16 février 1821.

«Hier soir, _il conte_ Pietro Gamba a envoyé chez moi un homme avec un

sac plein de bayonnettes, de mousquets, et de cartouches au nombre de

quelques centaines, sans m'en avoir donné avis, quoique je l'eusse vu

tout au plus une demi heure auparavant. Il y a environ dix jours, quand

il devait y avoir ici un soulèvement, les libéraux et mes frères

carbonari me dirent d'acheter des armes pour quelques-uns de nos braves.

J'en achetai immédiatement, et je commandai des munitions, etc., et

conséquemment les hommes furent armés. Eh bien!--le soulèvement est

contremandé, parce que les barbares se mettent en marche une semaine

plus tôt que l'on ne comptait; et un ordre exprès est rendu par le

gouvernement, que toutes personnes ayant des armes cachées, etc., seront

passibles de, etc., etc.»--Et que font mes amis, les patriotes, deux

jours après? Ils rejettent entre mes mains, et dans ma maison (sans un

mot d'avertissement préalable) ces mêmes armes que je leur avais

fournies sur leur requête, et à mes propres périls et dépens.

»Ç'a été un heureux hasard que Lega ait été à la maison pour recevoir

ces armes, car (excepté Lega, Tita et F***) tous mes autres domestiques

auraient trahi le secret sur-le-champ. D'ailleurs, si l'on dénonce ou

découvre ces armes, je serai dans l'embarras.

»Sorti à neuf heures,--rentré à onze. Battu la corneille qui avait volé

la nourriture du faucon. Lu les _Contes de mon Hôte_,--écrit une

lettre,--et mêlé une tasse médiocre d'eau avec d'autres ingrédiens.»

Œuvres complètes de lord Byron, Tome 12 comprenant ses mémoires publiés par Thomas Moore · 第 172 / 366 题