Ravenne, 21 octobre 1821.
«Je serai (avec la volonté des dieux) à Bologne samedi prochain. C'est
une réponse curieuse à votre lettre: mais j'ai pris une maison à Pise
pour tout l'hiver; toutes mes affaires, meubles, chevaux, carrosses,
etc., y sont déjà transportés, et je me prépare à les suivre.
»La cause de ce déménagement est, pour le dire en une phrase, l'exil ou
la proscription des personnes avec qui j'avais contracté ici des amitiés
et des liaisons, et qui sont aujourd'hui toutes retirées en Toscane à
cause de nos dernières affaires politiques; partout où elles iront, je
les accompagnerai. Si je suis resté ici jusqu'à présent, c'était
seulement pour terminer quelques arrangemens concernant ma fille, et
pour donner le tems à mon bagage de me précéder. Il ne me reste ici que
quelques mauvaises chaises, des tables, et un matelas pour la semaine
prochaine.
»Si vous voulez pousser avec moi jusqu'à Pise, je pourrai vous loger
aussi long-tems qu'il vous plaira. On m'écrit que la maison, le
_Palazzo-Lanfranchi_, est spacieuse; elle est sur l'Arno, et j'ai quatre
voitures et autant de chevaux de selle (aussi bons qu'ils peuvent l'être
dans ces contrées), avec toutes autres commodités, à votre disposition,
ainsi que le maître même de la maison. Si vous faites cela, nous
pourrons au moins traverser les Apennins ensemble, ou, si vous venez par
une autre route, nous nous rencontrerons, j'espère, à Bologne. J'adresse
cette lettre poste restante (suivant votre désir). Vous me trouverez
probablement à l'_albergo di San-Marco_[159]. Si vous arrivez le
premier, attendez que je vienne, ce qui sera (sauf accident) samedi ou
dimanche au plus tard.
[Note 159: Auberge, hôtel de Saint-Marc.]
»Je présume que vous voyagez seul. Moore est à Londres _incognito_,
suivant les derniers avis que j'ai reçus de ces lointains climats.
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»Laissez-moi deux lignes de vous à l'hôtel ou auberge.
»Tout à vous pour la vie, etc.»