«Le tems est toujours à tel point humide et impraticable, que Londres,
dans ses plus insupportables jours de brouillard, serait un lieu de
printems en comparaison de la brume et du sirocco, qui ont régné (sans
un seul jour d'intervalle), avec de la neige ou de fortes pluies pour
toute variation, depuis le 30 décembre 1820. C'est si ennuyeux, que j'ai
un accès littéraire;--mais c'est très-fatigant de ne pouvoir se consoler
qu'en chevauchant sur Pégase, durant tant de jours. Les routes sont
encore pires que le tems,--par la masse de la boue, la mollesse du sol,
et la crue des eaux.
»Lu _les Poètes Anglais_, c'est-à-dire--dans l'édition de Campbell. Il y
a quelquefois beaucoup d'apprêt dans les phrases de préface de Tom; mais
l'ensemble de l'ouvrage est bon. Je préfère néanmoins la poésie même de
l'auteur.
»Murray écrit qu'on veut jouer la tragédie de _Marino Faliero_;--quelle
sottise! ce drame a été composé pour le cabinet. J'ai protesté contre
cet acte d'usurpation (qui paraît pouvoir être légalement consommé par
les directeurs sur tout ouvrage imprimé, contre la propre volonté de
l'auteur); j'espère toutefois qu'on ne le fera pas. Pourquoi ne pas
produire quelques-uns de ces innombrables aspirans à la célébrité
théâtrale, qui encombrent aujourd'hui les cartons, plutôt que de me
traîner hors de la librairie? J'ai écrit une fière protestation mais
j'espère toujours qu'elle ne sera pas nécessaire, et qu'on verra que la
pièce n'est point faite pour le théâtre. _Marino_ est trop régulier;--la
durée de l'action est de vingt-quatre heures;--les changemens de lieu
sont rares;--rien de mélodramatique,--point de surprises, de péripéties,
ni de trappes, ni d'occasions «de remuer la tête et de frapper du
pied,»--et point d'amour, ce principal ingrédient du drame moderne.»
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