RABOUCLER, v. a. Boucler. _Raboucler un soulier._

RABOUTONNER, v. a. Boutonner.

RACAUQUER, v. a. Attraper, recevoir dans la main une chose jetée en

l'air. _Jette-moi ta paume: je la racauquerai._ Terme de la Suisse

romane. A Rumilly (Savoie) on dit: _Recauquer_.

RACCORDER, v. a. _Raccorder un piano, raccorder un violon_, etc.

Dites: Accorder.

RÂCHE, s. f. Teigne, gale plate et sèche, qui vient à la tête et

dont on guérit difficilement. Mr BESCHERELLE, en enregistrant ce

mot dans son dictionnaire, dit qu'il est inusité. Mr BESCHERELLE

devait dire que ce terme appartient au vieux français, et qu'il

est encore usité en Suisse, en Savoie, en Bourgogne, dans le Berry

et dans quelques autres provinces de France.

RÂCHE, s. f. Cuscute ou barbe de moine, plante parasite. Terme

vaudois, méridional, etc.

RACHE-PIED (DE), loc. adv. D'arrache-pied, sans interruption, sans

discontinuité, sans relâche. _Travailler de rache-pied._ Terme

français populaire.

RACINAGE, s. m. Terme collectif par lequel on désigne les raves, les

carottes, les scorsonères, les navets, les betteraves, etc.

RÂCLE, s. m. Instrument propre à racler, racloir, râble. Le proverbe

suivant: _Le râcle se moque de l'écovet_, se dit de deux personnes

également ridicules et qui se moquent l'une de l'autre. Les

dictionnaires français disent: «La pelle se moque du fourgon.»

RÂCLE ou RÂCLE-CHEMINÉE, s. m. Ramoneur. Terme jurassien, savoisien,

méridional, etc.

RACLER, v. a. _Racler des scorsonères, racler des radis, racler des

navets_, ne sont pas des expressions françaises; il faut dire:

Râtisser.

Que faites-vous, Marguerite?

Râtissez-vous des navets?

[_Théâtre de la Foire_, t. III, p. 100.]

RACLER, v. a. _Racler un poisson._ Dites: Écailler un poisson,

c'est-à-dire: Lui enlever l'écaille avec un outil tranchant.

RACLER, v. a. Toucher légèrement, frotter contre. _J'ai raclé la

muraille en passant._

RÂCLER, v. n. Grasseyer, parler gras et d'une manière traînante.

RACLETTE (À LA), loc. adv. À la rigueur, tout juste. _L'examen de

mathématiques fut médiocre et l'étudiant ne fut admis qu'à la

raclette._ Dans le canton de Vaud, _raclette_, s. f. (en français,

«Racloire,» s. f.), se dit de la planchette qui sert à racler le

dessus d'une mesure de blé pour la rendre rase, au lieu d'être

comble.

RACLON, s. m. Se dit de certains objets en mauvais état et usés.

Ainsi, _un raclon de fusil, un raclon de couteau, un raclon de

canif_, sont: Un mauvais fusil, un mauvais couteau, un mauvais

canif.

RACÔQUER, v. a. Voyez RACAUQUER.

RACOQUILLER, v. a. Recoquiller, retrousser en forme de coquille.

RAFATAILLE, s. f. Vieilleries, objets usés ou de nulle valeur,

restes d'un choix qu'on a fait. _Un tas de rafatailles._

On voyait dans un plat coineux

Nager, sur du bouillon sans yeux,

Des raves, de la patenaille,

De l'ognon, de la _rafataille_.

[CH.]

Terme suisse et méridional. S'emploie figurément comme synonyme de

canaille, racaille, rebut.

RAFFE, s. f. Diarrhée, cours de ventre.

RAFFER, v. n. Avoir la diarrhée.

RAFFEUX, adj. masc. Nous appelons raisin _raffeux_, celui dont la

gousse se détache lorsqu'on le mange. On appelle en Anjou,

_raffard_, une sorte de mauvais raisin.

RAFFISTOLER, v. a. Raccommoder, rapiéceter, remettre en état.

_Raffistoler un manteau; raffistoler un chariot._ Terme parisien

populaire, etc. Dans le vieux français, _affistoler_ signifie:

Parer, orner, embellir, endimancher.

RAFLÉE, s. f. Rafle. _Les voleurs firent une complète raflée_;

c'est-à-dire: Emportèrent tout sans rien laisser. Terme français

populaire.

RAFOUILLER, v. a. Fouiller, farfouiller.

RAFOUR, s. m. Four à chaux. _Établir un rafour; allumer le rafour._

Terme vaudois, savoisien, dauphinois, bressan, franc-comtois et

vieux français.

† RAFROIDIR, v. a. Refroidir. _Le temps s'est rafroidi. Laissons

rafroidir la soupe._ Français populaire et vieux français.

RAGÂCHE ou RAGASSE, adj. Taquin, tenace, avare. En italien:

_Ragazzo_.

RAGON, s. m. Salade romaine printanière. Les habitants de la ville

appellent _ragon_ la «Petite laitue verte.»

RAGOTANT, ANTE, adj. Ragoûtant, appétissant.

RAISIN, s. m. Nous disons: _Cueillir un raisin, manger un raisin,

offrir un raisin_. Cette locution gasconne n'est autorisée par

aucun grammairien, ni aucun dictionnaire. «Un raisin» ne se dit

qu'en parlant de toute une espèce (le muscat est un bon raisin).

Dans les exemples ci-dessus, il faut dire: Cueillir une grappe de

raisin, ou: Cueillir du raisin; manger du raisin; offrir du

raisin, ou des raisins, etc.

RAISINS DE MARS, s. m. pl. Groseilles rouges.

RAISINÉE, s. f. _Un pot de raisinée. La raisinée est sujette à se

moisir._ Terme suisse et savoisien. Le mot français est:

«Raisiné.» Du raisiné.

RAISON, s. f. _Se faire une raison_, signifie: Accueillir des idées

raisonnables, adopter des mesures sages et prudentes. _Tu as eu là

une grande épreuve, mon cher Antoine; mais ne t'abandonne pas au

découragement, et sache te faire une raison._ Terme français

populaire.

RAISONNER À. Répliquer à. _Tu veux nous raisonner, bambin! Raisonner

à ton père et à ta mère!... tu verras._ Le verbe «Raisonner» a

bien le sens de répliquer, mais il ne prend pas de régime. On

peut dire à un enfant qui ergote: Ne raisonne pas; cesse de

raisonner. Mais il n'est pas correct de lui dire: _Ne me raisonne

pas_.

RAISONNER QUELQU'UN. Le faire raisonner, chercher à l'amener à une

sage détermination. _Il vaut souvent mieux raisonner un enfant que

de le gronder._ On disait en vieux français: _Arraisonner

quelqu'un_. _Se raisonner_, v. pron., veut dire: Accueillir des

idées raisonnables; soumettre son esprit à la raison. _Tu ne sais

pas te raisonner, Julie; tu te désoles pour un rien._

RAISONS, s. f. pl. Altercation, contestation, démêlés, difficultés,

paroles vives. _Avoir des raisons avec quelqu'un. Ils ont eu des

raisons ensemble. Je me garderai bien d'avoir des raisons avec

lui._ Expression connue en France, mais qui n'a pas été, jusqu'à

présent, admise dans les dictionnaires.

RAISSON, s. m. Sciure de bois. _Une seille de raisson._ Terme

vaudois et savoisien. En Franche-Comté on dit: _Rasson_; dans

l'évêché de Bâle, _rasun_: termes formés du vieux mot _resse_; en

patois _rasse_, qui signifie: Une scie.

RAISSONNET, s. m. Sciure de bois. _Au raissonnet! au bon

raissonnet!_ est le cri des paysans qui viennent nous vendre de la

sciure de bois.

RAJOUTER, v. a. Ajouter de nouveau. _Cette salade n'a pas assez

d'huile: rajoutez-en._ Terme français populaire.

RAMASSÉE, s. f. Volée de coups, rossée. _Une bonne ramassée le

contraignit enfin à se taire._ Terme vaudois. Dans le vieux

français, _donner la ramasse_, signifiait: Donner le fouet. Dans

le français populaire, _ramasser_ veut dire: Maltraiter de coups.

RAMASSER UN MAL. Gagner un mal, gagner une maladie. _La phthisie

est, dit-on, une maladie qui se ramasse._

RAMELÉE, s. f. Ribambelle, grand nombre, quantité. _Une ramelée de

badauds._ Terme vaudois.

RAMONÉE, s. f. Forte réprimande. _Faisons les gattes, François: on

en sera quitte tous deux pour une ramonée._ Terme dauphinois, etc.

RAMONER, v. a. (fig.) Gronder, tancer. Dans le dialecte rouchi,

_ramoner_ signifie: Rosser.

RAMPON, s. m. Mâche, herbe potagère. _Salade au rampon._ Terme

suisse-roman et savoisien.

RAMURE, s. f. Toiture, couverture d'un édifice.

RAMURES, s. f. pl. Terme de jardinier. Rames, menues branches

d'arbres qui servent à soutenir les pois et les haricots. _Mettre

des ramures._

RANCHE, s. f. Rangée, ligne. _Une longue ranche._ Terme lyonnais.

RANCHÉE, s. f. Rangée, ligne, rang, suite de plusieurs choses mises

sur une même ligne. _Une ranchée de livres; une ranchée d'arbres_,

etc.

† RANCO ou RANKO, s. m. Dernier râlement d'un mourant. _Être au

ranco._ Terme vaudois et jurassien. Dans le dialecte provençal,

_rangouiha_ veut dire: Râler, c'est-à-dire: Respirer avec bruit et

d'une manière pénible. Dans le patois du Jura, le verbe

_rancasser_, et dans le patois de l'Isère, _rancheisié_, ont le

même sens.

RANG ou RANG DE BOIS, s. m. Bûche ronde, rondin. _Une douzaine de

rangs. Des têtes de rang. A Genève on vend le fayard_ (le hêtre)

_soit au moule, soit par rangs_.

RANGER, v. a. _Tranquillisez-vous, nous rangerons bien votre

affaire. Va te ranger, Émile, et nous sortirons; mais aie soin de

bien ranger ta cravate et tes cheveux._ On peut dire: Ranger une

chambre, ranger une armoire, ranger des livres; mais dans les

exemples ci-dessus, _ranger_ est une expression incorrecte; il

faut dire: «Arranger.»

RANGUILLE. Jeu d'écolier, qui consiste à placer une pierre, une

boule ou une tuile sur un piquet ou sur une butte quelconque, et à

tâcher de les abattre à coups de pierre.

RANGUILLER, v. a. Terme du jeu de quilles. Relever et replacer les

quilles abattues. Terme vaudois.

RANGUILLEUR, s. m. Celui qui ranguille.

RANQUEMELER, v. n. Râler, être poussif, respirer avec bruit et

peine. On dit aussi: _Roncemeler_.

RAPATIN, s. m. Sittelle, genre d'oiseaux grimpeurs.

RÂPELU ou RAPÉLU, s. m. Se dit d'un homme qui est vêtu d'habits

vieux et râpés, et qui a l'air excessivement misérable.

RAPERCHER, v. a. Chercher avec une sorte de soin, trouver, déterrer,

raccrocher. _Rapercher des bouquins. Où as-tu donc raperché cette

vieille hallebarde? Tu as perdu là, par ta faute, une excellente

pratique: il faut essayer de la rapercher._ _Se rapercher_, v.

pron., signifie: Se rattraper, recouvrer ce qu'on avait perdu.

RAPETISSIR, v. a. Rapetisser.

RAPETOUILLER, v. a. Raccommoder.

RÂPI, s. m. Râpé de copeaux, c'est-à-dire: Certaine quantité de

copeaux (_belues_) qu'on met dans un tonneau pour éclaircir le

vin. _Boire sur le râpi_, signifie: Boire du vin éclairci par les

copeaux. Au sens figuré, _Être sur le râpi_, veut dire: Être

harrassé, être rendu, être sans force et sans courage, baisser,

décliner.

RAPIAMUS. Terme latin qui signifie: Enlevons, prenons tout. _Faire

rapiamus_, signifie: Enlever tout. Terme normand, etc.

RAPICOLER, v. a. Ravigoter, ranimer. _Repicoler_ a le même sens.

RAPIDE, adj. Roide, escarpé, qui a beaucoup de pente. _Chemin

rapide; montée rapide; côte rapide._

RÂPIN, s. m. Avare, ladre, homme dur à la détente. _Je te plains

d'avoir pour maître de maison un pareil râpin._ Terme vaudois.

Dans le dialecte normand (arrondissement de Bayeux), _un râpin_

est un homme qui enlève tout ce qu'il peut dans les champs. R.

_rapio_.

RAPISTOLER, v. a. Raccommoder grossièrement, rapiécer, rapiéceter,

rajuster. _Rapistoler une robe._ On dit aussi, mais plus rarement:

_Rafistoler_.

RAPLATIR, v. a. Rendre plus plat, rendre plus uni, amincir. Terme

français populaire.

RAPPELER (S'EN), v. pron. Dites: Se LE rappeler. _T'en rappelles-tu,

Toinette?--Non, Madame.--Eh bien, moi, je m'en rappelle: et voici

la troisième fois que tu sors de nuit sans ma permission._

RAPPELER DE. _Rappeler d'un jugement, rappeler d'un arrêt, rappeler

d'une sentence_, ne sont pas des expressions correctes. Il faut

dire: Appeler d'un jugement; appeler d'un arrêt, appeler d'une

sentence.

RAPPONDRE, v. a. Joindre, rejoindre deux choses séparées. _Rappondre

une ficelle. Fil rappondu._ On _rappond une sauce_, en y ajoutant

du bouillon ou de l'eau. Terme suisse-roman, savoisien et

jurassien.

RAPPORT, s. m. Dans notre langage populaire, _par rapport que_,

signifie: Parce que, par la raison que. _Fanchette n'est pas allée

te voir dans ta maladie, par rapport que toi le premier tu l'avais

depuis longtemps négligée._ Français populaire.

RAPPORT À. Par rapport à, ayant égard à, en considération de, à

cause de. _Rapport à nos deux cousins, j'ai voulu changer l'heure

du goûter. Rapport à vous, je prêterai la somme en question._

Français populaire.

RAPPORTAPET, s. m. Terme d'écolier. Rapporteur, celui qui rapporte,

celui qui dénonce les étourderies de ses camarades. _Défiez-vous

de lui, ce n'est qu'un rapportapet._ Dans le canton de Vaud: _Un

redipet_.

RAPPROPRIER, v. a. Approprier, nettoyer. _Rapproprier une chambre._

Au réfléchi, _se rapproprier_, veut dire: Se faire propre, se

reblanchir, faire sa toilette. Terme français populaire.

RAPSODAGE, s. m. Mauvais raccommodage, rhabillage. _Vous deviez me

raccommoder ce gilet, et je n'y vois qu'un rapsodage._ Le verbe

«rapsoder,» raccommoder grossièrement, se trouve dans quelques

dictionnaires modernes.

RARIFIER, v. a. Raréfier.

RARRANGER, v. a. Arranger de nouveau, rajuster.

RARRIVER, v. n. _Tu ne fais que jeter des pierres, Alexis; mais si

cela te rarrive, gare! Vous avez fait les gattes, petits drôles:

que cela vous rarrive et vous verrez. Je suis sorti hier sans ma

bourse; cela ne me rarrivera pas._ Ce terme fort commode n'est pas

dans les dictionnaires.

RAS, adv. _Couper les cheveux ras, tondre un chien ras_, etc., ne

sont pas des expressions françaises, quoique fort usitées en

France, en Savoie et chez nous. Il faut dire: Raser les cheveux;

raser un chien; raser une moustache, etc. _Couper à ras, tondre à

ras, couper à ras terre, couper à ras de terre_, sont également

des expressions vicieuses. Ne dites donc pas: _Les hirondelles

volaient à ras terre_; ni: _Elles volaient ras terre_; ni: _Elles

volaient à ras la terre_. Dites: Elles volaient en rasant la

terre; ou: Elles volaient rez terre. «Rez,» en effet, est une

préposition qui signifie: Tout auprès, tout contre, tout joignant,

rien entre deux. Abattre une maison REZ terre; couper un arbre REZ

terre, etc.

RASSIS, participe du verbe _rasseoir_, ne fait pas au féminin

_rassie_, comme beaucoup de personnes le croient. Il ne faut pas

dire: _Cette femme est rassie_, c'est-à-dire: Calme, posée,

réfléchie; il faut dire: Cette femme est rassise. «La jeune

Éveline, qui n'a pas encore dix-huit ans, est déjà une personne

rassise, prudente et circonspecte.»

RASSUJETTI, IE, subst. Jeune homme ou jeune fille qui, ayant fini

son apprentissage, travaille encore avec un maître ou une

maîtresse pour se perfectionner.

RAT, s. m. Nous disons proverbialement: _Être trempé comme un rat_,

pour signifier: Être tout trempé. L'Académie dit: «Être mouillé

comme un canard.»

Nouveau Glossaire Genevois, tome 2/2 · 第 30 / 54 题