PITON, s. m. Fouloir de vendange. [P. G.]

PITONNER, v. a. Fouler aux pieds. _Pitonner la vendange._ _Pitonner

un duvet_, comme font les chats avant de s'y endormir. Dans notre

patois, _pitenà_ signifie: Piler, et _piton_, s. m., signifie:

Pilon. A Lyon, _pitrogner_ veut dire: Écraser et broyer d'une

manière malpropre.

PIULER, v. n. Voyez PIOULER.

PIVOINE, s. m. Sorte de fleur. _Un beau pivoine._ Ce mot est

féminin.

PLACARD, s. m. Armoire. _Remuer un placard; transporter un placard._

On appelle en français _placard_, une armoire pratiquée dans un

mur. En Suisse, en Savoie et dans le Midi, on désigne par ce terme

toute espèce d'armoire.

PLACARD, s. m. Grosse tache sur un plancher, sur une table, sur un

vêtement. _Un placard d'huile; un placard de suif; un placard de

graisse._

PLACE, s. f. Condition. _Aller en place_, dans le langage des

domestiques, signifie: Aller en condition, aller servir. _Entrer

en place_, signifie: Entrer en condition. _L'Henriette part demain

pour entrer en place._

PLAINDRE, v. n. Gémir, pousser des gémissements, geindre. _La pauvre

Colette n'a pas cessé de plaindre toute la nuit; elle plaignait

même en dormant; elle plaignait à nous fendre l'âme._ Expression

suisse, savoisienne et méridionale, qui se retrouve dans l'ancien

français, et qui n'a point d'équivalent exact dans la langue des

dictionnaires.

PLAIN-PIED, s. m. Rez-de-chaussée. _Habiter un plain-pied. Loger au

plain-pied._ Expression universellement répandue dans notre Suisse

et en Savoie. Le mot de «Plain-pied» est français, mais il

signifie autre chose. Voyez les dictionnaires.

PLAINT (UN). Gémissement d'un malade. _Faire des plaints; pousser

des plaints. C'étaient des plaints déchirants._ Terme vaudois,

neuchâtelois, savoisien, limousin, etc. En vieux français,

_plaint_ veut dire: Complainte.

PLAISIR, s. m. _Se faire plaisir d'une chose_, signifie: S'en donner

le plaisir et en user largement; en jouir tout à l'aise. _Voici

une corbeille de cerises, mes enfants: faites-vous-en plaisir._

Cette expression familière, très-usitée et très-originale, ne se

trouve pas, que je sache, dans les dictionnaires. _Ah! Marguerite,

comme je t'envie ton joli châle jaune.--Ce châle jaune? tu peux

facilement t'en faire plaisir: il ne coûte que 8 francs. J'ai

trouvé ton aiguille de bas, Rosine.--Eh bien, fais-t'en plaisir_,

c'est-à-dire: Garde-la, et qu'elle te serve longtemps.

PLAN ou PLANT, s. m. _Laisser quelqu'un en plant_, signifie: Le

faire attendre fort longtemps, l'abandonner, le laisser dans

l'embarras, le planter là. _Ils me laissèrent en plant sur la

route_, c'est-à-dire: Ils me laissèrent sur la route comme si

j'étais un _plant_ et comme s'ils voulaient que j'y prisse racine.

On dit dans le même sens: _Rester en plant, être en plant, mettre

en plant._ Terme parisien populaire. Aucun dictionnaire n'a

recueilli cette expression, qui a bien son mérite.

PLAN, s. m. Gage. _Mettre un habit en plan_, le mettre en gage.

Expression connue aussi à Paris et sans doute ailleurs.

PLANCHER, v. a. Planchéier, garnir de planches le plancher inférieur

d'un appartement. _Il vaudrait mieux plancher cette cuisine que de

la carronner._ Terme français populaire. On disait en vieux

français: _Planchier_ ou _planchéer_. [Voyez _Glossaire roman_ de

ROQUEFORT.]

PLANELLE, s. f. Sorte de brique, sorte de _carron_. _La plupart de

nos cuisines sont carronnées_ (carrelées) _avec des planelles_.

PLANTAPORET, s. m. Dénomination badine, par laquelle on désigne les

habitants de la commune de Plainpalais, et principalement les

jardiniers. _Plantaporet_ est un mot patois qui signifie:

Plante-porreaux, planteur de porreaux.

PLANTER UN CLOU. Enfoncer un clou, le faire entrer.

PLANTEUR D'ÉCHAPPEMENTS, s. m. Ce terme, de la fabrique

d'horlogerie, n'a pas d'équivalent dans la langue des

dictionnaires.

PLANTON, s. m. Terme de jardinier. Jeune plant de fleur ou de

légume. _Planton de salade; planton de chou; planton de viollier.

Plate-bande garnie de plantons._ On dit en Dauphiné: _Plantun_.

PLAQUE, s. f. Tache à la peau. _Son éruption a entièrement cessé,

mais il lui reste quelques plaques aux joues et au front._

PLAQUE, s. f. Palet en cuivre ou en fer. _Jouer aux plaques. Sa

plaque touchait le but._

PLAQUER, v. neutre. S'appliquer exactement contre. _Il est bien

fait, ton habit: il plaque bien. Faites bien plaquer ce miroir

contre le mur. Ta bretelle ne plaque pas bien sur ton dos._

PLAT, s. m. (fig.) Cancan, commérage, bavardage, médisance. _Faire

des plats. On vous a dit cela et puis encore cela.--Oui, sans

doute.--Eh bien! ce sont autant de plats, autant de mensonges._

PLATAISE, s. f. Platitude, bêtise, sottise. _Dire des plataises.

N'écoutons plus ces plataises._ J.-J. ROUSSEAU a dit dans le même

sens: _Platise_, expression qui a été recueillie par quelques

dictionnaires.

PLAT DE LIT (À). _Être à plat de lit_, être malade au lit. _Comment,

Dubreuil, tu viens me voir sans ton frère!--Parbleu, mon frère, il

est depuis deux jours à plat de lit._ Cette expression

remarquable, et qui est d'un constant usage à Genève, n'a pas été

négligée par J.-J. ROUSSEAU. «Il n'y avait que l'excuse d'être _à

plat de lit_ qui pût me dispenser de courir à son premier mot.»

Nous disons quelquefois: _Être au plat du lit_.

PLATE, s. f. Poisson de notre lac, sorte de _féra_. Selon DE

SAUSSURE, «la _plate_ vit dans le golfe de Thonon, et se pêche

rarement ailleurs.» [_Voyage dans les Alpes_, t. Ier, p. 16.]

PLATEAU, s. m. Madrier, planche fort épaisse. Terme savoisien,

franc-comtois et méridional. Dans le canton de Vaud et à Neuchâtel

on dit: _Éplateau_.

PLATELÉE, s. f. Platée, plat de nourriture chargé abondamment. _Une

platelée de raves; une platelée de boudins._ Terme vieux français.

PLÂTRE, s. m. Nous disons figurément: _Faire plâtre de quelqu'un_,

pour signifier: Le turlupiner, le houspiller malicieusement, en

faire le badeau de la compagnie. _On a tellement fait plâtre de ce

pauvre Delolme, qu'à la fin il s'est fâché tout rouge._ Les

dictionnaires disent: «Battre quelqu'un comme plâtre,» pour

signifier: Le battre à outrance.

PLÂTRIR, v. a. Plâtrer, enduire de plâtre.

PLÂTRISSAGE, s. m. Plâtrage, action d'enduire de plâtre.

PLEIN, prépos. de quantité. Nous disons de quelqu'un ou de quelque

chose qui nous a beaucoup ennuyés, fatigués, vexés: _J'en ai plein

le dos._ L'Académie dit: «Je le porte sur mon dos;» mais elle

l'applique seulement aux personnes.

PLEURER, v. actif. _Pleurer la nourriture à quelqu'un_, signifie: La

lui reprocher, la lui plaindre. _Le riche Mr Colnet est si avare,

qu'il pleure le pain à ses domestiques, et qu'il se pleure la vie

à lui-même. Léonard vient de faire un magnifique héritage, que

personne sans doute ne_ _lui pleurera._ Les dictionnaires ne

donnent point de complément indirect au verbe «Pleurer.»

PLEURNICHAGE, s. m. Pleurnicherie, larmes feintes, pleurs répandus

sans véritable chagrin. _Tes pleurnichages sont bien inutiles, tu

seras puni._

PLEUVIGNER, PLUVIGNER, PLEUVINER et PLUVINER, v. n. Pleuvoir menu,

pleuvoir un peu. _Il ne pleut pas, il pleuvigne; il commence à

pluvigner._ Termes suisses, savoisiens et lyonnais. Le

dictionnaire de ROBERT ESTIENNE (1605) dit: _Plouviner_. En

Franche-Comté on dit: _Plevigner_: tous mots acceptables et dignes

de figurer dans les dictionnaires.

PLIANT (UN). Un lit de sangles. _L'auberge était pleine, et tous les

lits occupés: il fallut dresser quatre pliants._ Terme suisse,

franc-comtois, marseillais, etc.

PLIÉ, PLIÉE, partic. (fig.) Mort, morte. Voyez PLOYÉ.

PLIOGE, PLIOZE, ou PLIODZE, s. f. Terme patois fort connu. Pluie.

_Vaika la plliodze_ (_ll_ mouillés), voici la pluie. En vieux

français: _Ploge_.

PLOMBETTE, s. f. Terme d'architecture. Plomb.

PLONGEON, s. m. Terme de nageur. Action de plonger, immersion.

_Faire un plongeon. Il fit deux ou trois plongeons et sortit de

l'eau._ Terme suisse, savoisien et méridional. L'expression

française est: «Faire LE plongeon,» c'est-à-dire: Imiter l'oiseau

appelé Plongeon.

PLONGER (SE), v. pron. Terme de nageur. _Aimes-tu te plonger,

Alexis?--Oui.--Eh bien! allons nous plonger à cette barque._ _Se

plonger_ n'est pas français. Dites: Plonger, v. neutre. «Aimes-tu

plonger? Allons plonger. Lequel de vous vient plonger?»

PLOT, s. m. Billot, tronçon de bois, bloc de bois, tronc de sciage.

_Couper de la viande sur un plot. Faute de chaises, nous nous

reposâmes sur deux plots._ Terme suisse, savoisien,

franc-comtois, berrichon, provençal, etc. Nous disons au figuré:

_Dormir comme un plot_, pour: «Dormir d'un profond sommeil, dormir

comme un sabot.» [ACAD.]

PLOT, s. m. Tronc pour les aumônes. _La clef du plot._ Ce terme a

vieilli. _Plot_ est aussi un terme de tir: _L'arme sera sans coche

sur le plot, et sans double détente._ [_Glossaire_ de GAUDY.]

PLOYÉ, ÉE, part. Mort, enveloppé du linceul funèbre. _Tu voudrais

bien que je fusse ployée_, disait brusquement une lavandière à son

mari.--_Dis plutôt encrottée_, répliqua l'époux. «_Plié_»

s'emploie dans le même sens que _ployé_. _Depuis sa chute il ne

traîna pas longtemps: après cinq jours il était plié._ Expression

savoisienne.

PLUCHER, v. a. Éplucher. _Plucher du légume; plucher des haricots;

plucher de la salade. Cet enfant est toujours à se plucher le

nez._ En vieux français: _Pluchoter_.

PLUCHURES, s. f. pl. Épluchures, pelures. On dit aussi: _Pluchons_

et _pluches_.

PLUMACHE, s. f. Plumes d'ornement, plumet, panache. _Un chapeau à

plumaches._ Terme suisse, savoisien, bressan, provençal, etc.

PLUME, s. f. _Mettre la plume à la main_ signifie: Se mettre à

écrire, commencer à écrire. Les dictionnaires disent: «Mettre la

main à la plume.»

PLUMER, v. a. (fig.) Ronger, manger, dévorer. _Les chenilles

plumaient les branches de ce bel arbre._

PLURÉSIE, s. f. Pleurésie. _Gagner une plurésie._ Terme

suisse-roman, savoisien et français populaire.

PLUS, adv. Est mis pour: «Plus de,» dans les phrases suivantes et

phrases analogues: _J'en ai plus peur qu'envie. Votre mari, Madame

Philibert, va, dit-on, passer en Amérique.--A vous dire le vrai,

Monsieur, j'en ai plus peur qu'envie._ Dites: J'en ai plus DE peur

que D'envie.

† PLUS BON. Meilleur. _Prends ce poire, Vincent; il est bien plus

bon que l'autre._

† PLUS PIRE. Pire. _Tu trouves ce vin mauvais; tu en bois du plus

pire chez ta grand'mère._ Français populaire.

PLUVIGNER ou PLUVINER, v. neutre. Pleuvoir un peu. Voyez PLEUVIGNER.

POCHÉ, ÉE, adj. _Fruits pochés._ Fruits que l'on a portés dans la

poche pendant quelque temps. On dit en français: «Pocheté.»

POCHE-L'ŒIL, s. m. Terme des collégiens et des gamins. Coup violent

sur l'œil, et qui le fait enfler et bleuir. _Recevoir un

poche-l'œil._

POCHON, s. m. Cuillère à potage, cuillère profonde et à long manche,

dont on se sert à table pour prendre le potage dans la soupière.

_Pochon d'argent, pochon d'étain._ Terme suisse et franc-comtois.

POCHURE, s. f. Coup marqué au visage, meurtrissure au visage avec

enflure. _Pochure à l'œil; pochure au front. Recevoir une

pochure; se faire une pochure._ «Pocher» et «se pocher» sont

français.

POINT AU CÔTÉ, s. m. Point de côté, mal, douleur que l'on ressent au

côté. Au figuré, _point au côté_ (point de côté), se dit: 1º D'une

personne qui nous est à charge; 2º D'une affaire embarrassante ou

pénible. Français populaire.

POINTET, s. m. Petite flèche qu'on met sur une arbalète pour tirer

contre un but. [P. G.]

Nouveau Glossaire Genevois, tome 2/2 · 第 27 / 54 题