est, ajouta-t-il, en s’essuyant les yeux, telle est, aimable
confident de mon cœur, l’édifiante et fort simple histoire de Manto la
tendre, la perfide et la morte. Non pas la morte de Vercelli, monsieur
le benjamin, mais la bel et bien morte, d’âme et de chair. Oui, monsieur
le plaisant; notre dame de Sulmerre n’est plus de ce monde. Deux
messages anonymes m’en vinrent mander coup sur coup, l’an passé, et la
maladie et la mort. Vous ne sauriez croire combien je fus contristé de
ces nouvelles.»
A la grille du jardin, je me retournai pour le dernier salut d’usage. M.
de Pinamonte m’apparut tête nue, dans la gloire attendrie du couchant.
Deux lourdes larmes coulaient sur son visage rieur. Il se baissa comme
pour ramasser quelque chose à ses pieds. Ses pauvres mains tremblantes
soulevèrent avec effort une grosse pierre endormie dans les mauvaises
herbes.
«Que cette âme si douce et si humble soit le témoin de nos adieux»,
prononça-t-il d’une voix grave. Et il ajouta aussitôt: «L’Absurde, le
fameux absurde seul nous est resté. Qui a des oreilles entende!»
«_A bientôt_, monsieur», lui criai-je en réponse du coin de la rue.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Il n’était rien moins qu’aisé de discerner dans l’histoire d’Antisthène
le vrai et le faux, le sincère et le feint. Seule, l’odieuse scène de la
trahison m’apparut, sinon imaginée en son entier, du moins outrée au
delà des bornes de la vraisemblance. Je me fis un divertissement, durant
deux jours, de jeter sur un papier toutes sortes de réflexions au sujet
de mon original; le troisième jour, cependant, je déchirai mon
griffonnage et le jetai au feu; car je n’y découvrais plus qu’un bizarre
enchevêtrement de jugements contradictoires et de maximes dénuées de
sens. Comme que je fisse, toutefois, je ne me pouvais abstenir d’évoquer
cent fois du jour la personne inquiétante de mon songe creux; et malgré
que le sentiment que j’éprouvais à son égard fût composé d’autant de
mépris que d’admiration, j’employai une quinzaine de jours à battre le
pavé de Naples dans l’espérance de le rencontrer ou de reconnaître, pour
tout le moins, le chemin de sa demeure. Celle-ci avait laissé dans ma
mémoire une empreinte des plus vives, tout de même que la rue où elle
était située; fort heureusement pour moi, car je n’ai jamais pu
retrouver l’une ou l’autre ailleurs qu’en mon esprit. Je ne fus pas plus
favorisé dans ma course aux informations. Les mieux renseignés me
renvoyaient aux ouvrages de Machiavel ou d’Alighieri; les autres, plus
expéditifs en affaires pour être moins érudits, me donnaient bonnement
au diable; et, en dépit de tout le mysticisme de son Pinamonte,
l’infortuné Benjamin trouvait plus de clairvoyance aux ignares qu’aux
savants.
Vers la mi-octobre, je reçus de Copenhague l’ordre de me rendre à
grandes journées en Saxe, où mon frère le plénipotentiaire m’attendait
depuis deux mois. L’affaire ne souffrait point de répit. Les termes de
la note me firent craindre que le Roi et le Conseil ne fussent à bout de
patience. Je dépêchai donc les affaires et montai dans ma chaise avec le
sentiment de me séparer une fois de plus de la Mérone, une fois de plus
et pour jamais.
A l’instant de tourner le coin de la rue, un juron du postillon, un
grand brouhaha de rires et un hurlement d’animal blessé me firent mettre
le nez à la portière. Sur le pavé fangeux gisait une masse informe de
sang, de cervelle et de poils. Des polissons crasseux s’amusaient à la
triturer sous leurs talons nus. «Ce n’est rien, monseigneur, me cria
l’un d’eux en riant; c’est le vieux chien galeux du Ponte-Tappio que vos
chevaux viennent de réduire en bouillie.» Un coup de fouet dispersa la
canaille et nous poursuivîmes notre chemin.
FIN
ORLÉANS.--IMP. ORLÉANAISE, RUE ROYALE, 68.