JARJET, s. m. Terme de tonnelier. Jable, rainure pratiquée aux
douves d'un tonneau pour arrêter les pièces du fond.
JARLE ou GERLE, s. f. Sorte de corbeille ronde. Voyez GERLE et
JERLE.
JARLOT, s. m. Cuvier ou grand baquet, destiné principalement à saler
la viande de cochon. En Normandie on dit: _Jalot_; en vieux
français, _jale_.
JARRETOU, s. m. et adj. Cagneux, qui a les genoux rapprochés et les
pieds jetés en dehors. Dans la langue provençale, _jarretier_ se
dit des personnes et a le même sens.
JARRETOULE, s. fém. et adj. Cagneuse.
JASERON, s. m. Chaîne d'or à très-petits anneaux. En vieux français:
_Jaseran_.
JASPINER, v. n. Disputer, taquiner, contredire. Terme rouchi,
normand, etc. En français, «Jaspiner» signifie: Causer à tort et à
travers.
JEAN-JEAN (UN). Un niais, un imbécile. En Normandie on dit: _Un
Janot_.
JERLE, s. f., et JERLON, s. m. Cuve, petite cuve. Dans le Berry on
dit: _Jarlée_.
JE T'EN MOQUE! Sorte de locution adverbiale, qui équivaut à: Point
du tout, bernique. _Nous comptions sur une_ _lettre d'Alfred:
mais je t'en moque! c'est un négligent. Benoît devait me payer ce
matin: je t'en moque!_ Français populaire.
JETER (SE), v. pron. Se dit du bois et signifie: Se déjeter, se
tourmenter, se courber, s'enfler, s'étendre. _La fenêtre, faite
d'un bois peu sec, s'était jetée._ Terme français populaire.
JETON, s. m. Forcet, petite corde fort menue et fort pressée, que
les cochers et les charretiers mettent au bout de leur fouet.
JICLER, v. a. Voyez GICLER.
JOINTE (UNE). Terme d'ouvrier. Le quart d'une journée de travail.
_Faire une jointe. La journée se compose de quatre jointes. Le
charpentier ne viendra qu'après la première jointe._
JOLERIE, s. f. Poissonnaille, fretin, alevin. En languedocien, _jol_
signifie: Petit poisson.
JOMBRER, v. n. Attendre, attendre avec ennui et avec impatience;
nonchalanter; être privé d'une chose. _Vous nous avez bien fait
jombrer. Que jombres-tu là? Pourquoi jombres-tu ici au lieu
d'aller travailler? Tu en jombreras de ces beaux abricots._ Se dit
aussi des choses. _Quand vous aurez coupé ces branchages,
laissez-les jombrer pour en ôter plus facilement les feuilles._
Terme universellement connu dans les campagnes, et qui a des sens
très-divers.
JONCHE, s. f. Arure, attelée de labour, espace de temps durant
lequel on laboure sans dételer. Terme savoisien et dauphinois. En
provençal on dit: _Jhoûncho_.
JORAN, s. m. Vent du nord-ouest. Voyez VENT.
JORDONNER, v. n. et a. L'expression: _Une Madame Jordonne, une
demoiselle Jordonne, une servante Jordonne_, est dans quelques
dictionnaires modernes. De cette expression s'est formé notre
verbe _jordonner_. _Qu'a-t-elle donc à_ _jordonner? Que
vient-elle nous jordonner? Est-ce à elle de jordonner ici?_
Excellent mot de la langue familière, et qui exprime une nuance
précise et délicate, savoir le commandement exercé avec sottise et
vanité, à tout propos et hors de propos. M. Bescherelle et M.
Francis Wey appellent cette expression un affreux barbarisme. M.
Victor Hugo, au contraire, l'emploie et l'apprécie.
JOT, s. m. Endroit du poulailler où se perchent les poules. _Les
poules sont sur le jot; les poules sont à jot._ A Rennes on dit:
_Joc_; en Champagne, en Languedoc et en vieux français, _jouc_. De
ce mot _jouc_ s'est formé le verbe «jucher.»
JOTTU, TUE, adj. Qui a de grosses joues, joufflu.
JOU (EN.) _Mettre en jou, coucher quelqu'un en jou._ Écrivez et
prononcez «En joue.» Mettre en joue, coucher en joue.
JOUAILLER, s. m. Orthographe et prononciation vicieuses (ou plutôt
vieillies) du mot «Joailler.»
JOUAILLON, s. m. Jouereau, celui qui ne joue pas bien à quelque jeu
ou qui joue petit jeu. [P. G.]