JOUIN, s. m. Écrivez et prononcez «Juin.»

JOUISSERIE, s. f. Jouissance, plaisir. _Notre voisin Z*** s'est

donné la jouisserie d'aller voir la grande Exposition de Londres._

JOUR, s. m. Dans le langage populaire: _Au jour d'aujourd'hui_

signifie: Dans les circonstances actuelles, par le temps qui

court. _Au jour d'aujourd'hui toutes les carrières sont

difficiles._ Expression redondante, fort critiquée des

grammairiens, mais énergique et d'un emploi continuel.

JOUR, s. m. Nous disons: _On voit jour, on y voit jour_, pour dire:

Il fait jour, on y voit clair. Ces expressions, qui n'ont rien de

choquant, manquent dans les dictionnaires.

JOUR, s. m. Au lieu de dire: _Vivre du jour au jour; gagner sa vie

du jour au jour_, il faut dire: Vivre au jour la journée; gagner

sa vie au jour la journée; ou bien: Vivre au jour le jour; gagner

sa vie au jour le jour. Mais cette dernière expression est moins

bonne, quoique reçue dans le dictionnaire de l'Académie.

JOUR, s. m. Nous disons: _Du jour au lendemain_, pour dire: D'un

jour à l'autre. _En été le poisson se gâte du jour au lendemain._

Cette expression n'est pas française.

JOUR, s. m. Voyez D'UN JOUR L'UN.

JOUR SUR SEMAINE, s. m. Dites: Jour ouvrable. _Ne venez pas me voir

le dimanche, venez les jours sur semaine._ Les Parisiens ne

s'expriment pas différemment, et ils opposent aussi la _semaine_

au _dimanche_. Ils affichent, par exemple, que: «Dans tel ou tel

omnibus on paie vingt centimes _en semaine_, et trente centimes le

_dimanche_.» Un parisien me disait: «_En semaine_ les bals des

Champs-Élysées sont plus tranquilles que les _dimanches et jours

de fête_.»

JOURS, s. m. pl. Nous distinguons _l'habit des jours_ de _l'habit

des dimanches_. _Quand tu rentres, Alfred, aie soin de mettre ta

veste des jours._ Le peuple de Paris dit dans le même sens: _Cet

habit est pour à tous les jours_, c'est-à-dire: Pour mettre tous

les jours ouvrables.

JUSTE (À), adv. _Être à juste de pain_, signifie: En avoir tout

juste la quantité strictement nécessaire. _Si tu invites toute la

famille, nous serons à juste de couverts d'argent._

L

LA, pron. pers. Les gens de la campagne, soit dans notre canton,

soit en Savoie, emploient d'ordinaire ce pronom à la place du

pronom «lui» (à elle). _Je m'aperçois que la Claudine part déjà

pour le marché: dites-la de m'attendre. Drion a pris une tisanne

qui la fera du bien. Notre Mariette n'a rien dormi cette nuit:

c'est ses dents qui la font mal._ Voyez LES.

LA, LE, LES. Ces articles sont mal à propos substitués aux pronoms

personnels «notre» et «nos» dans les phrases suivantes et phrases

analogues: _Sais-tu comment se porte la tante? As-tu des nouvelles

de l'oncle? Crois-tu que nous dînerons dimanche chez la cousine?_

Expressions fort triviales, et peu dignes d'une bouche de laquelle

sort habituellement un langage correct.

† LA, art. _La Rosalie va au Conservatoire. L'Émélie nous jouera

du piano, et la Jenny nous citera._ _La_, article, ajouté ainsi

devant un nom propre de femme, est de la dernière vulgarité.

LABOURAGE, s. m. _Chevaux de labourage._ Dites: Chevaux de labour.

LÂCHER QUELQU'UN. L'abandonner, le planter là. _Nous causions

tranquillement avec Alphonse; mais quand il vit venir cette pége

de N***, il me lâcha et disparut._ Expression parisienne, etc.

LADIÈRE, s. f. Terme de couturière. Sorte de chanteau. _Madame

veut-elle qu'on lui fasse des chemises à ladière ou des chemises à

l'allemande?_

LADIÈRE, s. f. Voyez LIADIÈRE.

LAGNER (SE), v. pron. Terme des campagnards. S'ennuyer de, faire

avec dégoût. _Cet enfant se lagne d'aller à l'école. Ça me lagne

d'avoir demain un exercice au Plan-les-Ouates._ R. vieux français,

_lanier_, mou, lâche, paresseux.

LAIDERON (UN). _Cette jeune fiancée que vous me vantez si fort n'est

qu'un laideron._ Dites: Une laideron.

LAIDERONNE (UNE). _Auriez-vous jamais cru qu'une semblable

laideronne trouverait un mari?_ Terme parisien populaire, etc.

Dites: «Une laideron.»

LAIRE, s. f. Alouette. _Chanter comme une laire_, signifie: Chanter

sans relâche, ne pas discontinuer son chant. En allemand,

_Lerche_, en anglais, _lark_, veulent dire: «Alouette.»

LAISSER (S'EN). Ne pas faire une chose, s'en abstenir. _Tu ne veux

pas nous accompagner, Henri: eh bien! laisse-t'en_, c'est-à-dire:

Eh bien! demeure, fais à ta convenance. _Vous refusez de scier ce

bois pour cinquante sous: eh bien! laissez-vous-en, d'autres le

scieront._ Cette locution est dès longtemps critiquée par les

grammairiens; mais le peuple, qui ne lit pas les grammairiens,

continue de s'en servir, et il n'a pas excessivement tort.

LAIT, s. m. _Lait de lotte, lait de carpe_, etc. Terme savoisien,

dauphinois et limousin. Dites: Laite ou lactance. C'est le nom

qu'on donne à cette partie des entrailles de poisson qui ressemble

à du lait caillé.

LAIT DE SERPENT, s. m. Tithymale, plante.

LAIT DE SON, s. m. Laiteron, plante dont les lapins sont friands.

Nos campagnards disent: _Laiteçon_.

LAITIER, s. m. Endroit de la fromagerie où l'on tient le lait.

LAMBINERIE, s. f. Lenteur, nonchalance. _Finiras-tu avec tes

lambineries?_ Terme français populaire.

LAMBINOCHER, v. n. Augmentatif de lambiner. _Qu'as-tu tant à

lambinocher?_ Expression très-bonne et très-usitée à Genève.

LAMBOURET ou LAMBORET, s. m. Nombril. Terme savoisien. En provençal,

on dit: _Embourigo_, d'où nous avons fait, par addition de

l'article, _l'embourigo_, et ensuite _lambouret_.

LA MÊME CHOSE. Locution adverbiale qui signifie: Également, de même,

tout de même, d'ailleurs, néanmoins, comme, de même que. _Il

pleut, et la même chose je sortirai. Ne lui demandez pas ce

service: la même chose il ne vous l'accorderait pas. Malgré qu'on

ne se voye pas souvent, la même chose on s'aime. Comment se porte

Madame votre sœur?--Toujours la même chose._ Faute générale. _La

même chose_ n'est jamais ni adverbe, ni conjonction. Mais on

s'exprimerait correctement si, à cette question: Comment se porte

votre sœur? on répondait: C'est toujours la même chose,

c'est-à-dire: «C'est toujours le même état de chose; c'est

toujours le même état de santé.»

† LA MIEN, LA TIEN, LA SIEN. Ces expressions barbares sont souvent

mises à la place des trois pronoms personnels féminins: «La

mienne, la tienne, la sienne,» dans le langage le plus populaire.

_Rends-moi cette plume, c'est la mien.--Non, ce n'est pas la

tien._ Cette faute se retrouve en Savoie et dans quelques

provinces du nord de la France.

LANCHEBROTAGE, s. m. Flux de paroles inutiles et mal articulées;

discours hors de propos, confus et embrouillé.

LANCHEBROTER, v. actif. Parler beaucoup et peu intelligiblement,

jargonner. _Finalement que t'a-t-il dit?--Il ne m'a rien dit: Il

m'a lanchebroté un tas de bêtises auxquelles je n'ai rien

compris._ Voyez ENCHEBROTER.

LANDE ou LENDE, s. f. Lente, petit œuf d'où naissent les poux, et

qui se colle aux cheveux. _La tête du pauvre enfant était toute

couverte de lendes._ Français populaire et vieux français. A

Neuchâtel et dans l'évêché de Bâle on dit: _Un lent_. R. lat.

_lens, lendis_.

LANDINE, s. f. Lente. Voyez LANDE.

LANDRILLE, s. f. Voyez ANDRILLE.

LANGUIR DE, suivi de l'infinitif. Désirer, souhaiter ardemment. _Je

languis d'avoir achevé ce grand travail. Nous languissions tous de

revoir notre beau lac. Te voilà, Édouard; je languissais de te

rencontrer._ Expression remarquable, connue en Suisse, en Savoie

et dans le Midi.

LANGUIR QUE. Souhaiter ardemment que. _Vous languissez bien que les

vacances arrivent._ En provençal on dit: _Se languir_, v. imp. _Il

me languissait de te voir_, c'est-à-dire: Il me tardait de te

voir.

LANI, s. m. Sac d'un tissu grossier. _Un lani de riz._ Terme

savoisien et piémontais.

LANTERNE, s. f. Se dit d'une personne nonchalante, lambine,

paresseuse, tant homme que femme. _Notre associé, on peut le dire,

est une lanterne, une lanterne magique._ Terme parisien populaire,

etc.

LANVOUI, s. m. Anvoie, orvet, serpent aveugle, anguille de haie.

_Les lanvouis ne sont pas venimeux._ Ce terme a été formé du mot

«Anvoie.» On a dit d'abord, avec l'article: _L'anvoie_; puis,

faisant de l'article et du substantif un seul mot, on a dit:

_Lanvoie_ (_une lanvoie_); puis enfin, _un lanvoui_. R. _anguis_?

LAPAIS ou LAPAY, s. m. Grande oseille sauvage, patience, plante

très-propre à purifier le sang. _Tisane de lapais._ En provençal

on dit: _Lapas_, s. m.; en latin, _lapathum_.

LAPIDER QUELQU'UN, v. a. (fig.) Le fatiguer par des demandes

réitérées, par des instances importunes. _Finissez, enfants: vous

me lapidez._

LARD (UN). Un cochon, un porc. _Tuer un lard; saler un lard; élever

des lards; engraisser des lards._ Expression savoisienne et

limousine, qui se retrouve en Sologne (département de

Loir-et-Cher), et sans doute ailleurs.

LARGE, s. m. ou f. Mélèze, arbre bien connu. _Bois de large; échalas

de large._ En vieux français: _Larege_. [Voyez ROQUEFORT,

_Glossaire de la langue romane_, t. II, p. 64.] R. lat. _larix_.

LARGE, s. m. Espace, place. _Donner du large_, signifie: Donner de

l'espace. _Mettez les trois enfants à une table_ _à part, cela

nous donnera du large._ Expression très-connue, mais qui n'est pas

dans les dictionnaires.

LARGEUR, s. f. Terme de couturière. Lé. _Vous ajouterez une largeur

à cette robe. Une demi-largeur_ (un demi-lé) _suffira pour cette

jupe_.

LARMETTE, s. f. (fig.) Très-petite quantité. _Une larmette de vin;

une larmette d'eau de cerise._ Employé au sens propre, le mot de

_larmette_ appartient au vieux français, et se trouve dans

quelques dictionnaires.

LARRON, s. m. Terme des campagnards. Sorte de fourche de fer à deux

cornes, destinée surtout à décharger les chariots de fumier.

LARRON, s. m. (fig.) Mouchon, filament enflammé de la mèche et qui

fait couler le suif. _Ôter un larron._ Terme suisse-roman, signalé

aussi dans le _Dictionnaire_ du patois de Valenciennes.

LAVOIR, s. m. A Genève ce mot a deux sens, dont un n'est pas exact.

Nous appelons _lavoir_ l'endroit de la cuisine où on lave la

vaisselle: ce sens est français. Nous appelons aussi _lavoir_, la

pierre en forme de table, et légèrement creusée, sur laquelle on

lave la vaisselle, et qui a un trou pour l'écoulement des eaux. Ce

sens n'est-pas français; il faut dire: «Évier. Jeter des eaux par

l'évier, par la pierre d'évier.» [ACAD.]

LAVOIR, s. m. Nous disons figurément: _Être dans le lavoir_, pour:

Être à même de réussir, être dans une position à faire son chemin.

Expression fribourgeoise et savoisienne.

LAYETTE, s. f. Rayon, étagère. _Ranger des livres sur une layette._

Le mot de «Layette» est français; mais il n'a pas la signification

qu'on lui donne chez nous.

LÉCHÉE (UNE). Très-petite quantité d'une chose qui se mange. _Je te

demande un morceau de ce pâté, et tu m'en donnes une léchée._

«Lèche,» s. f., est français.

LÉCHEPOT, s. m. Se dit, par dérision, d'un homme qui va autour des

marmites, tâtant les viandes et goûtant les sauces.

LÉCHEPOTER, v. a. Faire le _léchepot_. _L'enfant se glissait dans la

cuisine pour y léchepoter. Que viens-tu léchepoter ici, Janot?_

LÉCHEPOTEUR, s. m. Voyez LÉCHEPOT, qui a le même sens.

LÉCRELET ou LÉKERLET, s. m. Voyez ÉCRELET.

LÉGAT, s. m. Terme des campagnards. Don laissé par testament. _Faire

un légat. Il a eu pour sa part un légat de deux mille francs._

Terme savoisien, méridional et vieux français. R. _legatum_. Le

mot français est «Legs,» qu'on doit prononcer _lai_, comme la

dernière syllabe du mot _délai_.

LÉGREFASSE, s. f. Grande tonne, tonneau monté sur place. Terme

suisse-roman. En allemand, _Lägerfass_ a le même sens.

LEIZETTE, s. f. Petit lézard. Voyez LINZETTE.

LÉMENTE, s. f. C'est sous ce nom que les campagnards désignent la

chouette effraie, _strix flammea_ de Linné, laquelle aime à vivre

dans nos habitations. Les autres espèces de chouettes, celles qui

ne sont pas stationnaires, vivent dans les bois. R. _lamenter_.

LE MOINS DES MOINS. Le moins, au moins. _Combien de temps durera ton

voyage?--Six semaines pour le moins des moins._ Expression

curieuse, usitée sans doute ailleurs, mais que je n'ai vue

consignée nulle part.

LENDE, s. f. Voyez LANDE.

LENT, s. m. _Cette viande sent le lent. Le lard prend très-vite un

goût de lent._ On dit en français: Un goût de relent.

LENTILLÉ, ÉE, adj. Lentilleux, semé de taches. _Visage lentillé;

peau lentillée._ Notre mot de _lentillé_ a un sens plus étendu que

le mot français correspondant. Nous disons qu'une _robe est

lentillée_, lorsqu'elle est tachée de boue. _Me voilà toute

crottée et lentillée._ En français, _lentille_ signifie: Tache de

rousseur.

LE PLUS SOUVENT. Expression railleuse et populaire, par laquelle on

nie ou on infirme ce qu'une personne vient d'avancer. _Eh bien,

Pierroton, est-il vrai que ce fameux héritage dont tu nous

parlais, te passera loin du nez?--Oui, mon cher, le plus souvent.

Ne partez pas avant moi, Messieurs; vous avez promis de

m'attendre.--Oui, oui, le plus souvent_; c'est-à-dire: N'y compte

pas; ne t'imagine pas qu'on t'attende. Dans le français populaire

on dit en ce même sens: _Plus souvent_.

LES, pron. pers. Les paysans emploient sans cesse _les_ (accusatif)

pour «leur» (à eux). _Les blés souffraient beaucoup: cette pluie

les aura fait du bien. Si ces messieurs aiment les croûtes dorées,

on les en fera manger. Vos deux bouèbes font bien du train, maître

Antoine.--Je les ai pourtant bien dit de se taire; mais je vais

les parler sur un autre ton._ Voyez LA, t. II, p. 9.

LÉSINEUX, EUSE, adj. et subst. _Être lésineux; devenir lésineux. Ce

riche Oswald est un lésineux._ Dites: «Lésineur, lésineuse.»

LESSIVE, s. f. Prononcez _lé-ci-ve_ et non pas _le-ci-ve_.

LESSIVE, s. f. Ne dites pas: _Avoir la lessive. Nous avons la

lessive après-demain._ Dites: Faire la lessive. Nous faisons la

lessive après-demain.

LEUR, LUI, pron. pers. C'est parler mal que de dire avec les

Méridionaux: _Je leur suis parent, vous lui êtes cousin_, etc.; il

faut dire: Je suis leur parent, vous êtes son cousin.

LEURRE (UNE). Ce mot est aujourd'hui masculin; il était féminin dans

l'ancien français. [Voyez le _Dictionnaire français-anglais_ de

COTGRAVE.]

LEVAINS, s. m. pl. _Mettre des levains aux pieds._ Expression suisse

et savoisienne. On dit en France: Sinapisme. Mettre des

sinapismes.

LÉVE, s. f. Terme de chasse. Oiseau qui sert d'appeau.

LÉVE, s. f. Terme de certains jeux de cartes. Levée.

LÉVE, s. f. Terme des campagnards. Trouvaille, bénéfice. _Faire une

léve._ S'emploie d'ordinaire ironiquement. _Oh! la belle léve!_

C'est-à-dire: La belle chose! Le beau venez-y-voir! Le beau

rien-du-tout!

LEVER LA TABLE. Desservir, dégarnir la table, ranger le couvert. _Il

faut lever la table, Josette; mais vous laisserez la nappe._

LEVER LE COUDE. Hausser le coude, boire beaucoup, faire excès de

boissons enivrantes. Français populaire.

LE VOICI QU'IL... Dites: «Le voici qui. Le voici QUI vient. La voici

QUI approche. Les voici QUI nous cherchent. Les voici QUI arrivent

par le bateau.» Remarque importante et trop négligée.

LEVRAUT, s. m. Instrument à peser, peson, sorte de romaine. Terme

suisse-roman et jurassien. En Savoie on dit: _Levré_ ou _levrai_;

en vieux français, _lièvre_. R. _libra_. Le _Dictionnaire

français-anglais_ de COTGRAVE, lequel a enregistré une foule de

provincialismes, n'a pas oublié _levrault_.

LIADIÈRES, s. f. pl. Nom que l'on donne, sur le lac de Genève, à

certains courants irréguliers qui se forment parfois dans les eaux

à différentes époques de l'année, et entraînent les bateaux malgré

les efforts des rameurs. Ces courants vont tantôt dans une

direction, tantôt dans une autre, et n'ont aucun rapport avec le

courant qui amène les eaux du Valais à Genève. [P. G.]

LIASSE DE CLEFS, s. f. Trousseau de clefs, trousse.

LIASSE DE LINGES, s. f. Trousse de linges.

LIASSE D'OGNONS. Glane. _Liasse de porreaux, liasse de radis,

liasse de raves, liasse de scorsonères_, etc. Dites: Botte de

porreaux, botte de radis, botte de raves, botte de scorsonères. En

français, «Liasse» signifie: Paquet de papiers, amas de papiers

liés ensemble.

LICHEFRITE, s. f. Lèchefrite, ustensile de cuisine.

† LIERRE (LA). _Boire sur la lierre._ Ce féminin est un reste du

vieux français. Depuis le commencement du dix-septième siècle on

dit: «Le lierre.»

† LIÈVRE (UNE). Ce solécisme nous vient du patois (_nă

lîvră_) et du vieux français. Dans le canton de Vaud, en Savoie

et en Franche-Comté, les campagnards disent aussi: _Une lièvre_.

En provençal, _lèbre_ (lièvre) est féminin. Une des vallées des

Vosges s'appelle _vallée de la Lièvre_.

LIGNU, s. m. Ligneul, fil poissé des cordonniers. On dit à Lyon:

_Ligneux_; en Languedoc et en Provence, _lignoou_. _Tirer le

lignu_, c'est: Exercer l'état de cordonnier.

LIMACE, s. f. Se dit figurément d'une personne lente, molle et

nonchalante. _Je vois venir notre limace. Arriveras-tu enfin,

limace que tu es?_

LIMOGE, s. m. Coton filé rouge, dont on se sert pour marquer le

linge, etc.

LIN, s. m. Nous disons proverbialement: _Se faire au lin de

quelqu'un_, pour: Se faire à ses habitudes, à ses goûts, à ses

manières; adopter ses sentiments et ses opinions. Ce terme nous

vient des campagnards. _Lin_ est un mot patois qui signifie:

«Lien.»

LINCEUIL, s. m. Linceul, drap de toile, drap mortuaire. _Linceuil_

appartient au vieux français.

LINGE, s. m. Nous disons proverbialement d'une personne très-pâle:

_Elle est blanche comme un linge._ Expression inconnue aux

dictionnaires.

LINGÈRE, s. f. Ouvrière en linge. En France on appelle «Lingère»

celle qui fait le linge et qui le vend.

† LINZARD, s. m. Lézard. _Regarde voir ce linzard,

Jacques.--Ensauve-toi, nigaud, c'est une serpent._ Le féminin est

_linzarde_.

LINZETTE, s. f. Petit lézard.

LIONS, s. m. pl. Terme des campagnards. Se dit d'un mélange de

légumes secs, comme fèves, haricots, lentilles, pois, dont on fait

une soupe, qui s'appelle _soupe aux lions_, parce que le bouillon

en est bien _lié_ et très-farineux. [P. G.]

† LIQUERNE, s. f. Lucarne.

LIQUETTE, s. f. Très-petit bateau à pointe carrée; batelet pour une

seule personne. Dans le canton de Vaud on dit: _Liquette_,

_loquette_ et _lequette_; à Neuchâtel, _loquette_. Ces divers

termes semblent formés du mot patois _likà_ ou _lekà_, lequel

signifie: «Glisser.»

LIQUEURISTE, s. m. Liquoriste.

LISERET, s. m. _Poser un liseret; mettre un liseret._ Terme de

couturière. Écrivez et prononcez «Liseré.»

LISIER ou LISIÉ, s. m. Eau de fumier, eau grasse. Dans le canton de

Vaud on dit: _Lisier_, _lisé_ ou _lusé_.

† LISSIVE, s. f. Lessive. _Mettre la lissive; tremper la lissive;

couler la lissive._ Terme suisse-roman, savoisien, franc-comtois

et parisien populaire. R. _lixivia_. A la fin du seizième siècle

on écrivait encore avec un _x_, _lexive_.

LISSU, s. m. Lessive, eau de cendres, eau détersive, rendue telle

par la cendre ou par la soude. _Du lissu sec. La couleuse, avant

les chaudes, lave dans le lissu les ustensiles de cuisine les plus

communs._ Terme suisse-roman. En Savoie, à Lyon et en Dauphiné, on

dit: _Lissieu_; en Provence, _lissiou_; en Franche-Comté et dans

le Berry, _lessu_; à Bordeaux, _lessif_. R. lat. _lix, licis_.

LISTE, s. f. Bande mince de bois, règle de bois mince et étroite.

_Ajuster une liste._ Terme suisse-roman, savoisien, méridional et

vieux français.

LITEAU, s. m. Latte, morceau de bois refendu selon son fil, long,

mince et étroit. _Mettre des liteaux, clouer des liteaux. Les

liteaux du plafond._ Ce terme, peu usité en France, et qui ne

figure point dans le dictionnaire de l'Académie, n'a pas, dans les

dictionnaires qui l'ont recueilli, la signification genevoise.

LITELAGE, s. m. Lattis, ouvrage de lattes.

LITELER, v. a. Latter, poser des _liteaux. Liteler une paroi;

liteler un plafond. Paroi litelée._ Dans le patois limousin on

dit: _Listela_.

LOIN (ÊTRE). Être parti, s'être retiré. _Les sauteurs de corde sont

loin. Nos deux voyageurs étaient à peine loin que l'incendie

éclata._ Expression très-répandue.

† LOINTEUR, s. f. Éloignement, distance. _J'avais marché sans le

savoir sur le nid de ces guêpes, et elles me poursuivirent à une

très-grande lointeur._

† LOIRIE, s. f. Hoirie, héritage, succession. _Sur le conseil de

Mr le notaire, nous avons accepté la loirie._ Expression des

campagnards.

LONG, s. m. _S'étendre de tout son long._ Les dictionnaires disent:

«S'étendre tout de son long.»

LONGE, s. f. _Une voiture à longe._ Terme suisse-roman et savoisien.

En France on dit: «Une voiture à flèche.»

† LONGE (À LA), loc. adv. A la longue. _Un peu de patience,

Monsieur, à la longe vous en viendrez à bout._

LONGEOLE, s. f. Terme de boucherie. Andouille. En patois:

_Landiùle_. Au sens figuré, _longeole_ se dit d'une femme ou d'une

fille très-grande et très-maigre. Se dit aussi des choses. _Quelle

longeole de pipe tu as là._ Nos jardiniers donnent plus

particulièrement le nom de _longeole_ à une sorte de longue pomme

de terre.

LONG FEU. Au sens figuré, _faire long feu en quelque endroit_,

signifie: Y demeurer longtemps, s'y arrêter, y séjourner. _J'ai

dû me rendre à l'invitation d'Ambroise, mais je n'y ai pas fait

long feu._

† LOQUET, s. m. Hoquet. _Avoir le loquet. Souffrir du loquet._

Terme parisien populaire, etc. _Loquet_ s'est formé de «hoquet,»

par addition de l'article _le_ en tête du mot.

LORGNE, s. m. Oiseau de notre lac, espèce de plongeon.

† LOTON, s. m. Laiton. _Une montre en loton._ On lit dans une

Ordonnance du Petit Conseil sur les monteurs de boîtes, en l'an

1710: «Est défendu à tous maîtres de faire aucun mélange dans

leurs ouvrages d'or avec du _loton_.» Terme suisse-roman,

savoisien et piémontais.

† LOTTE (UNE). Une hotte. _Il tomba, ayant sur le dos sa lotte

pleine de terraille._ Terme suisse-roman et savoisien. Après avoir

dit: «La hotte,» en aspirant l'_h_, on a dit: _L'hotte_, sans

aspiration; puis beaucoup de personnes s'imaginant que _lotte_

était le substantif lui-même, elles y ont joint l'article, et nous

avons eu l'expression _la lotte_.

LOUETTE, s. f. Luette, épiglotte. _Avoir la louette basse._ Terme

français populaire.

LOUISE, s. f. Jeton de cuivre à l'usage des enfants dans certains

jeux. _Payer avec des louises. Au jeu de l'oie on marque

d'ordinaire avec des louises._

LOUP, s. m. (fig.) Terme des campagnards. Écuyer, faux bourgeon qui

croît au pied d'un cep.

LOURD, adv. Beaucoup, considérablement. _Tu as là de bien beaux

pistolets, mais ils doivent t'avoir coûté lourd._

LOURDEUR, s. f. Pesanteur. _Elle se plaignit tout à coup d'une

lourdeur dans la tête qui nous inquiéta._ Ce sens du mot

_lourdeur_ n'est pas dans les dictionnaires.

LOURDISE, s. f. Lourderie, faute grossière contre le bon sens ou

contre la bienséance. _Faire lourdise sur lourdise._ Les

dictionnaires disent que ce mot a vieilli. On s'en sert

habituellement chez nous.

LOURIOU, s. m. Loriot, oiseau.

LOUSTIQUE, adj. Gai, content, joyeux, gaillard. _Les premiers jours

de printemps nous rendent loustiques. Nous n'étions que six à ce

repas, mais tous six en belle humeur et loustiques. Comment vous

portez-vous, voisin?--Sans être tout à fait loustique, je suis

déjà beaucoup mieux._ Les dictionnaires français qui ont recueilli

ce mot ne lui donnent pas cette signification, laquelle pourtant

est la véritable. R. all. _lustig_.

LOVAT, s. m. Tique de marais, insecte qui s'attache aux oreilles des

bœufs et des chiens. Nous disons aussi: _Louvat_ et _lovet_.

LUC, s. m. Sizerin, sorte de linotte.

† LUCAIRNE, s. f. Voyez LUQUERNE.

LUCHERAN, s. m. Nom que les campagnards donnent à la chouette et au

chat-huant. Dans le patois vaudois on dit: _Lutzerou_ et

_lutzerein_.

LUGE, s. f. Sorte de traîneau sans ferrure, en usage dans les

montagnes qui nous avoisinent, et qui sert à transporter le blé,

le foin, le bois, etc.

LUGER (SE), v. pron. Terme des enfants. Aller en _luge_, aller sur

un grand _ferron_. Dans le patois vaudois on dit: _Ludji_ ou

_liuzi_; et dans le dialecte du Jura, _se lutchi_ signifie:

Glisser sur la glace.

† LUI LA. _Tu crois que je lui la donne, cette belle paume: je lui

la prête._ Dites: Je _LA_ lui donne, je _LA_ lui prête. _Prends

ces dix sous, et tu lui les donneras._ Dites: Tu LES lui donneras.

LUIRE, v. n. Briller, éclairer. _Les yeux des chats et ceux des

loups luisent dans la nuit._ Expression méridionale, etc.

LUISET, s. m. Petite lucarne. On a dit anciennement: _Huiset_

(diminutif de _huis_, porte); de là, _l'huiset_ avec l'article, et

_le luiset_.

LUMIGNON, s. m. Sorte de petit lampion, sorte de veilleuse. _J'irai

me coucher sitôt que vous aurez préparé le lumignon._ Expression

connue dans le Berry et sans doute ailleurs. En français,

«Lumignon» signifie: Bout de la mèche d'une chandelle ou d'une

bougie qui achève de brûler.

† LUMINON, s. m. Orthographe et prononciation vicieuses du mot

«Lumignon.» _Une boîte de luminons._ Terme valaisan, savoisien,

limousin, berrichon, etc.

LUNE, s. f. Lunaison, intervalle d'une lune à une autre. _Il pleuvra

toute cette lune._ Faute générale dans le Midi.

LUNE, s. f. Terme d'écolier. Lorsque deux palets ou deux boules se

trouvent à une égale distance du but, les joueurs disent: _C'est

lune._ [_Glossaire_ de GAUDY.]

LUPPE, s. f. Huppe, oiseau. Terme vaudois.

† LUQUERNE ou LUCAIRNE, s. f. _Raccommoder la luquerne._ Terme

suisse-roman et lyonnais. En français: «Lucarne.» R. _lucerna_.

M

MÂCHE-MOLLE, s. f. Se dit d'une personne apathique, flasque, lâche

au travail, et qui indique par ses allures cette disposition. Ce

terme, que nous regardons comme très-expressif, est formé du

verbe _mâcher_ et de l'adverbe _mollement_. On dit aussi

quelquefois: _Mâche-mou_, en parlant d'un homme.

MÂCHILLER, v. a. Mâchonner, mâcher avec difficulté ou avec

négligence. _Mâchiller du papier._ Terme français populaire.

MÂCHILLON, s. m. Objet que l'on _mâchille_.

Nouveau Glossaire Genevois, tome 2/2 · 第 11 / 54 题